Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mahmood Qureshi, a appelé hier l’Inde à cesser de lui faire porter la responsabilité des attentats de Bombay et de risquer ainsi de faire retomber les relations entre les deux pays dans l’hostilité d’autrefois. Présent à New Delhi pour une visite officielle de quatre jours, M. Qureshi a condamné les attaques simultanées qui ont frappé la capitale économique indienne, qualifiant les assaillants d’« animaux barbares ». Mais il a également estimé que les responsables indiens avaient accusé trop rapidement des « éléments au Pakistan » d’avoir organisé les attaques. « Nous devrions éviter de rejouer le jeu déjà vu des accusations mutuelles », a-t-il conclu.
D’autre part, le Pakistan a décidé de faire un geste fort et inédit pour se dédouaner : dépêcher son chef du renseignement pour aider à l’enquête. Le général Ahmed Shuja Pasha, qui dirige le puissant Inter Services Intelligence (ISI), va quitter rapidement Islamabad pour aller partager des renseignements avec les enquêteurs en Inde, a annoncé le Premier ministre pakistanais, Yousuf Raza Gilani. Effectuée à la requête de l’Inde, il s’agit d’une démarche sans précédent pour les deux pays dans le cadre d’une enquête sur des attentats. M. Gilani a également nié toute responsabilité de son pays dans les attaques.
Le ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, avait affirmé que des « éléments au Pakistan étaient responsables » des attaques. La preuve soutenant cette accusation « ne peut pas être divulguée pour le moment », avait-il ajouté. Les attaques avaient été revendiquées par un groupe islamiste inconnu, les Moujahidine du Deccan, du nom d’un plateau central de l’Inde. Mais rapidement, les médias indiens avaient évoqué la piste du Lashkar-e-Taïba, un groupe fondamentaliste musulman pakistanais actif dans l’ouest de l’Inde. Le Lashkar a démenti toute implication et condamné les attaques.
Selon des analystes, le Pakistan est sans équivoque la plaque tournante du terrorisme islamiste, ce qui en fait un bouc émissaire commode, mais il est lui aussi en guerre contre el-Qaëda et victime d’attentats meurtriers. Depuis les attentats du 11 septembre, la plupart des attaques terroristes – ou tentatives – perpétrées dans le monde par des militants fondamentalistes plongent leurs racines dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, où el-Qaëda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces grâce au soutien des talibans pakistanais.
« Il y a trois raisons majeures qui font du Pakistan le suspect n° 1 sur la scène internationale et une cible facile pour les accusations », estime Hasan Askari, ancien professeur à la Johns Hopkins School of Advanced International Studies de Washington. « D’abord, c’est un moyen facile pour le gouvernement indien de détourner les critiques sur les lacunes de ses services de sécurité, ensuite, le Pakistan est connu internationalement pour abriter différents groupes islamistes et el-Qaëda, et, enfin, le Pakistan est réputé avoir, par le passé, utilisé des mouvements terroristes pour les intérêts de sa diplomatie dans la région », explique-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mahmood Qureshi, a appelé hier l’Inde à cesser de lui faire porter la responsabilité des attentats de Bombay et de risquer ainsi de faire retomber les relations entre les deux pays dans l’hostilité d’autrefois. Présent à New Delhi pour une visite officielle de quatre jours, M. Qureshi a condamné les attaques simultanées qui ont frappé la capitale économique indienne, qualifiant les assaillants d’« animaux barbares ». Mais il a également estimé que les responsables indiens avaient accusé trop rapidement des « éléments au Pakistan » d’avoir organisé les attaques. « Nous devrions éviter de rejouer le jeu déjà vu des accusations mutuelles », a-t-il conclu.
D’autre part, le Pakistan a décidé de faire un geste fort et inédit pour se...