Saad Hariri a affirmé hier au Caire que les législatives du printemps prochain auront lieu quoi qu’il arrive, même dans le cas où il serait lui-même assassiné.
Le chef du Courant du futur Saad Hariri a été reçu hier au Caire par le président égyptien Hosni Moubarak, en compagnie des députés Bassem Sabeh, Misbah Ahdab et Mohammad Hajjar, de l’ancien député Ghattas Khoury et de son conseiller Hani Hammoud.
La rencontre a été suivie d’un entretien en tête à tête entre MM. Moubarak et Hariri. À sa sortie, ce dernier a déclaré : « Nous avons discuté de ce qui se passe dans la région et au Liban. Comme à son habitude, le président Moubarak a exprimé son soutien au Liban, à son indépendance et à sa souveraineté, insistant sur la nécessité pour les autres de respecter ce pays en tant qu’État indépendant. »
« De plus, a-t-il ajouté, M. Moubarak s’est dit encouragé par l’annonce du rapprochement de la date du début des travaux du tribunal international et il a aussi fait part de son souci d’un déroulement des élections législatives dans les délais. »
La discussion a également porté, selon M. Hariri, sur la question palestinienne. Il a assuré que la cause palestinienne est la cause des Arabes, et des Arabes seulement, et que toute ingérence dans cette cause devrait être considérée comme une ingérence dans leurs affaires.
Interrogé sur les déclarations d’hommes politiques libanais craignant que de nouveaux attentats au Liban ne remettent en cause le déroulement des élections, M. Hariri a dit : « Après l’assassinat de Rafic Hariri, les élections avaient eu lieu. En Irak, des élections ont été organisées dans les conditions les plus difficiles qui soient. Quoi qu’il arrive, les élections auront lieu au Liban, même si je suis moi-même pris pour cible. Il faut que le scrutin se déroule dans les délais fixés. Nous sommes un État démocratique, rien ne doit retarder les élections. Certains alliés de Damas au Liban font état de menaces. En partie, ce sont des menaces creuses et en partie, cela peut se transformer en réalité, car il leur arrive de promettre quelque chose et de tenir leur promesse. D’ailleurs, ils savent très bien comment fabriquer des groupuscules comme Fateh el-Islam et comment les envoyer au Liban. Mais cela ne fera pas peur aux Libanais. Nous allons mener la bataille électorale et nous allons gagner. »
« Je suis désolé d’entendre des propos qui nous accusent à nous de chercher à reporter la date des élections. J’affirme qu’au contraire, nous voulons que le scrutin ait lieu à la date fixée. »
En réponse à une question sur les rapports de sa formation avec le Hezbollah, il a dit : « J’ai rencontré Hassan Nasrallah et nous sommes convenus de maintenir le désaccord politique entre nous au niveau politique. Il s’est passé des catastrophes au Liban et cela ne doit plus se répéter. Nous nous sommes entendus à ce sujet et nous sommes convenus que le désaccord politique doit être réglé au Parlement et en Conseil des ministres. Lorsqu’on descend dans la rue, c’est le Liban qui en paie le prix. C’est pourquoi nous resterons fidèles à cet accord, tout comme nous resterons fidèles à nos alliances. Le 14 Mars mènera la bataille électorale dans tout le Liban, de l’extrême sud à l’extrême nord. »
Enfin, commentant l’annonce faite mercredi par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon sur le début des travaux du tribunal international en mars prochain, le chef du Courant du futur a dit : « Nous avons eu recours à ce tribunal pour punir les assassins de Rafic Hariri et de tous les martyrs de la révolution du Cèdre. Nous accepterons son verdict, quel qu’il soit. Ils prétendent que c’est Israël qui a assassiné Rafic Hariri. Qu’Israël soit donc jugé. Je ne sais pas pourquoi ils mettent le tribunal contre eux et ne veulent pas qu’il voie le jour ? Je le répète, nous accepterons tout jugement que prononcera le tribunal international. »
M. Hariri devait par la suite s’entretenir avec le directeur des services de renseignements égyptiens, le général Omar Sleimane, avant de se rendre à un déjeuner offert en son honneur par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit.
Sur un autre plan, le chef du gouvernement, Fouad Siniora, a eu hier un entretien au téléphone avec son homologue égyptien, Ahmad Nazif, avec lequel il a abordé diverses questions, notamment la fourniture de gaz égyptien au Liban.
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Le chef du Courant du futur Saad Hariri a été reçu hier au Caire par le président égyptien Hosni Moubarak, en compagnie des députés Bassem Sabeh, Misbah Ahdab et Mohammad Hajjar, de l’ancien député Ghattas Khoury et de son conseiller Hani Hammoud.
La rencontre a été suivie d’un entretien en tête à tête entre MM. Moubarak et Hariri. À sa sortie, ce dernier a déclaré : « Nous avons discuté de ce qui se passe dans la région et au Liban. Comme à son habitude, le président Moubarak a exprimé son soutien au Liban, à son indépendance et à sa souveraineté, insistant sur la nécessité pour les autres de respecter ce pays en tant qu’État...