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Actualités - Opinion

Texto Qu’ont-ils fait de beau pour vous, aujourd’hui ?

de Lélia Mezher Alors comme ça l’hiver tarde à arriver. Ou bien est-ce l’été qui ne va pas s’en aller ? Un été amorcé dans la chaleur en mai dernier, au milieu de la poussière des remblais et des rumeurs sourdes de guerre quasi civile. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. Et puis un jour sans crier gare, les crispations reprennent. Le souvenir des clashs autour et sur le campus de l’Université arabe est-il désormais si lointain, que pour se rendre vraiment compte de la dangerosité de tels actes, il faut les reproduire ? Difficile d’expliquer ce phénomène, cette allégeance aveugle d’une certaine catégorie d’étudiants à des courants politiques qui ne se soucient, à aucun moment, ni de leurs frais universitaires ni de leur bien-être financier ou psychologique, ni de leur insertion professionnelle. Comment comprendre cette adhésion totale, ce soutien corps et âme apporté à des idéologies qui datent d’une autre ère, et qui ont subi, outre les affres du temps qui passe, les ravages d’une guerre civile ? En attendant de comprendre – eux-mêmes ne comprennent pas toujours pourquoi –, les étudiants se battent. Heureusement, la forte majorité d’entre eux semble encore capable de se désolidariser de ce mouvement et parvient à ne pas se laisser gagner par la haine, une haine envers l’autre souvent gratuite, autrefois justifiée par une certaine réalité sur le terrain et aujourd’hui totalement infondée à l’aune de la conjoncture actuelle. De plus, il serait faux d’assimiler ce mimétisme inconditionnel à une volonté d’intégrer, tôt ou tard, la classe politique. Celle-ci, à l’approche des législatives, reste plus verrouillée que jamais, les grandes familles politiques n’offrant aucune perspective de carrière politique dans la chose publique. Alors une question s’impose : qu’ont-ils fait de beau pour vous aujourd’hui. Réponse : rien, du moins pas grand-chose. Les jeunes demeurent une partie presque inexistante de la société libanaise et on ne leur a accordé qu’à l’arraché un bien maigre droit de vote à 18 ans. Mis à part ce qui est présenté comme la réalisation du siècle par certaines parties au sein de l’échiquier politique, rien n’est fait ni pour les empêcher de partir ni, lorsqu’ils n’ont pas choisi de rester mais qu’ils restent quand même, pour leur donner de l’espoir en leur avenir. Alors la nuit portant conseil, il est encore temps de faire marche arrière. Allez, une bonne nuit de sommeil et demain, on recommence, mais cette fois pour tout changer. En barrant la route à la haine.
de Lélia Mezher

Alors comme ça l’hiver tarde à arriver. Ou bien est-ce l’été qui ne va pas s’en aller ? Un été amorcé dans la chaleur en mai dernier, au milieu de la poussière des remblais et des rumeurs sourdes de guerre quasi civile.
Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. Et puis un jour sans crier gare, les crispations reprennent.
Le souvenir des clashs autour et sur le campus de l’Université arabe est-il désormais si lointain, que pour se rendre vraiment compte de la dangerosité de tels actes, il faut les reproduire ?
Difficile d’expliquer ce phénomène, cette allégeance aveugle d’une certaine catégorie d’étudiants à des courants politiques qui ne se soucient, à aucun moment, ni de leurs frais universitaires ni de leur bien-être financier ou psychologique, ni de leur insertion...