« Il n’y a rien », signale le Français Gilbert Thual à l’arbitre central alors qu’un joueur danois s’effondre dans la surface géorgienne dans les ultimes minutes de ce match des éliminatoires de l’Euro 2009 des moins de 19 ans où l’arbitrage à cinq est testé par l’UEFA.
À l’autre bout de l’oreillette, le Français Tony Chapron suit l’un des deux « arbitres additionnels » postés entre le poteau de corner et le but, chargés de surveiller la surface de réparation et ses abords. Le match, disputé à Paralimni (Est), se termine par un nul, 2-2.
Hostile à l’instauration de la vidéo, le président de l’UEFA Michel Platini est favorable à l’arbitrage à cinq (un arbitre de champ, deux arbitres assistants et deux arbitres additionnels), testé lors de trois minitournois, en Slovénie et Hongrie, en octobre, et cette semaine à Chypre.
« On a aujourd’hui beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients parce que ce n’est qu’un test, souligne Saïd Ennjimi, l’autre arbitre additionnel de la rencontre, lui aussi français. Les difficultés actuelles sont plus du niveau technique, par exemple savoir comment on se place derrière le but. Mais je crois qu’il n’y a que des avantages à multiplier le nombre d’yeux sur un terrain et surtout privilégier la surveillance de cette surface de réparation, où se concentrent 90 % des polémiques. »
L’autre mission de l’arbitre additionnel est de « discuter avec les joueurs. Il faut leur faire sentir qu’on est là pour qu’ils évitent de faire des fautes ». Ce soir-là, M. Ennjimi intervient à plusieurs reprises : « Gardien, dégagez plus vite. N° 3, je vous regarde, attention... »
La Fédération internationale (FIFA), qui a déjà tenté sans succès le ballon à puce pour savoir si la balle a bien franchi la ligne, accueille l’expérience du quintette arbitral avec circonspection.
« C’est vraiment un test, note Urs Meier, membre du groupe de travail FIFA sur l’arbitrage. C’est à nous de faire des remarques, positives et négatives, mais pas plus. Jusqu’ici, il ne s’est presque rien passé dans les 16 mètres, alors c’est difficile de se faire une première idée. »
La FIFA présentera le rapport de ses groupes de travail à l’International Board, gardien des lois et du jeu, en février 2009 en Irlande du Nord. Mais même si le système est approuvé, « il est difficile de savoir en combien de temps cela peut être mis en place. Il y a encore un long chemin » avant de le voir chez les professionnels, souligne l’ex-arbitre international suisse.
Du côté de l’UEFA, l’expérience semble concluante. « Nous avons eu des commentaires selon lesquels il ne se passe rien dans la surface : c’est peut-être justement parce qu’il y a un arbitre de plus », explique le directeur de la communication de l’instance européenne, William Gaillard.
« On va laisser l’idée suivre son cours, je ne sais pas s’ils (la FIFA) voudront faire d’autres tests, avec des seniors », ajoute-t-il.
Pour l’ancien joueur et entraîneur du FC Nantes (1re div. française), Angel Marcos, présent à Chypre en tant qu’observateur, l’expérience a le mérite d’exister. Les faits de match « me paraissent mieux cernés et mieux suivis, explique-t-il. Il faudra voir avec le placement de l’arbitre central, il faudra peut-être qu’il change ses courses habituelles. L’important, c’est qu’il y a maintenant une notion d’équipe arbitrale qui n’était pas là avant ».
« Mais, admet l’ancien technicien, il faudra réfléchir à froid. Avec ces matches (de jeunes), il n’y a pas de pression du public, on ne sait pas comment les gens peuvent réagir dans un stade plein. »
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À l’autre bout de l’oreillette, le Français Tony Chapron suit l’un des deux « arbitres additionnels » postés entre le poteau de corner et le but, chargés de surveiller la surface de réparation et ses abords. Le match, disputé à Paralimni (Est), se termine par un nul, 2-2.
Hostile à l’instauration de la vidéo, le président de l’UEFA Michel Platini est favorable à l’arbitrage à cinq (un arbitre de champ, deux arbitres assistants et deux arbitres additionnels), testé lors de trois minitournois, en Slovénie et Hongrie,...