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Actualités - Chronologie

Droits de l’homme Des ONG dénoncent la traite des étrangères à Chypre

Nicosie vient d’abolir les « visas d’artistes » qui facilitent le trafic d’êtres humains, un commerce très lucratif. Des ONG, réunies à Nicosie pour une conférence sur le trafic des être humains, ont dénoncé la florissante traite des jeunes étrangères réduites à l’esclavage sexuel à Chypre. Le nombre des victimes de ce commerce est difficile à connaître. Un refuge créé par le père Michaelides Savvas, un prêtre parti en guerre contre les proxénètes, a accueilli plus de 300 victimes depuis 2004. La police a identifié pour sa part 54 victimes d’exploitation sexuelle, dont 11 également contraintes au travail forcé, depuis début 2008. Certaines de ces jeunes femmes ont accepté de témoigner de leur séjour cauchemardesque dans l’île. Yasmine a quitté le Maroc pour Chypre, s’imaginant qu’elle pourrait y gagner sa vie comme femme de ménage. Mais violée par ses trafiquants, elle a été prostituée dans un cabaret. « Je voulais me marier », dit Yasmine, âgée de 29 ans, dont des extraits du procès-verbal d’audition ont été lus à la conférence par la chef de l’unité antitraite de la police chypriote, Rita Superman. « Un jour, une femme m’a proposé de faire du ménage à Chypre pour 20 euros par jour, ce qui est une fortune pour moi. (...) J’ai signé un contrat que je ne pouvais pas lire car il était rédigé en arabe classique. » Une fois dans l’île, un homme se présentant comme son agent lui a affirmé « qu’elle lui devait 1 000 euros de frais de voyage et qu’elle travaillerait dans un cabaret, ce qui consisterait à boire avec les clients et à avoir des relations sexuelles avec eux s’ils le souhaitaient », poursuit Yasmine, dont ce n’est pas le vrai prénom. « J’ai pleuré, j’ai dit que j’étais musulmane et vierge », raconte-t-elle encore. Un jour, le chauffeur qui avait été chercher la jeune femme à l’aéroport l’a conduite à l’hôtel, où il l’a violée. « J’ai perdu ma virginité. J’ai pensé, je ne pourrai plus jamais rentrer dans mon pays. Mon frère, membre des Frères musulmans, me tuerait. (...) Ces gens m’ont trompée et ont détruit ma vie. À cause d’eux, je ne pourrai plus jamais revoir ma famille. » Olga, une Ouzbeke mariée et mère de deux enfants, raconte avoir été approchée par une femme pour travailler dans un cabaret étranger où « je devrai m’asseoir avec les clients et boire avec eux. (...) J’en ai discuté avec mon mari et nous avons trouvé que c’était une bonne occasion de mettre de l’argent de côté pour les études des enfants ». Olga arrive à Chypre avec sa belle-sœur Aïda. « Le patron est venu nous chercher à l’aéroport et nous a conduites directement au cabaret. J’étais choquée, une femme dansait seins nus. Le patron nous a dit que nous étions à Chypre pour coucher avec les clients. J’ai répondu que je n’étais pas venue pour cela. Aïda est musulmane. Elle a dit qu’elle était vierge (...) et le patron s’est félicité de pouvoir vendre sa virginité jusqu’à 2 000 dollars. » Olga et Yasmine se prostituent jusqu’à ce qu’elles réussissent à fuir. Après avoir témoigné à son procès, Olga a été rapatriée et le verdict est toujours en délibéré. La procédure est toujours en cours en ce qui concerne Yasmine. « Bien que ces deux femmes soient différentes en termes de milieux sociaux, économiques et religieux, les crimes commis contre elles sont similaires », relève Mme Superman, avant de présenter le témoignage de Mercedes, dont la nationalité n’a pas été précisée. « Un soir, un client m’a conduite dans une maison. Là, une dizaine d’hommes m’attendaient. Ils m’ont violée chacun à leur tour. (...) Ils ont utilisé une bouteille pour m’agresser. J’ai des problèmes de santé depuis. Ces hommes se sont amusés pendant que je vivais un cauchemar. »
Nicosie vient d’abolir les « visas d’artistes » qui facilitent le trafic d’êtres humains, un commerce très lucratif.
Des ONG, réunies à Nicosie pour une conférence sur le trafic des être humains, ont dénoncé la florissante traite des jeunes étrangères réduites à l’esclavage sexuel à Chypre. Le nombre des victimes de ce commerce est difficile à connaître. Un refuge créé par le père Michaelides Savvas, un prêtre parti en guerre contre les proxénètes, a accueilli plus de 300 victimes depuis 2004. La police a identifié pour sa part 54 victimes d’exploitation sexuelle, dont 11 également contraintes au travail forcé, depuis début 2008.
Certaines de ces jeunes femmes ont accepté de témoigner de leur séjour cauchemardesque dans l’île.
Yasmine a quitté le Maroc pour Chypre, s’imaginant qu’elle...