La grève des enseignants du public et du privé a été massivement suivie hier, sur toute l’étendue du territoire national. L’avertissement sera-t-il entendu ?
Pour un avertissement, c’en est un. Les enseignants des secteurs public et privé ont prouvé, une fois de plus, qu’ils sont à la pointe du combat syndical. Un mois et demi après la rentrée, leur grève générale d’avertissement a paralysé hier le secteur scolaire. Près de 90 000 enseignants ont contraint environ un million d’écoliers sur toute l’étendue du territoire à rester chez eux.
Les professeurs de l’Université libanaise se sont solidarisés avec leurs confrères.
La grève a été massivement suivie par les divers syndicats représentatifs des secteurs scolaires public et privé. Des centaines d’enseignants et de professeurs d’université ont en outre participé au mouvement de rue qui l’a accompagnée, place Riad el-Solh et dans les avenues latérales conduisant au Parlement. Une délégation des grévistes a remis au directeur général des séances, Riad Ghanem, un mémoire de leurs principales revendications.
Au nom de la délégation, Fouad Abdel Sater a expliqué certaines d’entre elles. Il a notamment indiqué que toute augmentation uniforme des traitements introduit une certaine inégalité au sein du corps enseignant, puisqu’elle ignore la règle de l’ancienneté et de l’échelonnement des salaires.
Les enseignants réclament en outre un rajustement de l’indemnité de transport, qu’ils souhaitent voir passer de 8 000 à 10 000 livres par jour, et de leurs allocations familiales, qui représentent 75 % du salaire minimum, ce dernier étant passé de 300 000 à 500 000 livres.
« L’État devrait prendre notre avertissement au sérieux, s’il souhaite que l’année scolaire se déroule sans accroc », a encore affirmé Abdel Sater.
En fait, les demandes des enseignants forment un tout qui commence par le taux d’augmentation du salaire minimum, qu’ils jugent insuffisant, en passant par l’échelle des salaires, dont ils souhaitent que les degrés soient revalorisés, l’écart trop réduit entre le salaire minimum et le premier salaire d’un enseignant (respectivement 500 000 et 650 000LL), sans oublier le montant du salaire mensuel de la retraite et de l’indemnité de licenciement (amputés de 15 % de leur valeur).
Chez Bahia Hariri
Une délégation du collectif intersyndical des enseignants a été également reçue par la ministre de l’Éducation, Bahia Hariri, qui leur a récité une ritournelle qu’ils connaissent bien : c’est par le dialogue qu’il faut passer, et non par les « mesures négatives », pour obtenir satisfaction ; vos revendications sont légitimes, un certain nombre d’entre elles est examiné par la Chambre, je les défendrai en Conseil des ministres, aucune n’est refusée dans l’absolu, etc.
Mais les enseignants sont restés sur leur position, notamment en ce qui concerne les 200 000 LL. Pas d’augmentation uniforme des salaires, mais échelonnement des augmentations en fonction des tranches de salaires. « L’augmentation de 200 000 LL est humiliante », ont martelé les enseignants.
Le collectif se réunira à nouveau, mardi prochain, pour évaluer le mouvement de grève et lui prévoir une suite, s’il juge l’État trop lent à réagir.
La CGTL a apporté son appui hier au mouvement de grève. Une délégation conduite par son président, Ghassan Ghosn, a été reçue hier par le chef de l’État et le Premier ministre, à qui elle a remis ses observations au sujet du projet de loi sur l’assurance vieillesse. Interrogé sur le mouvement de grève, M. Ghosn a souligné que les enseignants sont l’une des force motrices de la CGTL
Entre-temps, deux secteurs professionnels pourraient se mettre en grève prochainement, celui des transports routiers, qui va manifester le 27 novembre devant le siège du ministère de l’Intérieur et qui réclame le maintien de l’adhésion de ses membres à la CNSS, et celui des ouvriers de la centrale de Deir Amar, qui réclament le paiement des 200 000 LL d’augmentation mensuelle.
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Pour un avertissement, c’en est un. Les enseignants des secteurs public et privé ont prouvé, une fois de plus, qu’ils sont à la pointe du combat syndical. Un mois et demi après la rentrée, leur grève générale d’avertissement a paralysé hier le secteur scolaire. Près de 90 000 enseignants ont contraint environ un million d’écoliers sur toute l’étendue du territoire à rester chez eux.
Les professeurs de l’Université libanaise se sont solidarisés avec leurs confrères.
La grève a été massivement suivie par les divers syndicats représentatifs des secteurs scolaires public et privé. Des centaines d’enseignants et de professeurs...