Le communiqué final du sommet proclame l’engagement des grands pays développés et émergents à relancer l’économie mondiale et à engager une réforme du système financier international.
Le sommet du G20 à Washington a donné une nouvelle légitimité à ce forum des principaux pays industrialisés et émergents, même si les résultats de la rencontre ne sont pas à la hauteur de toutes les attentes qu’elle avait pu susciter.
L’absence du président élu américain Barack Obama a limité les résultats de ce sommet, le gouvernement sortant du président George W. Bush n’ayant pas voulu, de l’avis de nombreux observateurs, lier les mains de son successeur.
« Le président Bush n’allait pas accepter des mesures contraignantes (susceptibles de) pénaliser les États-Unis », il ne pouvait qu’« accepter des principes », a observé Diana Furchtgott-Roth, ancienne conseillère économique de la Maison-Blanche.
Si le communiqué final du sommet proclame l’engagement des grands pays développés et émergents à relancer l’économie mondiale et à engager une réforme du système financier international, il contient surtout des déclarations générales et des grands principes.
L’important est sans doute ailleurs, notamment dans le fait que ce forum, créé en 1999 à la suite des crises financières asiatique et russe, se soit réuni pour la première fois au niveau des chefs d’État et de gouvernement, consacrant ainsi cette instance dont les membres représentent plus de 85 % du produit intérieur brut mondial.
« Il faut se rappeler qu’il n’y avait jamais eu de sommet du G20. (...) Les pays émergents ne sont pas représentés dans le G7 et il fallait qu’ils soient là », a commenté Ralph Bryant, analyste de l’institut Brookings.
Le simple fait que le G20 se soit réuni en sommet est une « réussite, et à l’avenir le G20 sera important par ses répercussions », a-t-il ajouté, alors qu’un nouveau sommet est prévu en avril.
« Si nous nous retrouvons avec un G20 (...) devenant le comité de pilotage le plus important de la planète, ça serait une étape importante », selon M. Bryant.
Même si le G20 n’a pas pour l’heure détrôné le G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon), les pays émergents savourent déjà l’influence nouvelle qui leur a été donnée par ce sommet.
« Je quitte Washington très heureux parce que la structure géopolitique du monde a une nouvelle dimension », a déclaré le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva à la presse après le sommet.
Le G20 regroupe les membres du G7 plus l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, Indonésie, le Mexique, la Russie, la Turquie et l’Union européenne.
Un porte-parole de la diplomatie chinoise a salué hier un sommet « propice à la croissance de l’économie mondiale et à la réforme du système financier international ».
La déclaration finale de la rencontre de samedi énumère une série d’actions immédiates pour empêcher l’économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, suggérant l’utilisation de « mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides » ou des baisses des taux d’intérêt dans certains pays.
Les dirigeants du G20 ont approuvé un « plan d’action » contenant des mesures « à priorité haute » pour améliorer la supervision du système financier, sur lesquelles leurs ministres des Finances devront faire des propositions d’ici au 31 mars.
Cinq champs d’action ont été définis : remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises, harmonisation des normes comptables, amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés, révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives et « révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales ». Et pour éviter les tentations protectionnistes, le G20 a pris l’engagement de tenter de relancer d’ici à la fin de l’année le cycle de négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Ce n’est pas le nouveau Bretton Woods (référence aux accords ayant fondé le système financier international au sortir de la Seconde Guerre mondiale) auquel avait voulu croire un temps le président français Nicolas Sarkozy, mais, estime M. Bryant, « ça n’est finalement pas si mal ». Pour lui, on aurait pu s’attendre à moins. « Apparemment, les dirigeants n’ont pas voulu se battre sur des détails » ce qui aurait risqué de mener à une impasse, a-t-il estimé, jugeant en substance que la plus grande réussite du sommet est d’avoir évité un échec.
La presse internationale estimait hier que la rencontre du G20 marquait un « premier pas » vers une réforme du système financier mondial, tout en se montrant prudente pour la suite.
La difficulté à désigner le pays hôte du prochain sommet donne une mesure des obstacles qu’il reste à surmonter à long terme.
Parallèlement, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a indiqué que son institution était favorable à des plans de relance nationaux et coordonnés, dont le montant équivaudrait à 2 % du produit intérieur brut des pays participants. Le président français Nicolas Sarkozy s’est réjoui que le G20 soit d’accord sur la « nécessité d’une relance coordonnée, concertée ». Le Premier ministre britannique Gordon Brown s’est également réjoui de ce résultat du G20, prédisant « des annonces significatives d’un certain nombre de pays dans les prochaines semaines ».
Pour éviter une répétition de la crise financière, le G20 veut que « tout intervenant, tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il n’y aura plus de zone d’ombre », selon la chancelière allemande Angela Merkel.
À plus brève échéance, il reste à savoir comment réagiront les marchés aujourd’hui.
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Le sommet du G20 à Washington a donné une nouvelle légitimité à ce forum des principaux pays industrialisés et émergents, même si les résultats de la rencontre ne sont pas à la hauteur de toutes les attentes qu’elle avait pu susciter.
L’absence du président élu américain Barack Obama a limité les résultats de ce sommet, le gouvernement sortant du président George W. Bush n’ayant pas voulu, de l’avis de nombreux observateurs, lier les mains de son successeur.
« Le président Bush n’allait pas accepter des mesures contraignantes (susceptibles de) pénaliser les États-Unis », il ne pouvait qu’« accepter des...