La victoire à Cluj (2-1) fera date dans la maturation européenne du Bordeaux de Laurent Blanc, même si elle ne garantit rien pour la qualification en 8es de finale de la Ligue des champions, sinon le droit d’y croire, et le devoir d’autres « perfs » contre Chelsea, voire à Rome.
Six points en deux matches contre les musclés du CFR Cluj, c’était le contrat minimum pour rester dans la course. Minimum, mais joliment honoré. Nerveux, âpre, au final fort logique, le succès girondin est celui d’un groupe qui a su se faire mal, tout en croyant à son football.
« J’avais dit aux joueurs qu’ils n’avaient rien à envier à Cluj, qu’on avait bien joué à l’aller, et que Cluj serait sans son meilleur joueur (Trica, suspendu), expliqua Blanc. Je voulais qu’ils aient la certitude qu’on pouvait gagner ici, et c’est fait. » Leur « yes, we can » à eux, en quelque sorte.
Les Girondins y mirent nombre d’ingrédients : la volonté de construire et tenter d’emblée, comme sur la combinaison-éclair Chamakh-Gouffran-Gourcuff du 1er but, l’acceptation de la bagarre proposée par les rugueux Roumains, la générosité incarnée par un immense Chamakh, la solidarité défensive, ou encore la précision retrouvée (le coup franc de Wendel).
Sans deux parades de Valverde (58e, 80e), Bordeaux eut pu rentrer bredouille. Mais sans la nervosité contrariant la conservation du ballon en seconde période, et sans un poteau frustrant de Chamakh (90+3), ils eurent aussi bien pu prendre le large.
Excepté le non-match de Chelsea (0-4) lors de la 1re journée, cela fait désormais trois bonnes sorties européennes de suite des Girondins, y compris la défaite face à une AS Roma (1-3) dominée dans le jeu pendant une mi-temps, avant la cruelle expulsion du Bordelais Henrique.
La courbe en C1 reste donc à la hausse. Bien plus volontaire, en tout cas, que la timide campagne 2006-07 d’une partie de ces mêmes joueurs sous Ricardo : marquée par un nul et trois défaites sans inscrire un seul but, avant deux victoires (Galatasaray et Eindhoven), quand tout était plié.
« J’ai envie de croire que Bordeaux a apprivoisé cette compétition, avançait mardi soir le président Jean-Louis Triaud, cité sur le site Internet du club. Nous avons pris conscience que nous avions un gros potentiel. »
« Je crois que nous sommes véritablement dans le bain, nous savons appréhender les grands matches de Coupe d’Europe », glissait Chamakh.
Constat un peu prématuré ? Le problème – conséquence du réveil de Rome contre Chelsea (3-1) –, c’est qu’après ce palier franchi à Cluj, les Girondins, 3es (6 pts), n’ont d’autre choix que d’en franchir un plus haut encore s’ils veulent se qualifier : le leader du Gr. A Chelsea, le 26 novembre à Chaban-Delmas.
Et selon le résultat de Rome (2e, 6 pts) à Cluj, sans doute faudra-t-il ramener aussi quelque chose de l’Olimpico le 9 décembre pour la 6e journée.
Reste qu’à deux tours de la fin, les Girondins ont encore leur destin européen en main, ce que tout le monde ne leur prédisait pas forcément au moment du tirage au sort.
Reste aussi qu’une prise de conscience de leur potentiel, à la fois cause et conséquence de Cluj, pourrait bien vouer Bordeaux à devenir cette réelle menace en Ligue 1 pour le roi Lyon, comme permettra de le vérifier un certain Lyon-Bordeaux dans onze jours.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La victoire à Cluj (2-1) fera date dans la maturation européenne du Bordeaux de Laurent Blanc, même si elle ne garantit rien pour la qualification en 8es de finale de la Ligue des champions, sinon le droit d’y croire, et le devoir d’autres « perfs » contre Chelsea, voire à Rome.
Six points en deux matches contre les musclés du CFR Cluj, c’était le contrat minimum pour rester dans la course. Minimum, mais joliment honoré. Nerveux, âpre, au final fort logique, le succès girondin est celui d’un groupe qui a su se faire mal, tout en croyant à son football.
« J’avais dit aux joueurs qu’ils n’avaient rien à envier à Cluj, qu’on avait bien joué à l’aller, et que Cluj serait sans son meilleur joueur (Trica, suspendu), expliqua Blanc. Je voulais qu’ils aient la certitude qu’on pouvait gagner ici, et...