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Danse La Russie au rythme de la rumba et du cha-cha-cha

Une quinzaine de couples russes figurent chaque année parmi les 50 meilleurs du monde au classement de la Fédération internationale de danse sportive. Chaque jour, des heures durant, Vadim Pavlenko, une chemise ouverte commandée chez un tailleur réputé, s’adonne à sa passion dans une école de danse moscovite : samba, rumba et autres rythmes latino-américains. « Je sais que je n’ai rien d’un Latino, sourit ce blond aux yeux bleus, âgé de 27 ans. « Mais quand je danse sur des airs cubains, je sens cette immense passion qui est dedans, ça bouleverse tout mon intérieur, c’est un état surprenant ! » Emmené à l’âge de cinq ans dans une école de danse sportive par sa mère, Vadim dit n’avoir depuis qu’une seule envie, « ne jamais m’arrêter ». Comme lui, Tatiana Podgorelkina, 20 ans, originaire de Mourmansk (Grand Nord russe), cheveux de jais et maquillage vif, s’enflamme quand elle parle de cha-cha-cha ou de rumba. « Les danses latino-américaines, pour moi, c’est un plaisir incommensurable. C’est dans le caractère russe, nous sommes ardents ! » a-t-elle raconté fin octobre, des étincelles dans les yeux, lors du championnat de Russie de danses latino-américaines. Des enfants aux 19 ans et plus, près de 7 000 couples venus de toute la Russie et d’ailleurs – la compétition était ouverte aux pays étrangers – ont participé à ce championnat à Moscou, six jours durant. Samba brésilienne, cha-cha-cha espiègle, rumba tendre, paso doble espagnol ou jive, proche du rock and roll, tous ces rythmes sont « d’une énergie extraordinaire », explique Elena Kolobova, entraîneur au club moscovite du Dinamo. « C’est propre à la culture russe », souligne Pavel Dorokhov, président de la Fédération russe de danse sportive (FTSR), en rappelant que certaines danses folkloriques russes ont un contenu émotionnel et des rythmes approchants. Les « pliaski » se distinguent ainsi par un rythme rapide, une fougue, une abondance de mouvements éloquents et compliqués, et un haut niveau d’improvisation typiques du style latino. Créée juste après la chute de l’URSS, la FTSR réunit plus de 70 000 danseurs dans quelque 1 500 clubs à travers toute la Russie, à l’exception du Caucase, qui privilégie ses danses traditionnelles. Considérées comme vulgaires à l’époque soviétique, les danses latino-américaines ont d’abord été interdites. « Nos prédécesseurs ont eu le plus grand mal à obtenir l’autorisation de les enseigner », raconte M. Dorokhov. « Aujourd’hui, les Russes dominent la compétition », note-t-il avec satisfaction. Une quinzaine de couples russes figurent chaque année parmi les 50 meilleurs du monde au classement de la Fédération internationale de danse sportive (IDSF). Alexeï Silde et Anna Firstova, âgés de 25 ans, occupent actuellement la première place. La Russie, réputée pour ses danseurs, est saisie d’un tel engouement qu’elle organise régulièrement des tournois internationaux, telle la célèbre Coupe du monde de danses latino-américaines, dont la 14e édition s’est tenue samedi dernier au palais du Kremlin. Conçue comme un événement mondain de prestige, cette compétition attire chaque année « les meilleurs danseurs professionnels du monde », affirme son organisateur Stanislav Popov, président de l’Union russe de danse (URD). Discipline sportive, les danses latino-américaines ne se réduisent pas pour autant à une démonstration de maîtrise technique. Elles sont aussi un spectacle énigmatique entre deux partenaires en symbiose. « C’est très beau, un des plus beaux sports », s’enthousiasme Alexeï Silde, géant au sourire enfantin, avant de se lancer avec sa partenaire Anna, une brune fragile, dans une rumba lyrique.
Une quinzaine de couples russes figurent chaque année parmi les 50 meilleurs du monde au classement de la Fédération internationale de danse sportive.
Chaque jour, des heures durant, Vadim Pavlenko, une chemise ouverte commandée chez un tailleur réputé, s’adonne à sa passion dans une école de danse moscovite : samba, rumba et autres rythmes latino-américains. « Je sais que je n’ai rien d’un Latino, sourit ce blond aux yeux bleus, âgé de 27 ans. « Mais quand je danse sur des airs cubains, je sens cette immense passion qui est dedans, ça bouleverse tout mon intérieur, c’est un état surprenant ! » Emmené à l’âge de cinq ans dans une école de danse sportive par sa mère, Vadim dit n’avoir depuis qu’une seule envie, « ne jamais m’arrêter ».
Comme lui, Tatiana Podgorelkina, 20 ans, originaire de...