L’armée libanaise a démantelé vendredi un réseau d’espionnage au profit d’Israël. Ce développement a suscité de nombreuses réactions, qui ont rendu hommage, par la même occasion, à l’institution militaire.
Les services de renseignements militaires ont arrêté vendredi deux suspects après une série d’enquêtes dans la région de la Békaa, pour appartenance présumée à un « réseau d’espionnage et de terrorisme lié à Israël », a déclaré l’armée libanaise dans un communiqué. Selon le texte, « les détenus (dont aucune précision concernant la nationalité n’a été donnée) ont reconnu avoir recueilli des informations sur les bureaux d’un parti politique et surveillé les mouvements de membres du parti au profit de l’ennemi ».
Ils étaient en possession de moyens de communication et appareils photo sophistiqués, a précisé l’armée, refusant toutefois de nommer le parti dont il était question.
Selon des sources sécuritaires, citées par le site d’informations nowlebanon.com, l’une des deux personnes arrêtées, A.D.G, 50 ans, est originaire de Marj dans la Békaa-Ouest. Il aurait commencé à coopérer avec le Mossad, il y a près de vingt ans.
Toujours selon ces mêmes sources, la deuxième personne arrêtée, un parent à A.D.G, est membre de Fateh el-Intifada. Elles ont souligné que les premiers éléments de l’enquête montrent que d’autres personnes sont impliquées dans ce réseau d’espionnage et qu’elles sont activement recherchées.
Kassem rend hommage à l’armée
Le démantèlement du réseau d’espionnage a suscité de nombreuses réactions. Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a ainsi salué l’armée libanaise, appelant à une « vigilance pour que les Libanais puissent vivre en paix ».
Le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a pour sa part rendu hommage à l’armée libanaise, et plus particulièrement à ses services de renseignements.
Lors d’une cérémonie organisée à la husseiniyé de Bednayel en mémoire du poète de la Résistance Hussein Haïdar, cheikh Kassem a souligné que le réseau israélien « surveillait depuis une vingtaine d’années les déplacements des résistants afin d’en informer l’ennemi ». Il a noté que « l’ennemi ne ménagera aucun effort pour nous porter préjudice, de même qu’il ne baissera pas les bras après le coup dur que nous lui avons assené durant la guerre de juillet (2006) ». « Nous devons faire preuve de vigilance et percevoir cet ennemi comme un ennemi », a ajouté le numéro deux du Hezbollah, soulignant que « nous ne pourrons enregistrer des acquis qu’à la faveur d’une unité des rangs entre la Résistance, l’armée et le peuple afin de faire face à Israël ». « Nous avons besoin d’une Résistance forte et efficace, et nous avons même besoin de renforcer cette Résistance afin d’empêcher Israël de nous agresser », a-t-il poursuivi.
Le responsable du Hezbollah a, par ailleurs, accusé le Conseil de sécurité de l’ONU de « partialité », déplorant à ce sujet le fait que l’instance onusienne passe sous silence les violations répétées de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne alors qu’elle s’élève contre la moindre violation de la résolution 1701 par le Hezbollah.
De son côté, le député Ali Hassan Khalil a appelé à « renforcer les rangs intérieurs » et à « tenir compte des besoins de l’armée, qui reste le garant de la stabilité sur la scène intérieure ».
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Talal Arslane, a quant à lui estimé que tous les attentats qui ont eu lieu au Liban « servent les intérêts d’Israël ».
L’ancien Premier ministre, Omar Karamé, a noté que « plusieurs réseaux d’espionnage opérant au profit de plusieurs pays » sont implantés au Liban. « Cela est dû au laisser-aller observé au niveau des institutions étatiques », a-t-il constaté.
Par ailleurs, l’armée a démenti les rumeurs véhiculées par certains médias, selon lesquelles deux personnes seraient entrées en Israël à travers la porte de Mtoullé. De même, le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a expliqué que « la Finul n’a rien remarqué et ne possède aucune information à ce sujet jusqu’à présent ».
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Les services de renseignements militaires ont arrêté vendredi deux suspects après une série d’enquêtes dans la région de la Békaa, pour appartenance présumée à un « réseau d’espionnage et de terrorisme lié à Israël », a déclaré l’armée libanaise dans un communiqué. Selon le texte, « les détenus (dont aucune précision concernant la nationalité n’a été donnée) ont reconnu avoir recueilli des informations sur les bureaux d’un parti politique et surveillé les mouvements de membres du parti au profit de l’ennemi ».
Ils étaient en possession de moyens de communication et appareils...