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La Toussaint : heureux les purs ! Sylvain THOMAS

Dans une époque de violences, de guerres, de mensonges, de falsifications, de duperie, de corruption, d’apostasies et de gaspillage éclate comme un défi le chant des béatitudes : Heureux les doux ! Heureux les purs ! Heureux les pauvres ! Mais ce défi que le Christ adressait jadis au monde, il l’adresse aujourd’hui au monde du troisième millénaire. Et, comme le destin employait le roi de Babylone pour châtier Israël, son peuple, le Christ emploie aujourd’hui des incroyants, des objecteurs, des négateurs pour décaper la foi chrétienne et purifier ses motivations. En un siècle, Marx, Nietzsche et Freud auront adressé aux chrétiens le plus impitoyable défi : « Votre douceur, dit Nietzsche, n’est qu’une faiblesse que vous n’osez vous avouer. » « Votre pureté, dit Freud, n’est qu’une fragile apparence qui camoufle la perversité de vos instincts ! » « Votre pauvreté, dit Marx, n’est qu’une ruse politique par laquelle vous vous promettez une compensation, sinon une revanche, dans un au-delà chimérique ! » Ainsi sont analysées, réduites à néant les béatitudes par ceux qu’on a pu appeler « les maîtres du soupçon ». Il peut y avoir là pour nous matière à un radical examen de conscience. Notre douceur, notre pureté, notre pauvreté sont-elles vraiment évangéliques ? Car, c’est alors seulement que nous pourrons échapper aux critiques et nous solidariser avec les béatitudes du Christ. La fête de la Toussaint nous fournit une réponse claire. Si trop souvent le christianisme est tombé sous le coup des invectives, athées et autres, les saints, par leur vie et leur apostolat – comme le firent saint Jean-Baptiste de La Salle, saint Marcellin Champagnat, saint Maron, saint Charbel, sainte Rafqa et la Bienheureuse Mère-Teresa de Calcutta – témoignent que leur douceur n’est pas une impuissance à être violent, leur pureté n’est pas une ignorance ou une impuissance apeurée, leur pauvreté n’est pas une attente passive de la consolation pour l’au-delà. Les saints d’aujourd’hui, que nous sommes appelés à être, doivent pour ainsi dire prendre le relais face à la société contemporaine libre qui s’inspire des principes de ceux qui ne croient pas en Dieu et doutent de son existence. À notre tour, ayant bénéficié de la critique de ces derniers, purifiés par eux, nous avons à contester suivant notre vocation la société qu’ils ont engendrée. Sommes-nous prêts à contester la violence, l’hypocrisie, la duplicité et la cupidité d’où qu’elles viennent ? Sommes-nous prêts à combattre par la plume et la parole les atteintes aux droits de l’homme sous toutes ses formes ? Sommes-nous prêts à lutter contre la misère, la marginalisation et l’analphabétisation où qu’elles soient ? Alors, après avoir atteint nos objectifs, nous pourrons entendre au soir de notre vie chanter les béatitudes : Heureux les doux ! Heureux les purs ! Heureux les pauvres ! Article paru le samedi 1er novembre 2008
Dans une époque de violences, de guerres, de mensonges, de falsifications, de duperie, de corruption, d’apostasies et de gaspillage éclate comme un défi le chant des béatitudes : Heureux les doux ! Heureux les purs ! Heureux les pauvres !
Mais ce défi que le Christ adressait jadis au monde, il l’adresse aujourd’hui au monde du troisième millénaire. Et, comme le destin employait le roi de Babylone pour châtier Israël, son peuple, le Christ emploie aujourd’hui des incroyants, des objecteurs, des négateurs pour décaper la foi chrétienne et purifier ses motivations.
En un siècle, Marx, Nietzsche et Freud auront adressé aux chrétiens le plus impitoyable défi : « Votre douceur, dit Nietzsche, n’est qu’une faiblesse que vous n’osez vous avouer. » « Votre pureté, dit Freud, n’est qu’une fragile...