Conférence
La crise financière : un risque
ou une opportunité
le 31 octobre 2008 à 00h00
Fadi Osseirane, directeur général de Blominvest Bank, débat avec les anciens de Sciences po Paris de l’impact de la crise sur le Liban.
Dans le cadre d’un débat avec les anciens de Sciences po Paris, le directeur général de Blominvest Bank, Fadi Osseirane, a estimé que l’impact financier de la crise international sur le Liban sera minime. Les banques libanaises ne sont pas exposées à un risque systémique, a-t-il affirmé. Et quand bien mêmes elles auraient pris des positions sur le marché obligataire étranger, estimées par M. Osseirane à un milliard de dollars – soit l’équivalent de 1 % de leurs avoirs –, et en supposant que les obligations baissaient de 20 %, les pertes ne représenteraient que 1,5 % environ de leurs fonds propres, un montant insignifiant. Quant aux marchés actions, les banques libanaises n’y ont pas investi du fait d’une gestion très conservatrice, liée à la structure familiale du capital.
Mais si le Liban est à l’abri sur le plan financier, il ne l’est pas sur le plan économique, notamment en cas de ralentissement dans la région, sachant que l’économie libanaise est particulièrement liée à celles du Golfe. Il faut savoir que les banques du Golfe sont les banques les plus endettées au monde avec des ratios de dette/dépôts de l’ordre de 100 % pour les Émirats, le Qatar et le Kowaït à titre d’exemple. Si ces économies venaient à ralentir, l’économie libanaise souffrirait alors d’une baisse des transferts des expatriés ainsi que des investissements directs étrangers.
Mais la crise n’a pas que des travers. Pour M. Osseirane, la baisse des prix du pétrole, et donc de l’essence, est une occasion pour l’État d’augmenter ses rentrées fiscales. De plus, le spectre de la guerre semble avoir été éloigné par celui de la crise : les marchés n’anticipent pas de conflit, mais plutôt une accalmie sur le plan politique et une concentration de toutes les attentions sur la gestion de la récession économique. La crise pourrait ainsi représenter une occasion de se ressaisir en accélérant les réformes pour parer à des risques éventuels de ralentissement économique et tirer avantage de la crise. Par exemple, il serait peut-être temps de penser à la mise en œuvre d’une loi concernant les marchés financiers – la Syrie, qui n’a pas encore de Bourse, en a une – qui contribuerait à dynamiser les marchés et à combler le retard pris.
Paradoxalement, la crise a aussi libéré des liquidités prêtes à être investies et a dégagé de nouvelles opportunités d’investissement. Pour les entreprises par exemple qui disposent de trésorerie – c’est le cas de beaucoup d’entreprises américaines –, le moment est opportun pour acquérir des parts de marché à relativement bon prix, vu la déflation des actifs. On pourrait assister à une reprise des activités de fusions et d’acquisitions. Pour les investisseurs en « private equity », le timing est également intéressant. Pour l’épargnant individuel, c’est aussi l’occasion de prendre des risques mesurés sur des valeurs fondamentalement solides et stables, et qui aujourd’hui ne coûtent plus cher.
Nicole HAMOUCHE
Fadi Osseirane, directeur général de Blominvest Bank, débat avec les anciens de Sciences po Paris de l’impact de la crise sur le Liban.
Dans le cadre d’un débat avec les anciens de Sciences po Paris, le directeur général de Blominvest Bank, Fadi Osseirane, a estimé que l’impact financier de la crise international sur le Liban sera minime. Les banques libanaises ne sont pas exposées à un risque systémique, a-t-il affirmé. Et quand bien mêmes elles auraient pris des positions sur le marché obligataire étranger, estimées par M. Osseirane à un milliard de dollars – soit l’équivalent de 1 % de leurs avoirs –, et en supposant que les obligations baissaient de 20 %, les pertes ne représenteraient que 1,5 % environ de leurs fonds propres, un montant insignifiant. Quant aux marchés actions, les banques...
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