Certains médecins ont mis en garde contre les risques d’épidémie, notamment la typhoïde
ou l’hépatite.
Certaines des plus belles plages de Dubaï, qui font l’attrait de l’émirat auprès des touristes du monde entier, sont couvertes depuis plusieurs semaines du contenu nauséabond des fosses septiques de la ville, victime de son développement effréné et mal maîtrisé. Cette situation, qui pourrait porter atteinte à l’image de Dubaï si elle durait, illustre l’un des paradoxes de l’émirat, en mesure de bâtir la tour la plus haute du monde et des hôtels de grand luxe, mais incapable de construire les usines de traitement des déchets dont il a besoin. Dubaï comptait officiellement 1,3 million d’habitants fin 2006, mais sa population s’accroît à un rythme accéléré. Immeubles et quartiers nouveaux poussent un peu partout à une vitesse record, mais les infrastructures sont à la traîne.
Ainsi, la ville n’a pas encore de tout-à-l’égout, d’où l’obligation d’avoir recours à des camions-citernes pour collecter le contenu des fosses septiques afin de transporter ces déchets vers l’unique station d’épuration d’al-Awir, située en plein désert. Une seconde usine de traitement est en construction, mais elle ne sera pas opérationnelle avant l’an prochain. Dans l’immédiat, la seule usine existante tourne donc au maximum de sa capacité, dégageant des odeurs nauséabondes, et la file des camions attendant leur tour pour décharger s’allonge à perte de vue. « L’attente peut durer plus de 10 heures. C’est tellement pénible, surtout quand il fait chaud », déclare à l’AFP un chauffeur pakistanais, Ijaz Mohammad.
Les chauffeurs étant payés au voyage, certains, las d’attendre, ont commencé en septembre à vider leur cargaison dans les canalisations destinées à écouler les rares eaux de pluie. Le contenu finit tout droit d’abord dans la mer puis sur les plages, notamment dans le quartier de Jumeirah, le plus huppé de la ville, qui abrite certains des plus grands hôtels. « Cette pollution est accidentelle et résulte des pratiques de certains chauffeurs », a affirmé à l’AFP Mohammad Abdelrahmane Hassan, chef du service de l’environnement à la municipalité. Et de rappeler que des mesures sévères ont été prises pour mettre fin à ces pratiques, dont des amendes de 100 000 dirhams (27 200 USD) pour l’employeur de tout chauffeur coupable de se débarrasser de son chargement dans la nature. Le véhicule peut aussi être saisi.
La municipalité a même décidé d’encourager la délation après que 55 chauffeurs ont été pris la main dans le sac en une semaine. Elle a ainsi mis à la disposition du public un numéro de téléphone gratuit pour recevoir les appels de résidents témoins de vidanges sauvages, avec à la clé une récompense de 2 000 dirhams (environ 545 dollars) si le délit est avéré.
Pourtant, rien n’y fait, et la pratique continue. Et pas seulement dans la mer. Ainsi, un Britannique grimpant des dunes de sable à bord d’un 4 X 4 près du port de Jebel Ali (ouest de Dubaï) a eu la surprise de retomber dans une véritable mare d’excréments, rapportait récemment la presse locale.
Certains docteurs ont mis en garde contre les risques d’épidémie, notamment la typhoïde ou l’hépatite, mais adultes et enfants continuent de se baigner. La situation commence toutefois à inquiéter certains touristes, comme cette Russe rencontrée devant un grand hôtel, qui s’est présentée sous le nom d’Anna. « Oui, j’en ai entendu parler, et cela m’inquiète. Je vais consacrer plus de temps au shopping, à la piscine et aux bains de soleil », dit-elle à l’AFP.
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ou l’hépatite.
Certaines des plus belles plages de Dubaï, qui font l’attrait de l’émirat auprès des touristes du monde entier, sont couvertes depuis plusieurs semaines du contenu nauséabond des fosses septiques de la ville, victime de son développement effréné et mal maîtrisé. Cette situation, qui pourrait porter atteinte à l’image de Dubaï si elle durait, illustre l’un des paradoxes de l’émirat, en mesure de bâtir la tour la plus haute du monde et des hôtels de grand luxe, mais incapable de construire les usines de traitement des déchets dont il a besoin. Dubaï comptait officiellement 1,3 million d’habitants fin 2006, mais sa population s’accroît à un rythme accéléré. Immeubles et quartiers nouveaux...