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Actualités - Chronologie

Médiateur, une profession à part entière de jour en jour plus essentielle

Le Centre professionnel de médiation de l’USJ pourrait devenir une référence et un modèle pour toute la région. Les premiers médiateurs ont reçu mardi leur diplôme. La médiation est une discipline nouvelle au Liban. Différente de l’arbitrage ou du dialogue, elle s’est constituée en discipline à part entière. La première promotion de formation du Centre professionnel de médiation de l’USJ, le premier au Liban et au Moyen-Orient, a reçu mardi soir son diplôme. La cérémonie de remise des diplômes s’est tenue en présence, notamment, du professeur René Chamussy s.j., recteur de l’USJ, de M. Stephen Bensimon, directeur de l’Institut de formation à la médiation et à la négociation de l’Institut catholique de Paris (IFOMENE), partenaire de l’USJ dans cette nouvelle formation, et de Mme Johanna Hawari Bourgély, directrice du Centre professionnel de médiation. Félicitant les nouveaux médiateurs, le Pr Chamussy a déclaré : « On a pu dire que la médiation n’était qu’une posture, une façon d’être au milieu des hommes et femmes en conflit. Elle est, vous avez pu le découvrir, beaucoup plus que cela. Une “façon d’être”, elle l’est évidemment, mais elle engage des savoirs et des compétences qui vont au-delà. C’est d’ailleurs dans cette perspective que l’on a défini la médiation comme une discipline à part entière, dotée d’un processus structuré et qui permet aux professionnels de travailler à la résolution des conflits, sans faire ce que d’autres font : de l’arbitrage ou de la conciliation, là où intervient en force, au nom de la loi ou de la morale, une tierce partie. Le médiateur en effet est celui qui, par définition, s’efface, disparaît. Il se retire pour que l’un et l’autre, le cœur et l’esprit changés, puissent se retrouver par eux-mêmes, différents. Étrange métamorphose que celle dont vous êtes les promoteurs. Mais c’est ainsi que l’on peut reconstruire une société qui se dévoyait et qui n’était plus que violence. (…) Nous vivons dans un pays où cette pratique devient, jour après jour, plus essentielle. Je vous souhaite bon travail et bon courage pour cette implication si nécessaire. » Un soleil au fond du cœur De son côté, Mme Johanna Hawari Bourgély, directrice du Centre professionnel de médiation de l’USJ, devait féliciter sa première promotion en évoquant, d’abord, sa « conversion » personnelle du droit pénal à la médiation. Bourgély a rendu hommage à un processus « où la faute peut être réparée, où le pardon devient un acte volontaire de reconnaissance de l’erreur ». Formée à la médiation à l’IFOMENE, la directrice du CPM s’est félicitée de pouvoir lancer cette nouvelle spécialité au Liban, « pays si riche de par ses diversités culturelles, religieuses et sociales, enclin au procédé amiable de résolution des litiges, de par sa tradition avec les cheikhs el-solh ». « Ce pays est une terre fertile à la médiation. Il pourrait devenir une référence et un modèle pour toute la région », a-t-elle affirmé avec conviction. « (…) Aujourd’hui, a poursuivi Bourgély, et cela n’est pas un hasard, nous avons nos premiers médiateurs du Centre professionnel de médiation. (…) Médiateurs, désormais compétents et qualifiés pour acheminer les parties en litige à se comprendre et à dialoguer afin qu’elles trouvent leur propre solution et leur propre méthode de communication. » « J’ai eu le plaisir de suivre nos médiateurs durant tous les séminaires et surtout de constater la transformation personnelle de chacun d’entre eux, car, s’il est vrai que la médiation nous fait évoluer, elle nous permet de percevoir l’être, le vrai, reclus derrière ses appartenances religieuses, sociales et culturelles. Elle nous permet de voir, comme le disait sœur Emmanuelle, un soleil au fond du cœur de l’homme ». « Je suis confiante et persuadée que nos médiateurs peuvent servir l’USJ, nos concitoyens et notre pays afin de faire évoluer les mentalités, d’apaiser et de pacifier les relations entre les hommes. » Du concept à la réalité C’est à Mona Saïd Boustany qu’est revenu le privilège de prononcer le mot de la promotion : « De milieux professionnels variés, magistrats, avocats, gestionnaires, spécialistes de la communication, des ressources humaines, représentants d’ONG et directeurs d’entreprises, les membres de notre promotion avaient plus ou moins une idée de la médiation », a-t-elle affirmé, avant de préciser : « Durant notre formation, nous avons découvert théoriquement et pratiquement la médiation ; nous avons appris le vrai sens des mots : écoute, dialogue, conviction, fidélité, compassion, analyse, impartialité, neutralité, confidentialité. Ces termes résument les compétences que doit posséder le médiateur. » « Nous sommes arrivés à l’évidence qu’il faut travailler avant tout sur soi pour accepter l’autre avec toutes ses différences, apprendre à respecter les règles de la médiation et ainsi pouvoir jouer le rôle de médiateur. » « (…) Je termine sur une citation de Jean Monnet, l’un des pères de l’Europe, qui est devenu la devise du CPM : “Le plus beau métier du monde est de réunir les hommes”. »
Le Centre professionnel de médiation de l’USJ pourrait devenir une référence et un modèle pour toute la région. Les premiers médiateurs ont reçu mardi leur diplôme.
La médiation est une discipline nouvelle au Liban. Différente de l’arbitrage ou du dialogue, elle s’est constituée en discipline à part entière. La première promotion de formation du Centre professionnel de médiation de l’USJ, le premier au Liban et au Moyen-Orient, a reçu mardi soir son diplôme.
La cérémonie de remise des diplômes s’est tenue en présence, notamment, du professeur René Chamussy s.j., recteur de l’USJ, de M. Stephen Bensimon, directeur de l’Institut de formation à la médiation et à la négociation de l’Institut catholique de Paris (IFOMENE), partenaire de l’USJ dans cette nouvelle formation, et de Mme Johanna...