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Science Des bulles, mais pas de protons pour l’inauguration du LHC

L’accélérateur de particules le plus puissant au monde est en panne depuis le 19 septembre, soit quelques jours après son lancement. Champagne, concert, glace à l’azote et cuisine moléculaire : l’Organisation européenne de recherche nucléaire (CERN) a soigné ses 1 400 invités hier pour l’inauguration du LHC, décidé à faire oublier le grand absent de la fête, l’accélérateur de particules le plus puissant au monde tombé en panne. Cette journée marque « le début d’une ère nouvelle pour la recherche à la pointe de la connaissance », a assuré le directeur général de l’organisation Robert Aymar devant un parterre de 43 délégations venues du monde entier. Le Grand collisionneur de hadrons (LHC), qui doit permettre de percer les secrets de la formation de l’univers en faisant se percuter des protons à une vitesse proche de la lumière, « modifiera profondément notre vision de la nature », a-t-il assuré. À l’image de son optimisme, les chefs des délégations des 20 pays membres ont affiché un enthousiasme sans tache pour l’instrument physique le plus grand et le plus précis au monde qui a coûté quelque 3,76 milliards d’euros en douze ans de construction. « Ce qui se joue ici, c’est notre capacité à avancer sur le chemin de la compréhension de l’univers », a expliqué le Premier ministre français François Fillon, seul chef de gouvernement à s’être déplacé. Deuxième invité de marque, le président de la Confédération suisse, Pascal Couchepin, dont le pays comme la France abrite le circuit de 27 km enfoui à 100 mètres sous terre, a souligné un « succès historique » pour « une mondialisation réussie » entre scientifiques. Et d’une seule voix, tous ont minimisé l’incident qui a conduit le 19 septembre à l’arrêt jusqu’au printemps de l’accélérateur, quelques jours seulement après son lancement en fanfare. « Je ne peux nier que cet incident ait causé une grande déception alors que la machine débutait si admirablement son exploitation », a reconnu M. Aymar, assurant que les équipes du CERN avaient retroussé les manches pour « faire en sorte qu’il ne se reproduise pas ». « Devant l’ampleur du défi, il n’est pas surprenant que des imprévus techniques surviennent », a tempéré M. Fillon, tandis que la ministre allemande de l’Éducation, Annette Schavan, interrogée par l’AFP, expliquait : « Ce sont des choses qui peuvent arriver. » Il est vrai que l’incident, même sérieux – une défaillance électrique entre deux aimants supraconducteurs conduisant à une fuite d’hélium –, représente une « défaillance isolée » et non un « défaut systémique », selon les termes du directeur de l’organisation fondée en 1954. Mais sa réparation prend du temps car il faut réchauffer le circuit maintenu à une température proche du zéro absolu (-271°) pour pouvoir y intervenir, ce qui nécessite plusieurs semaines. Compte tenu du délai de refroidissement nécessaire, la « merveille technologique » du CERN ne pourra reprendre son service avant la pause générale d’hiver de maintenance, prévue de novembre à avril. Ainsi, l’absence du clou du spectacle a terni la fête, qui n’a pas eu les accents d’euphorie du premier jour de fonctionnement de l’accélérateur, le 10 septembre, quand la machine a fait en quelques heures ce que les scientifiques prévoyaient de réaliser en quatre jours. Signe que le cœur n’y était pas malgré les efforts du CERN : les pays membres ont renoncé à se faire représenter par leurs chefs d’État. À défaut de faisceaux de protons, les invités se sont rabattus avec plaisir et étonnement sur les petits plats moléculaires concoctés par le chef italien Ettore Bocchia avant de conclure sur un surprenant « café solide » du célèbre Catalan Ferran Adria.
L’accélérateur de particules le plus puissant au monde est en panne depuis le 19 septembre, soit quelques jours après son lancement.
Champagne, concert, glace à l’azote et cuisine moléculaire : l’Organisation européenne de recherche nucléaire (CERN) a soigné ses 1 400 invités hier pour l’inauguration du LHC, décidé à faire oublier le grand absent de la fête, l’accélérateur de particules le plus puissant au monde tombé en panne.
Cette journée marque « le début d’une ère nouvelle pour la recherche à la pointe de la connaissance », a assuré le directeur général de l’organisation Robert Aymar devant un parterre de 43 délégations venues du monde entier. Le Grand collisionneur de hadrons (LHC), qui doit permettre de percer les secrets de la formation de l’univers en faisant se percuter des...