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Actualités - Opinion

Le commentaire d’Émile Khoury Un exemple à suivre : la prudence syrienne

Le dialogue reprend dans une quinzaine de jours. À table, le plat de résistance (c’est le mot) devra être l’armement du Hezbollah. S’il n’y a pas accord à ce sujet, si le problème reste en suspens, la crise politique larvée continuerait à empoisonner la vie du pays. De plus, l’arsenal du Hezb, Israël en prend prétexte pour menacer de détruire le Liban. Sans compter le volet iranien qui présente deux effroyables possibilités. La première étant qu’après une attaque d’Israël contre le nucléaire iranien, la riposte comporte une volée de missiles tirés par le Hezbollah libanais sur l’ennemi. Et la seconde, qu’Israël attaque le Hezb d’abord avant de se tourner contre l’Iran. Alors, un accord sur une stratégie de défense récupérant, d’une manière ou d’une autre, l’armement du Hezb est-il possible, ou non ? Nul ne le sait encore et disons que, pour le moment, le scepticisme a la cote. Retour ici à une devise sensée : il faut toujours espérer le mieux, mais aussi prévoir le pire. C’est dans cet esprit que le chef de l’État multiplie les démarches à l’étranger. Pour s’efforcer de décrocher de solides assurances quant à la protection du Liban vis-à-vis des menaces israéliennes, en premier. Mais également vis-à-vis des effets collatéraux nocifs des conflits extérieurs, de ces luttes des axes multiples, qui ont la fâcheuse habitude de se servir de ce pays comme d’un fusible, d’une lice ouverte pour des règlements de comptes qui ne le concernent en rien. De bouc émissaire commode et de victime expiatoire. Le régime syrien, de son côté, est passé maître dans l’art de se mettre à l’abri. Au moment où Israël tonne contre son allié iranien, il engage des pourparlers indirects sur le Golan. Comme pour signifier à l’ennemi : voyez comme je suis de bonne composition, ne regardez pas de mon côté. Allez frapper ailleurs, et je ne bougerai pas le petit doigt. Les Israéliens pourraient le croire sur parole : c’est bien ce qu’il a fait en juillet 2006, quand ils pilonnaient massivement l’infrastructure du Liban, fauchaient des milliers de victimes et tiraient même sur les ambulances. Les guerres dont le Liban a eu le triste privilège d’en payer, seul, le prix ne se comptent pas. Pour éviter une nouvelle récidive, trois moyens se présentent à l’esprit : – Le Conseil des ministres entérine une résolution de la table de dialogue intégrant l’armement du Hezbollah dans la structure étatique. Pour que la décision de guerre et de paix revienne exclusivement au gouvernement. Soit à l’amiable, soit à la majorité des deux tiers, comme le veut l’article 65 de la Constitution. – La Syrie démontre que son déploiement à la frontière avec le Liban-Nord s’inscrit effectivement dans le cadre de son application de la 1701. C’est-à-dire qu’il vise à mettre un terme à la porosité de cette frontière, et des autres, donc au trafic d’armes et aux infiltrations d’éléments subversifs (qui ne sont pas tous islamistes antisyriens). Elle arrêterait de fournir des armes au Hezbollah ou de lui transmettre les colis de Téhéran. Elle démantèlerait les bases palestiniennes armées relevant de son obédience. Moyennant quoi, elle pourrait récupérer le Golan, au bout de négociations qui deviendraient directes, sous l’apanage des USA. – L’Iran entre en émulation d’arrangements avec l’Occident et lui présente des offres encore plus avantageuses que les conditions syriennes. Cela pour se mettre lui aussi à l’abri, dans le cadre d’un marché au sujet de son nucléaire. Son effort principal consisterait à influer sur le Hezb pour un règlement de la question de l’armement. Émile Khoury
Le dialogue reprend dans une quinzaine de jours. À table, le plat de résistance (c’est le mot) devra être l’armement du Hezbollah. S’il n’y a pas accord à ce sujet, si le problème reste en suspens, la crise politique larvée continuerait à empoisonner la vie du pays.
De plus, l’arsenal du Hezb, Israël en prend prétexte pour menacer de détruire le Liban. Sans compter le volet iranien qui présente deux effroyables possibilités. La première étant qu’après une attaque d’Israël contre le nucléaire iranien, la riposte comporte une volée de missiles tirés par le Hezbollah libanais sur l’ennemi. Et la seconde, qu’Israël attaque le Hezb d’abord avant de se tourner contre l’Iran.
Alors, un accord sur une stratégie de défense récupérant, d’une manière ou d’une autre, l’armement du Hezb est-il...