Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Crise Les banques libanaises largement immunisées face à la crise financière

Liliane MOKBEL Le secteur bancaire libanais est dans son intégralité en bonne santé. Il est à l’abri de la crise financière internationale. La confiance de la clientèle dans les banques locales s’est traduite par un accroissement record des dépôts bancaires au cours des huit premiers mois de 2008. Cette hausse s’est chiffrée à 8 milliards de dollars, dépassant ainsi la moyenne de hausse annuelle de 5 à 6 milliards de dollars. A priori, la Banque du Liban et la Commission de contrôle des banques, qui ont fait preuve de beaucoup de vigilance, ont depuis au moins dix-huit mois interdit aux établissements de crédit locaux d’investir dans des subprimes et des produits structurés. À cet élément, il faut ajouter l’aversion au risque des dirigeants des banques libanaises qui suivent une politique de gestion des risques extrêmement conservatrice. De plus, les banques locales ont le profil de « Boring Banks », caractérisé par un fort attachement au métier traditionnel de banque commerciale. Celui-ci consiste à collecter des dépôts qui sont transformés en crédit à court terme destinés à financer soit les actifs de roulement des entreprises, soit le commerce extérieur. Ce concept de « Boring Banks » s’est avéré gratifiant lors de cette dernière crise, puisque les banques de cette catégorie ont été celles qui ont le mieux résisté à la tempête. Les banques libanaises regorgent de liquidités, ce qui va s’avérer être bénéfique pour la croissance économique dans le pays prévu à au moins 6 % en 2008, alors que les études économiques font état de croissance nulle ou négative en Europe et aux États-Unis pour l’année en cours et les deux prochaines années. Selon Freddie Baz, responsable de la stratégie à la Bank Audi, les liquidités des banques libanaises sont là pour assurer le crédit bancaire nécessaire au financement des investissements locaux lesquels seront d’autant plus importants que le Liban a une économie importatrice dans un contexte de baisse des prix du pétrole et des matières premières. Les crédits bancaires ont totalisé les huit premiers mois de 2008 près de 4,4 milliards de dollars, soit le volume le plus élevé au cours des dix dernières années. En ce qui concerne Bank Audi, sa base de dépôts s’est élevée à 16,5 milliards de dollars fin septembre, soit 17,9 % de plus qu’à la fin 2007. Quant à ses profits nets, ils ont augmenté de 28,7 % au cours des neuf premiers mois de l’année. Son exposition à la crise internationale s’est limitée à la détention par le groupe d’obligations Lehman Brothers s’élevant à 10 millions de dollars au Liban et 10 millions de dollars dans les filiales du groupe. Ces montants furent couverts dans leur intégralité par des provisions au 30 septembre 2008. Ces obligations ne sont pas des subprimes ou des produits structurés toxiques qui ont été au centre de la crise financière internationale. Il s’agit d’obligations revenant à la quatrième banque américaine et qui étaient encore notées A2 par Moody’s le jour même de sa défaillance. « Les pertes occasionnées par ses obligations et qui ont été entièrement provisionnées ne représentent que 0,1 % des actifs de la banque », souligne Freddie Baz, qui ajoute que la banque a provisionné à 100 % les obligations, alors que le taux de recouvrement sur Lehman Brothers est au moins de 40 %. « Ceci ne nous a pas empêchés de dégager quand même 180,6 millions de dollars de bénéfices nets après impôts et provisions au cours des 9 premiers mois de l’année, à un moment où toutes les grandes banques internationales et régionales enregistrent des régressions dans leurs profits pour ne pas dire aussi des pertes », a encore précisé Freddie Baz. Il évoque par ailleurs le portefeuille des créances douteuses nettes de la banque qui constituent 0,35 % seulement des crédits bruts, l’un des niveaux les meilleurs dans le secteur. Par cette annonce à travers la presse sur ses chiffres et son exposition, la Bank Audi aura tenu la promesse de transparence à laquelle elle est tenue du fait de la cotation de ses actions à la Bourse de Londres et de Beyrouth.
Liliane MOKBEL

Le secteur bancaire libanais est dans son intégralité en bonne santé. Il est à l’abri de la crise financière internationale.

La confiance de la clientèle dans les banques locales s’est traduite par un accroissement record des dépôts bancaires au cours des huit premiers mois de 2008.
Cette hausse s’est chiffrée à 8 milliards de dollars, dépassant ainsi la moyenne de hausse annuelle de 5 à 6 milliards de dollars.
A priori, la Banque du Liban et la Commission de contrôle des banques, qui ont fait preuve de beaucoup de vigilance, ont depuis au moins dix-huit mois interdit aux établissements de crédit locaux d’investir dans des subprimes et des produits structurés. À cet élément, il faut ajouter l’aversion au risque des dirigeants des banques libanaises qui suivent une politique de gestion...