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Actualités - Chronologie

Francophonie Sommet de Québec : mission accomplie pour les Libanais

QUÉBEC, de Gaby NASR La conférence de Québec dont les travaux ont pris fin hier après-midi fera date dans l’histoire des rencontres entre les pays ayant la langue française en partage. Pour la première fois, les discours traditionnels ont fait place au débat direct entre chefs d’État et de gouvernement. Mission accomplie ! Au terme du XIIe sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Québec, il faut reconnaître sans forfanterie ni exagération que la délégation libanaise, présidée par le chef de l’État Michel Sleiman, a passé haut la main l’épreuve du retour du Liban aux forums internationaux. Car pour un pays à peine convalescent, il n’était pas dit à l’avance qu’il parviendrait à faire entendre sa voix dans une conférence où la crise financière internationale était la vedette quasi exclusive, et où l’on pouvait penser que les participants n’accorderaient qu’une oreille distraite aux autres dossiers de la planète. Il n’en a rien été et bien loin de faire de la figuration, le Liban a activement participé aux débats, proposé certains éléments devant figurer dans la déclaration finale, et assuré la promotion de la VIe édition des Jeux de la Francophonie qui devront se dérouler à Beyrouth à l’automne 2009. Six chefs d’État seulement ont été invités à prendre la parole au cours de ce sommet. Michel Sleiman était de ceux-là, à l’insistance du secrétaire général de l’OIF Abdou Diouf. Le chef de l’État a même réussi à retenir, une demi-heure durant, Nicolas Sarkozy. Un véritable tour de force en ce week-end fou, qui a vu le président français enfiler cérémonies solennelles, interventions publiques et rencontres à une vitesse inouïe (lire par ailleurs). La réunion entre les deux chefs d’État a eu lieu dans l’une des salles annexes destinées à ce genre de rencontres, au Centre des congrès. Selon les informations qui ont filtré de la délégation libanaise, le président français s’est enquis auprès de son interlocuteur de la situation au Liban, exprimant son souhait de lui fournir toute assistance et renouvelant son estime pour Michel Sleiman. Le président libanais a pour sa part évoqué les derniers développements sur la scène locale qui ont contribué à consolider le climat de stabilité dans le pays. Le chef de l’État a en outre souligné l’importance de l’initiative de son homologue français concernant l’ouverture en direction de la Syrie. Toujours selon les sources de la délégation libanaise, Nicolas Sarkozy s’est ensuite informé au sujet de la loi électorale, ce à quoi Michel Sleiman lui a donné l’assurance que les élections se dérouleront à la date prévue après la promulgation par le Parlement de la loi électorale et l’amélioration de la situation sécuritaire au Liban. Le président français a exprimé sa satisfaction au vu des progrès réalisés sur cette question. Pour ce qui est de l’armée, le chef de l’État a également rassuré son interlocuteur sur sa situation, notamment après la nomination d’un nouveau commandant en chef. Nicolas Sarkozy a enfin adressé au président libanais une invitation à effectuer une visite d’État en France, proposant le mois de février. Michel Sleiman l’a aussitôt remercié et lui a adressé à son tour une invitation pour une visite officielle au Liban. Les deux hommes ont convenu que celle-ci pourrait avoir lieu après les prochaines élections législatives au printemps prochain. Il convient de signaler que le président libanais avait auparavant rencontré un certain nombre de chefs d’État et de gouvernement, notamment le président algérien Abdel-Aziz Bouteflika, avec qui il a examiné l’état des relations bilatérales et les possibilités de renforcer la coopération entre les pays arabes. Table ronde et débats Ce XIIe sommet de la Francophonie s’est distingué des précédentes conférences par une nouvelle organisation des travaux. En effet, en lieu et place de la succession traditionnelle de discours, des tables rondes thématiques ont été mises en place, favorisant les discussions directes entre chefs d’État et de gouvernement. Les thèmes abordés étaient l’environnement, la démocratie et l’État de droit, la consolidation des fondements de la bonne gouvernance et la promotion de la langue française, la neuvième langue la plus parlée dans le monde avec 200 millions de francophones, selon un rapport publié en mars par l’OIF. Peu avant la fin du sommet, le secrétariat de l’OIF a distribué un document de l’Union parlementaire francophone, qui a adopté, lors d’une réunion de ses membres, une série de recommandations, notamment sur le Liban, demandant aux États de respecter l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de ce pays. Le document a salué l’accord de Doha « qui a contribué à sortir le Liban de la crise et rétablir sa stabilité politique et constitutionnelle ». Il s’est également félicité de l’élection du président Michel Sleiman, et l’a assuré du soutien des parlementaires et de leur « solidarité avec le peuple libanais et les parlementaires libanais ». Le texte a enfin salué les « efforts visant à la réconciliation nationale et l’engagement des parties à ne pas recourir à la violence pour résoudre les conflits ». Pour en revenir aux travaux du sommet, les chefs d’État et de gouvernement présents ont apporté leur soutien à l’organisation de réunions internationales sur la tourmente qui a affolé les pays développés et pourrait menacer les pays du Sud, largement représentés dans la Francophonie. « Je pense qu’il faut voir un symbole dans le fait que l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie réunis Québec appellent à la tenue de ce sommet », a déclaré sur ce plan le Premier ministre français François Fillon. La Francophonie a été « le premier forum Nord-Sud à se réunir dans la foulée de la crise », a souligné hier de son côté le Premier ministre du Québec Jean Charest, cohôte du sommet avec le Premier ministre canadien Stephen Harper. « Cela a été une première occasion pour les pays du Sud de se prononcer sur les conséquences qu’ils anticipent (...) Ils craignent avec raison que la crise ait un impact sur les budgets d’aide au développement », a-t-il déclaré sur Radio-Canada. Évoquant, par ailleurs, le débat sur la langue française – qui a été, pour la première fois, un thème à part entière du sommet – M. Charest a souligné que le Québec était un bon baromètre de l’état de santé du français. « Si on veut prendre la température sur l’avenir de la langue française, c’est au Québec qu’il faut le faire parce que c’est un combat que nous menons tous les jours depuis plusieurs générations », a-t-il dit. Le sommet devait notamment appeler les membres de la Francophonie à défendre leur langue, en particulier dans les instances internationales, selon un projet de résolution finale du sommet de Québec.
QUÉBEC, de Gaby NASR

La conférence de Québec dont les travaux ont pris fin hier après-midi fera date dans l’histoire des rencontres entre les pays ayant la langue française en partage. Pour la première fois, les discours traditionnels ont fait place au débat direct entre chefs d’État et de gouvernement.

Mission accomplie ! Au terme du XIIe sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Québec, il faut reconnaître sans forfanterie ni exagération que la délégation libanaise, présidée par le chef de l’État Michel Sleiman, a passé haut la main l’épreuve du retour du Liban aux forums internationaux. Car pour un pays à peine convalescent, il n’était pas dit à l’avance qu’il parviendrait à faire entendre sa voix dans une conférence où la crise financière internationale était la vedette quasi...