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CCG Le Golfe résistera-t-il à une récession mondiale ?

La crise touchera surtout le secteur privé, plus particulièrement l’immobilier aux Émirats et au Qatar, estiment les analystes. Les monarchies arabes du Golfe, dont l’économie dépend du pétrole, seront elles aussi touchées par les effets d’une récession mondiale, mais leurs revenus pétroliers, même en baisse, leur permettront d’amortir le choc, estimaient hier des analystes dans la région. « Les économies du Golfe seront sans doute affectées, mais l’impact sera beaucoup moins fort que dans les pays industrialisés », a affirmé le directeur d’un centre saoudien d’études économiques, Abdelaziz al-Daghestani. « Le principal impact sera une baisse de la demande en pétrole et, par conséquent, des revenus. Mais l’énorme manne accumulée ces dernières années aidera le Golfe à résister à la récession mondiale », a-t-il déclaré à l’AFP. Le baril de pétrole Brent est passé sous les 68 dollars hier matin, pour la première fois depuis le 1er juin 2007, en raison des craintes de récession. Les exportations de pétrole des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) leur auraient rapporté quelque 2 000 milliards de dollars au cours des six dernières années. En outre, la valeur de leurs avoirs à l’étranger était de 1 800 milliards de dollars fin 2007 et devrait atteindre 2 000 milliards fin 2008, selon l’Institut international de la finance (IIF). Fayçal Hassan, un économiste basé au Koweït, souligne que les monarchies du CCG ont établi leurs budgets sur la base d’un prix de moins de 50 dollars le baril de brut. « Malgré le déclin des cours du pétrole, les pays du CCG finiront l’année avec un excédent important. Je pense qu’aucun des mégaprojets en cours ne sera affecté », dit-il à l’AFP. Comme pour illustrer ses propos, le Koweït a annoncé hier des recettes pour les six premiers mois de l’année fiscale 2008/09 supérieures de 15 % à celles projetées pour toute l’année. Son excédent budgétaire pour ces six mois a atteint 33,7 milliards de dollars. Les marchés boursiers du Golfe ont cependant été sévèrement affectés par la crise financière mondiale, plongeant la semaine dernière de 20 %, soit des pertes de près de 200 milliards de dollars de leur capitalisation en quelques jours. Selon le Centre de recherche du Golfe (GRC), un institut basé à Dubaï, l’impact de la crise sur les économies de la région pourrait être profond, car le financement se fera plus rare et donc plus cher. « Le marché régional pour les grands projets immobiliers sera particulièrement affecté par cette crise du crédit », affirme cette étude, d’après laquelle certains de ces projets rencontreraient déjà des problèmes de financement. La manne pétrolière a entraîné le lancement de gigantesques projets dans les secteurs de l’énergie et de l’immobilier, mais aussi dans l’industrie et le tourisme. Ainsi, en Arabie saoudite, premier producteur mondial de brut, la valeur totale des projets à l’étude ou déjà en chantier est de près de 400 milliards de dollars, dont 44 % dans l’immobilier et 40 % dans le secteur énergétique, selon la firme saoudienne Jadwa Investments. De grands projets sont aussi en cours aux Émirats, au Koweït et au Qatar. Selon l’IIF, les investissements locaux devraient s’élever au total à 1 000 milliards USD durant les prochaines années. Ces projets colossaux ont conduit à une augmentation massive des dépenses publiques, passées de 150 milliards de dollars en 2004 à près de 300 milliards de dollars l’an dernier dans ces six pays, selon Jawda Investments. Mais l’économiste saoudien Ehsan Bu-Halaiga assure que le Golfe ne souffre d’aucun problème de liquidités, dans la mesure où « la région est un exportateur net de capitaux ». L’économiste Saïd al-Chaikh, économiste principal de la National Commercial Bank en Arabie saoudite, s’attend d’ailleurs au rapatriement d’une partie des avoirs du Golfe à l’étranger, comme ce fut le cas après les attentats du 11 septembre 2001. Les analystes prédisent que la crise touchera surtout le secteur privé, plus particulièrement l’immobilier aux Émirats et au Qatar.
La crise touchera surtout le secteur privé, plus particulièrement l’immobilier aux Émirats et au Qatar, estiment les analystes.
Les monarchies arabes du Golfe, dont l’économie dépend du pétrole, seront elles aussi touchées par les effets d’une récession mondiale, mais leurs revenus pétroliers, même en baisse, leur permettront d’amortir le choc, estimaient hier des analystes dans la région.
« Les économies du Golfe seront sans doute affectées, mais l’impact sera beaucoup moins fort que dans les pays industrialisés », a affirmé le directeur d’un centre saoudien d’études économiques, Abdelaziz al-Daghestani. « Le principal impact sera une baisse de la demande en pétrole et, par conséquent, des revenus. Mais l’énorme manne accumulée ces dernières années aidera le Golfe à résister à la...