La pluie est décidément arrivée au bon moment, éteignant les incendies monstres qui avaient éclaté ces derniers jours au Chouf et ailleurs, évitant que la catastrophe que les autorités n’avaient pas les moyens d’arrêter n’ait des conséquences encore plus graves. Mais les dégâts et les chiffres n’en sont pas moins impressionnants.
Selon Sawsan Bou Fakhreddine, directrice de l’Association de développement et de conservation des forêts (AFDC), la superficie totale des forêts qui ont brûlé lundi et mardi, à Debbiyeh et ailleurs, est de 730 hectares… sachant que la superficie des espaces verts brûlés depuis avril (la saison a commencé exceptionnellement tôt) est de 734,5 hectares. Presque autant que ce qui a disparu en un seul jour ! Mme Bou Fakhreddine a également déploré que la chambre d’opérations pour une détection précoce des feux, entièrement financée à hauteur de 50 000 dollars par la campagne nationale pour la préservation des forêts, gérée par l’AFDC et le ministère de l’Environnement, soit restée non opérationnelle parce que le personnel nécessaire n’a pas encore été désigné.
Mme Bou Fakhreddine s’exprimait au cours d’une conférence de presse organisée hier au Parlement par la commission parlementaire de l’Environnement, en présence de son président le député Akram Chehayeb, et par le parti des Verts, représenté par son président Philippe Skaff, en présence de représentants d’ONG écologiques. M. Chehayeb a estimé que « la solution ne réside pas seulement aux mains de la Défense civile ni dans l’enthousiasme de l’armée et de la population ». Il a réitéré « la nécessité de créer une force spéciale entraînée et équipée, dont la décision serait centrale, qui profiterait d’un système de détection précoce et qui serait capable d’une intervention rapide ». Il a enfin appelé à l’adoption rapide du projet de loi sur la préservation des terrains boisés, ravagés par les incendies.
M. Skaff, pour sa part, a affirmé que le parti des Verts préconisait l’annonce d’un état d’urgence écologique dans le pays. Il a rappelé qu’en soixante ans, la proportion de forêts a dramatiquement baissé, pour ne plus représenter que 12 % du territoire, estimant que, si on voulait la ramener à 20 %, il fallait planter 36 millions d’arbres et dépenser quelque 500 millions de dollars. M. Skaff a par ailleurs annoncé que son parti allait présenter, dans les prochaines semaines, un projet de stratégie de reboisement, et qu’il continuerait à revendiquer la création d’une police verte.
Sur un autre plan, la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice, réunie hier sous la présidence du député Robert Ghanem, a commencé à examiner le projet de loi pour la préservation des terrains boisés ravagés par les incendies en vue d’empêcher que leur utilisation ne soit modifiée.
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Selon Sawsan Bou Fakhreddine, directrice de l’Association de développement et de conservation des forêts (AFDC), la superficie totale des forêts qui ont brûlé lundi et mardi, à Debbiyeh et ailleurs, est de 730 hectares… sachant que la superficie des espaces verts brûlés depuis avril (la saison a commencé exceptionnellement tôt) est de 734,5 hectares. Presque autant que ce qui a disparu en un seul jour ! Mme Bou Fakhreddine a également déploré que la chambre d’opérations...