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Actualités - Analyse

L’éclairage de Philippe Abi-Akl L’homme à la valise… diplomatique

Riyad est la sixième étape d’une tournée qui, en cinq mois, a déjà conduit le président Sleiman en France, en Syrie, au Qatar, aux Nations unies et aux États-Unis. Le chef de l’État a débattu avec les dirigeants saoudiens de nombreux dossiers. Il était, dès lors, escorté par une importante délégation de ministres qualifiés, de hauts fonctionnaires, d’officiers et de journalistes. Mais, bien entendu, ses entretiens avec le roi Abdallah comme avec le prince héritier, l’émir Sultan, étaient principalement d’ordre politique, avec un zeste d’économie. Le président a remercié chaleureusement ses hôtes pour le soutien indéfectible apporté au Liban, malgré l’attitude négative et les critiques de certaines fractions locales ou régionales. Malgré, par exemple, les assertions que le royaume alimente des mouvements fondamentalistes subversifs. Ou qu’il s’immisce abusivement dans les affaires intérieures libanaises. Le président a donc certifié la détermination du Liban à continuer à entretenir des liens étroits de coordination et de coopération avec Riyad. Il a expliqué les engagements pris dans son discours d’investiture, précisant qu’en tant que président de consensus, il œuvre pour les réconciliations et reste ouvert à tous les leaderships locaux, ainsi qu’à toutes les composantes du monde arabe. Le chef de l’État ne va pratiquement pas « déboucler » ses bagages : il repart le 17 pour Québec où se tient le Sommet de la francophonie. En multipliant les voyages, il s’efforce de compenser la longue absence forcée de la légalité libanaise, du moins au top niveau et du moins non contestée, sur la scène internationale. On sait en effet que des portes étaient souvent fermées devant son prédécesseur, rejeté par les représentants de la légitimité et, du reste, boudé sur place par la plupart des antisyriens. Cela étant, le président Sleiman marque son libanisme propre en précisant clairement, devant ses interlocuteurs étrangers, son refus d’impliquer le Liban dans toute sorte de lutte des axes. Surtout quand il s’agit de conflits interarabes. Il souligne qu’un pays petit et composite comme le nôtre ne peut assumer le poids et les retombées de ces bras de fer extérieurs. Et que, selon la vieille devise, le Liban est avec les Arabes quand ils s’entendent, et se déclare neutre quand ils ne le font pas. Car ils sont tous des frères pour lui. Ajoutant qu’il tient à entretenir les meilleures relations, c’est-à-dire les plus saines possibles, avec la Syrie, son plus proche voisin. Retour à l’Arabie saoudite. À la veille de la visite du président Sleiman, le général Michel Aoun a tiré à boulets rouges sur Riyad, l’accusant de tenter de modifier l’équation établie à Taëf, à travers le retrait syrien militaire du Liban, en faveur d’une situation de troubles, de tensions et d’instabilité marquée. Ces propos, le général les a tenus en prélude à la visite qu’il doit effectuer à Téhéran. La majorité n’a pas manqué de le critiquer, en soulignant l’inopportunité de sa démarche qui semble dirigée contre le président de tous les Libanais. Les loyalistes ajoutent que Aoun a sans doute choisi son timing pour détourner l’attention de ce que la Syrie a pu commettre le 13 octobre 1990. Car, selon eux, il ne souhaite pas indisposer Damas. Ils concluent que, sans ses attaques contre l’Arabie saoudite, Aoun aurait sans doute fait positivement écho à la mission du président Sleiman, en se rendant lui-même en Iran. Montrant ainsi l’ouverture des Libanais, chrétiens en tête, sur tous. À noter enfin que le général Issam Abou-Jamra a fait partie de la délégation en Arabie.
Riyad est la sixième étape d’une tournée qui, en cinq mois, a déjà conduit le président Sleiman en France, en Syrie, au Qatar, aux Nations unies et aux États-Unis. Le chef de l’État a débattu avec les dirigeants saoudiens de nombreux dossiers. Il était, dès lors, escorté par une importante délégation de ministres qualifiés, de hauts fonctionnaires, d’officiers et de journalistes. Mais, bien entendu, ses entretiens avec le roi Abdallah comme avec le prince héritier, l’émir Sultan, étaient principalement d’ordre politique, avec un zeste d’économie.
Le président a remercié chaleureusement ses hôtes pour le soutien indéfectible apporté au Liban, malgré l’attitude négative et les critiques de certaines fractions locales ou régionales. Malgré, par exemple, les assertions que le royaume alimente des...