Le permis de conduire, on l’obtient toujours n’importe comment au Liban. Pas besoin pour cela de savoir conduire. Pas besoin non plus de connaître le code de la route. Il est juste nécessaire de garnir généreusement la poche du fonctionnaire du service de la mécanique par l’intermédiaire des bureaux d’apprentissage de la conduite.
Le système est simple et profite à tous, aussi bien aux jeunes conducteurs pressés d’avoir leur permis en poche qu’aux fonctionnaires peu scrupuleux qui arrondissent ainsi grassement leurs fins de mois. Il profite aussi aux bureaux d’apprentissage qui affichent des taux de réussite absolue et garnissent leurs caisses sans nécessairement enseigner la conduite.
Le secret consiste pour les bureaux d’apprentissage à payer une sorte de redevance au service de la mécanique pour chaque candidat. En fonction de l’importance de cette taxe, le candidat recevra son permis de conduire « à la maison », autrement dit sans se déplacer, pour 500 000 LL, ou passera un simulacre d’examen pour 400 000 LL qu’il réussira de toute manière, alors que les frais d’examen ne dépassent pas 270 000 LL. Et gare au bureau qui ne se pliera pas à cette « règle » : il sera tout simplement fermé.
L’histoire d’un père de famille soucieux de respecter la loi est là pour confirmer cette pratique. Ce père avait inscrit son fils de 18 ans à un bureau d’apprentissage de la conduite, demandant avec insistance que son fils, qui n’avait jamais touché un volant de sa vie, apprenne correctement à conduire. Le programme prévu pour l’apprentissage du jeune Hassan s’étalait de 3 semaines à 1 mois, en fonction de son habileté au volant. Mais au bout de seulement quatre jours d’apprentissage, le jeune homme rentre à la maison, brandissant triomphalement son nouveau permis de conduire. « Ils ont inscrit son nom sur la liste des candidats, lui ont demandé de garer la voiture puis lui ont remis son permis », raconte le père tout penaud.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. À l’agence où le père s’est plaint que son fils ne pouvait encore obtenir son permis car il ne savait toujours pas conduire, on lui répond tout simplement : « Vous avez payé, vous avez droit au permis. Mais on continuera à lui apprendre à conduire si vous le désirez. »
Voilà comment on obtient son permis de conduire au Liban, ce permis baptisé « ticket pour la mort » par le père du jeune Hassan, alors que selon les statistiques de l’Association des jeunes pour l’éveil social (YASA), la route a tué 870 personnes et fait quelques 11 400 blessés en 2007.
Ces chiffres n’impressionnent malheureusement plus personne, pas plus le fait que des permis de conduire ont été délivrés à un aveugle et à une personne décédée l’année dernière.
Jusqu’où la corruption mènera-t-elle donc les fonctionnaires crapuleux ?
Le permis de conduire, on l’obtient toujours n’importe comment au Liban. Pas besoin pour cela de savoir conduire. Pas besoin non plus de connaître le code de la route. Il est juste nécessaire de garnir généreusement la poche du fonctionnaire du service de la mécanique par l’intermédiaire des bureaux d’apprentissage de la conduite.
Le système est simple et profite à tous, aussi bien aux jeunes conducteurs pressés d’avoir leur permis en poche qu’aux fonctionnaires peu scrupuleux qui arrondissent ainsi grassement leurs fins de mois. Il profite aussi aux bureaux d’apprentissage qui affichent des taux de réussite absolue et garnissent leurs caisses sans nécessairement enseigner la conduite.
Le secret consiste pour les bureaux d’apprentissage à payer une sorte de redevance au service de la mécanique pour chaque...
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