Bien que le Parlement eût pratiquement dépouillé la nouvelle loi
électorale des réformes proposées par la commission Boutros et défendues par
le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, ce dernier reste déterminé à œuvrer pour
la réalisation de ces réformes.
Dans une interview accordée au site Internet elnashra, le ministre de l’Intérieur a indiqué que « le dossier des réformes n’est pas facile dans une société politique qui y est réfractaire ». Soulignant que la réforme électorale est un processus enclenché depuis des années, il a précisé que celui-ci s’est consolidé en 1996, avec le lancement de la campagne civile pour la réforme électorale « à laquelle des dizaines de personnalités influentes avaient pu prendre part ».
M. Baroud a indiqué que si la loi Boutros avait pu être examinée « le temps qu’il faut, de nombreux articles auraient pu être mis en application, sachant que l’accord de Doha avait barré la voie à deux éléments essentiels dans une loi électorale : le découpage électoral et la nature du système électoral ». « Il est regrettable que le Parlement n’ait pas, comme la commission Boutros, abordé la loi électorale en tant que tout », a-t-il ajouté.
« En tout état de cause, a poursuivi M. Baroud, je suis un ministre qui applique la loi adoptée par le Parlement, conformément au principe de la séparation des pouvoirs. Si ma démission pouvait améliorer les élections, je n’aurai pas hésité un instant à franchir ce pas. Je pense cependant que ma mission principale est de favoriser les réformes », a-t-il encore dit en rappelant qu’il reste encore à déterminer l’organisation de la consultation populaire en un seul jour, la mise en place d’une instance pour superviser le scrutin, ainsi qu’une gestion neutre des élections, l’approbation de deux mécanismes pour le vote des émigrés et personnes à besoins spéciaux ainsi que le vote à l’aide de la carte d’identité ou du passeport.
M. Baroud a ensuite affirmé qu’il élabore avec le président de la République un plan « qui permettra aux émigrés de sentir qu’ils participent au processus électoral, même indirectement, soit en distribuant des urnes fictives dans les ambassades du Liban dans les pays de l’émigration, soit en votant via Internet ». L’intérêt de ces deux mesures est qu’elles impliqueront les émigrés et prépareront la voie aux élections de 2013.
Concernant les cartes d’identité, le ministre a expliqué que 3 millions 700 mille ont déjà été distribuées aux Libanais et 160 000 ont été achevées et doivent être retirées. Près de 700 000 doivent encore être faites. Selon lui, un nouveau mécanisme pour l’obtention des cartes d’identité doit être annoncé sous peu, lors d’une conférence de presse.
Chasse et sécurité
Sur un autre plan, M. Baroud a adressé au ministère de l’Environnement une lettre dans laquelle il lui demande d’examiner le problème de la sécurité publique, lorsque les chasseurs sévissent dans les différentes régions libanaises et de l’informer des résultats de l’étude, afin que son département prenne les mesures qui s’imposent pour assurer la sécurité des individus et veiller à l’application des lois et des règles en vigueur.
M. Baroud a fait état d’un grand nombre de plaintes qui parviennent à son département de la part de personnes dénonçant des infractions mettant en danger la vie des gens, lors d’opérations de chasse, le plus souvent illégales.
Ces infractions sont parfois mortelles, a expliqué le ministre dans sa missive, précisant que dans le Akkar, un chasseur a tiré par mégarde sur son camarade, le tuant net, et qu’à Chahtoul, une autre personne a succombé à ses blessures après avoir été blessée durant une partie de chasse.
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