La crise financière s’aggrave en Europe avec les risques de faillite de banques.
Les Bourses mondiales ont connu un nouveau lundi noir, effrayées par l’ampleur de la crise financière et les risques de faillite de banques.
« C’est la panique générale. Tout le monde espérait après l’adoption du plan Paulson aux États-Unis et les opérations de sauvetage en Europe que les choses se calmeraient. Mais en réalité, il y a toujours des craintes d’effet domino », a déclaré à l’AFP Adrian Van Tiggelen, stratège principal chez ING Investment à Amsterdam.
Les ravages ont été énormes en Europe : Paris a connu la plus forte baisse depuis la création de son indice CAC 40, avec un recul de 9,04 %. Londres a chuté de 7,85 %, Francfort de 7,07 %, Zurich de 6,12 %. L’indice RTS de la Bourse de Moscou a pour sa part clôturé sur une baisse record de 19 %, soit sa plus forte chute sur une séance. L’indice paneuropéen Eurostoxx 50 a abandonné 7,86 %, portant son recul depuis le début de l’année à près de 35 %.
Au Brésil, les cotations ont été suspendues automatiquement alors que la Bourse perdait plus de 10 %, avant de reprendre après une heure d’interruption, toujours en forte baisse.
La journée avait déjà mal commencé en Asie avec un recul de 4,25 % à Tokyo, 4,97 % à Hong Kong, alors que Djakarta avait chuté de plus de 10 %.
Wall Street, très attentif à la situation en Europe, perdait environ 6 % en milieu de journée.
Les effets du plan de 700 milliards de dollars, voté vendredi par le Congrès et promulgué dans la foulée par le président George W. Bush, vont se faire attendre alors que les établissements financiers sont pris à la gorge par l’assèchement du crédit sur les marchés mondiaux.
Ce plan « fait peu pour soulager la contraction du marché du crédit », car il « ne s’attaque pas directement aux problèmes de fond des marchés financiers, mais simplement aux conséquences de la crise », relevaient les analystes de BNP Paribas.
S’ajoutait à l’anxiété générale le cas de la banque allemande Hypo Real Estate (HRE) en Allemagne, renflouée in extremis dimanche soir par le gouvernement et les autres banques allemandes grâce à un apport en liquidités de 50 milliards d’euros. Cela n’a pas empêché le cours de HRE de chuter de plus de 37 % lundi à Francfort. Ses difficultés font craindre une propagation à l’ensemble du secteur bancaire européen alors que celui-ci connaît une phase de consolidation accélérée.
La dernière étape en date est la prise de contrôle par la française BNP Paribas du bancassureur belgo-luxembourgeois Fortis, les États belges et luxembourgeois rentrant en retour au capital de la banque française.
Les investisseurs craignent que la crise ne fasse de nouvelles victimes parmi les banques européennes tandis que les gouvernements ont encore tenté de rassurer les épargnants. Plusieurs gouvernements européens ont annoncé des mesures de garantie des dépôts, à l’instar de l’Irlande. Le gouvernement britannique réfléchirait à son tour à adopter un plan général de sauvetage des banques, qui passerait par une recapitalisation par l’État, a affirmé hier la presse britannique, mais le ministre des Finances Alistair Darling est resté publiquement évasif sur la question.
Au-delà des initiatives nationales, les Européens ont continué de débattre de la manière de répondre à la crise au niveau de l’Union après la réunion samedi à Paris d’un G4 entre dirigeants allemand, britannique, français et italien qui n’est pas allé au-delà des déclarations d’intention. Les ministres des Finances des quinze pays de la zone euro se sont retrouvés lundi à Luxembourg pour leur réunion mensuelle. La réunion s’élargira aux 27 ministres de l’UE mardi.
À Paris, le président français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’UE, a assuré que « les gouvernements des 27 pays de l’UE » sont « unis, solidaires et déterminés » face à la crise et que « chacun d’entre (eux) prendra toutes mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier ». Mais les divergences restent fortes, notamment autour de l’idée d’un fonds commun européen pour aider les banques en difficulté.
Source de toutes les difficultés, le marché interbancaire continuait d’être totalement bloqué et les taux continuaient d’augmenter. L’Euribor à trois mois, l’un des taux de référence, atteignait de nouveau un niveau historique pour le septième jour consécutif à 5,345 %.
La Banque centrale européenne (BCE) a continué lundi ses opérations de soutien au marché en annonçant un nouvel appel d’offres de 50 milliards de dollars.
La Fed a indiqué de son côté que les banques pourront se refinancer en octobre et en novembre à hauteur de 600 milliards de dollars (au lieu de 300 milliards prévus) par le biais de ses enchères de refinancement à terme.
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Les Bourses mondiales ont connu un nouveau lundi noir, effrayées par l’ampleur de la crise financière et les risques de faillite de banques.
« C’est la panique générale. Tout le monde espérait après l’adoption du plan Paulson aux États-Unis et les opérations de sauvetage en Europe que les choses se calmeraient. Mais en réalité, il y a toujours des craintes d’effet domino », a déclaré à l’AFP Adrian Van Tiggelen, stratège principal chez ING Investment à Amsterdam.
Les ravages ont été énormes en Europe : Paris a connu la plus forte baisse depuis la création de son indice CAC 40, avec un recul de 9,04 %. Londres a chuté de 7,85 %, Francfort de 7,07 %, Zurich de 6,12 %. L’indice RTS de la Bourse de Moscou a pour sa part...