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Actualités - Chronologie

Polémique Le 14 Mars unanime : La Syrie ne retournera pas

Les propos tenus en début de semaine par le président syrien Bachar el-Assad affirmant que le Liban-Nord est devenu « une base pour l’extrémisme » menaçant la Syrie ont suscité un véritable tollé dans les milieux du 14 Mars au Liban. La plupart des commentateurs se sont accordés ces derniers jours pour déceler dans les propos du président Assad à La Revue du Liban une arrière-pensée dissimulant une volonté de retourner au pays du Cèdre. Tous se sont également rejoints pour dire qu’un tel retour est impossible. Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est interrogé sur la signification des propos du chef de l’État syrien, qu’il a qualifiés de « dangereux ». « Si nous faisons un recensement au Liban-Nord, nous découvrirons que 99 % de sa population est constituée de modérés », a affirmé M. Geagea, tout en reconnaissant l’existence de « salafistes non jihadistes qui ont un point de vue politique et qui ne constituent de nuisance pour personne ». Selon lui, « le seul groupe jihadiste ayant fait son apparition au Liban-Nord est le Fateh el-Islam et tout le monde sait qu’il s’agit d’une création des services de renseignements syriens ». « C’est pourquoi je considère que les propos d’Assad constituent un prélude à une intervention militaire projetée. Il tente pour cela de suggérer que le Nord est une base pour le terrorisme, et cela est complètement faux », a-t-il dit. « Mais aujourd’hui n’est pas comme hier », a poursuivi le chef des FL. « La majorité écrasante du peuple libanais est contre toute intervention et c’est le cas aussi au niveau des États arabes et de la communauté internationale. Le président syrien se fait à lui-même des promesses qu’il ne pourra pas tenir, mais ses propos montrent qu’il n’a pas changé en trois ans et qu’il rêve toujours de dominer le Liban », a souligné M. Geagea. De son côté, le ministre d’État Waël Bou Faour (PSP) a vu dans les propos de M. Assad « une tentative de parasitage sur les réconciliations au Liban ». « Certains croient que l’histoire est cyclique et qu’elle peut se répéter à n’importe quel moment. Ce ne sont que des rêves. Aucun retour au Liban n’est possible. En affirmant que le Liban constitue une menace pour la Syrie, on cherche à nouveau à créer les conditions pour une nouvelle infiltration dans ce pays. Mais cela est irréaliste. Le contexte intérieur, arabe et international ne le permet pas », a ajouté M. Bou Faour. Pour son collègue Nassib Lahoud, les propos de M. Assad constituent une « injustice » pour le Liban-Nord. « Nous souhaitons une coopération entre les deux pays pour le contrôle de la frontière, à condition que la Syrie assure ce contrôle de son côté de la frontière et le Liban du sien », a-t-il dit. « Mais le plus important est que la Syrie traite avec le Liban de façon à préserver sa dignité et en sa qualité d’État indépendant et que le nouveau discours ne comporte aucune séquelle de l’ère de la tutelle », a ajouté M. Lahoud. Ahmad Fatfat, député de Denniyé (Courant du futur), s’est de son côté interrogé sur la concomitance entre les propos de M. Assad et l’attentat de lundi dernier à Tripoli. « Nous vivons au Liban-Nord et nous savons qu’il s’agit d’une région pacifique qui ne menace la sécurité de personne. Le Liban-Nord est petit et n’a pas beaucoup de moyens. Comment se pourrait-il qu’il soit une menace pour la Syrie qui déploie 10 000 soldats à sa frontière alors qu’elle ne déploie rien du tout sur le Golan ?» s’est-il interrogé. « Les observateurs ne peuvent pas ne pas voir au moins le fil conducteur entre l’attentat de Damas, celui de Tripoli et les propos du président syrien », a poursuivi M. Fatfat. Selon lui, « le régime syrien a fait fausse route. Il a cru un moment qu’il pourrait retourner au Liban. Mais il doit se rendre compte à présent que la position internationale unanime, y compris la position française en particulier, celle des États-Unis, des pays arabes et le contexte intérieur libanais ne le lui permettraient pas. Plus précisément, le peuple libanais n’accepterait pas un tel retour sous quelque forme que ce soit ». Mohammad Kabbara (Bloc de Tripoli) a utilisé des termes encore plus sévères à l’égard de M. Assad. « Une nouvelle fois, le président syrien tente de faire revivre ses rêves de revenir au Liban. Nous savons et ils savent qu’ils (les Syriens) ne pourront pas pénétrer sur un seul millimètre du territoire libanais et que les temps ont changé », a-t-il dit. Le ministre d’État Jean Oghassabian a développé un raisonnement similaire, estimant que la question d’un retour de la Syrie au Liban a été « définitivement tranchée ». Enfin le Daï el-islam Chahal (chef salafiste) a accusé le régime syrien et ses alliés au Liban de vouloir « semer la zizanie entre le mouvement salafiste et l’establishment militaire libanais afin de mettre la communauté sunnite tout entière face à l’armée ». Il a mis en garde M. Assad contre une incursion de l’armée syrienne au Liban-Nord, affirmant que cela « ouvrirait les portes de l’enfer et conduirait à quelque chose qui ressemble à l’Irak et à sa misère ». Pour Paris, il faut le « chacun chez soi » À Paris, une source diplomatique française, citée par l’agence al-Markaziya, a assuré que la situation au Liban n’était « pas très inquiétante » et que « le terrorisme dans ce pays ne peut être combattu que d’une seule façon : le renforcement de l’armée libanaise et des forces de sécurité et la consolidation des autorités et du prestige de l’État ». Pour cette source, « il faut un climat de coopération entre le Liban et la Syrie, mais chacun d’eux doit contrôler sa sécurité à l’intérieur de ses propres frontières ».
Les propos tenus en début de semaine par le président syrien Bachar el-Assad affirmant que le Liban-Nord est devenu « une base pour l’extrémisme » menaçant la Syrie ont suscité un véritable tollé dans les milieux du 14 Mars au Liban.
La plupart des commentateurs se sont accordés ces derniers jours pour déceler dans les propos du président Assad à La Revue du Liban une arrière-pensée dissimulant une volonté de retourner au pays du Cèdre. Tous se sont également rejoints pour dire qu’un tel retour est impossible.
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est interrogé sur la signification des propos du chef de l’État syrien, qu’il a qualifiés de « dangereux ».
« Si nous faisons un recensement au Liban-Nord, nous découvrirons que 99 % de sa population est constituée de modérés », a...