Cela faisait des lustres qu’on n’avait pas vu un policier muni de son carnet distribuer des contraventions aux automobilistes indisciplinés. Le spectacle est rassurant, amusant parfois, surtout lorsqu’un policier trop zélé s’amuse à scruter l’intérieur de votre voiture pour vérifier que vous portez bien votre ceinture.
Oui, mais le problème, c’est que les policiers déterminés à faire respecter le code de la route se comptent sur les doigts d’une seule main. Ici, un motard s’amuse à filer un inconditionnel du cellulaire. Là-bas, un agent de la circulation fait reculer illico un conducteur trop pressé et peut-être un peu daltonien pour n’avoir pas réussi à faire la distinction entre un feu rouge et un feu vert. De temps à autre, mais si rarement, les éléments d’un barrage routier contrôlent quelques automobilistes réfractaires et vérifient, mais oui, qu’ils ont bien un extincteur dans le coffre de leur voiture.
Résultat, le Libanais commence à se conformer... à l’obligation de porter sa ceinture de sécurité. Il n’y a pas à en douter. Mais c’est là que s’arrête le respect du code de la route.
Parce que, sur les routes, c’est toujours la même folie meurtrière, la même loi de la jungle, la même indiscipline, la même absence de courtoisie.
Parce que, au niveau des individus, c’est plus que jamais la même indifférence à l’importance de la sécurité routière, la même obstination à ne pas s’arrêter aux feux, à rouler à toute vitesse, à s’engager dans des sens interdits, à installer à l’avant des enfants en bas âge, à ne pas porter de casques pour les motards...
Parce que, au niveau du sérieux des agents de la circulation, pas grand-chose n’a changé, pour ne pas dire absolument rien. Postés aux carrefours de la capitale, nombre d’entre eux ne semblent pas concernés par la campagne lancée par le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud. Regroupés sur un trottoir, à l’un des carrefours les plus embouteillés de la capitale, bavardant entre eux, ils n’ont pas le moindre regard pour les automobilistes coincés dans un inextricable embouteillage, klaxonnant à qui mieux mieux, brûlant les feux rouges à volonté.
Et si, par miracle, l’un d’eux venait à se rappeler son devoir, c’est avec langueur et désintérêt qu’il tenterait de reprendre le contrôle de la rue, mais sans accorder la moindre attention aux chauffards ou motards récalcitrants, ni même aux fanas du cellulaire.
Dommage pour l’entrain du jeune ministre. Dommage surtout pour les citoyens qui ne goûteront pas, cette fois encore, au plaisir de la conduite en toute sécurité.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cela faisait des lustres qu’on n’avait pas vu un policier muni de son carnet distribuer des contraventions aux automobilistes indisciplinés. Le spectacle est rassurant, amusant parfois, surtout lorsqu’un policier trop zélé s’amuse à scruter l’intérieur de votre voiture pour vérifier que vous portez bien votre ceinture.
Oui, mais le problème, c’est que les policiers déterminés à faire respecter le code de la route se comptent sur les doigts d’une seule main. Ici, un motard s’amuse à filer un inconditionnel du cellulaire. Là-bas, un agent de la circulation fait reculer illico un conducteur trop pressé et peut-être un peu daltonien pour n’avoir pas réussi à faire la distinction entre un feu rouge et un feu vert. De temps à autre, mais si rarement, les éléments d’un barrage routier contrôlent quelques...