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Patrimoine Le jardin dévasté d’un descendant de Genghis Khan refleurit

Le jardin de Babur est un îlot de verdure dans une capitale afghane accablée par la chaleur et la poussière. Réhabilité depuis 2002 par l’Agence de l’Agha Khan pour la culture (AKTC), ce jardin de style persan, au pied d’une montagne aride, refleurit après des années de désolation due à la sécheresse et à la guerre civile. Le jardin de Babur offre sur 11 hectares un lieu de détente aux habitants qui s’y pressent de plus en plus nombreux, surtout les vendredis fériés. Sur les gazons et sous les bosquets ombragés, les familles y pique-niquent, les adolescents s’y retrouvent en groupes – garçons et filles chacun de leur côté – et les enfants y jouent. En période de ramadan, jeûne oblige, le jardin est plutôt un espace de repos où les hommes viennent faire la sieste, jouer aux cartes ou bavarder autour d’un transistor. Créé par Babur, fondateur de l’Empire moghol, conquérant des Indes et descendant autoproclamé de Genghis Khan, le jardin remonte au XVIe siècle. Bien que mort en Inde, Babur a été enterré dans son jardin sous une tombe de marbre noir et rose, situé dans le haut du jardin, derrière une petite mosquée, aujourd’hui rénovée, mais qui porte toujours les cicatrices d’éclats d’obus d’une guerre civile qui a dévasté la ville après le retrait des troupes soviétiques en 1989. C’est à cette époque que le jardin fut détruit : ses arbres centenaires coupés, ses palais d’été brûlés et ses plantations semées d’explosifs. « C’était un terrain triste, laissé à l’abandon. Le système d’irrigation ne marchait plus, les pompes avaient été volées et les gens venaient y couper du bois », se souvient Jolyon Leslie, le responsable de l’AKTC en Afghanistan qui a dirigé les travaux de restauration. Et dans un pays en proie à la misère et à la guerre, l’idée de dépenser de l’argent pour refaire un jardin a eu du mal à passer. « Les gens étaient plutôt incrédules et cyniques, et il nous a fallu travailler dur pour les convaincre que tout cela en valait la peine », ajoute M. Leslie, un Sud-Africain de 52 ans, dont 20 passés en Afghanistan. Les travaux, financés par l’Agha Khan, le chef spirituel des chiites ismaéliens, avec l’appui du gouvernement allemand, ont coûté près de cinq millions de dollars, dont un million pour les salaires de centaines d’ouvriers recrutés dans le quartier, selon M. Leslie. Le système d’irrigation a été rénové, du nouveau terreau semé, et des centaines de platanes, cerisiers, abricotiers et noisetiers plantés. Un petit chenal en marbre laisse l’eau courir, tel un ruisseau, depuis le haut du jardin, à travers des plantations de rosiers, avant que l’eau soit repompée et recyclée. Le mot-clé de la rénovation a été « de l’eau, de l’eau et encore de l’eau », selon M. Leslie. Dans le bas du jardin, un caravansérail a été reconstruit comme lieu de concerts, pièces de théâtre et expositions. Dans un autre coin du jardin, les habitants organisaient des combats de coqs, mais les gardiens, qui s’assurent que les visiteurs entrent sans armes à feu, ont découragé de telles pratiques, assure aujourd’hui un responsable. « Mon père vient tous les matins pour y marcher », raconte Shamsullah, un des gardiens. « Bien sûr, ce n’est pas comme dans le passé lorsqu’il y avait des arbres tricentenaires, mais tout cela repousse », ajoute-t-il. Mohammad Kassim, un étudiant de 20 ans, est venu avec un ami pour lire un livre. « C’est beau et j’aime beaucoup y pique-niquer », dit-il. « On peut également y voir des filles lorsqu’elles viennent en groupes. Mais on ne peut que les regarder, on ne peut pas leur parler », ajoute-t-il.
Le jardin de Babur est un îlot de verdure dans une
capitale afghane accablée par la chaleur et la poussière.
Réhabilité depuis 2002 par l’Agence de l’Agha Khan pour la culture (AKTC), ce jardin de style persan, au pied d’une montagne aride, refleurit après des années de désolation due à la sécheresse et à la guerre civile. Le jardin de Babur offre sur 11 hectares un lieu de détente aux habitants qui s’y pressent de plus en plus nombreux, surtout les vendredis fériés. Sur les gazons et sous les bosquets ombragés, les familles y pique-niquent, les adolescents s’y retrouvent en groupes – garçons et filles chacun de leur côté – et les enfants y jouent. En période de ramadan, jeûne oblige, le jardin est plutôt un espace de repos où les hommes viennent faire la sieste, jouer aux cartes ou bavarder autour...