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La Fed ne cesse d’étendre ses interventions, au mépris des risques

Les dernières banques d’affaires américaines renoncent à leur statut. La Réserve fédérale américaine, qui n’a cessé d’étendre le champ de ses interventions au cours des six derniers mois, a accepté une responsabilité supplémentaire en devenant l’autorité de tutelle des banques d’affaires, les établissements financiers au profil le plus risqué. « La responsabilité de la Réserve fédérale est de mettre en œuvre la politique monétaire, et d’agir comme prêteur de dernier ressort. Elle est allée bien au-delà », estime Allan Meltzer, un professeur d’économie qui a déjà travaillé comme consultant auprès de la Fed, interrogé par l’AFP. Dimanche soir, la Fed a annoncé qu’elle avait accepté le changement de statut et de structure de Morgan Stanley et Goldman Sachs. Et dans la foulée, la Banque centrale a accepté de leur prêter de l’argent. En effet, les deux dernières grandes banques d’affaires américaines, Goldman Sachs et Morgan Stanley, ont renoncé hier à leur statut pour devenir de simples holdings bancaires, au terme d’une folle semaine sur les marchés financiers qui avait remis en cause tout leur modèle de fonctionnement. La Fed a précisé que sans attendre, elle autorisait la Fed de New York à accorder un crédit aux maisons de courtage de Morgan Stanley et de Goldman Sachs, pour leur accorder une « aide accrue avec les liquidités » durant la phase de transition. Jusqu’ici supervisée par le régulateur boursier, la SEC, les deux dernières banques d’affaires de Wall Street vont désormais être contrôlées par la Banque centrale. En échange du respect de règles plus strictes, elles ont désormais accès aux facilités de soutien financier de la Fed. Cette annonce est venue cinq jours après celle d’un prêt de 85 milliards de dollars à l’assureur AIG, en échange de 79,9 % de son capital. La Fed était déjà sortie de son rôle en mars, lorsqu’elle avait dû consentir des conditions financières très avantageuses à la banque JPMorgan Chase pour empêcher la faillite de la banque d’affaires Bear Stearns, qui n’était pas pourtant de sa responsabilité immédiate. En échange, la Banque centrale a reçu un portefeuille de 29 milliards de dollars d’actifs invendables, qu’il lui faut désormais gérer comme un vulgaire « hedge fund » (fonds à risque). Le 14 septembre, pour atténuer l’impact du dépôt de bilan de la banque d’affaires Lehman Brothers, la Réserve fédérale avait également accepté de recevoir des banques des titres risqués et difficilement vendables en échange de bon argent sonnant et trébuchant. Par ailleurs, la Fed a annoncé vendredi qu’elle allait aider les banques à acheter des titres aux Sicav monétaires, par des prêts au taux d’escompte. Sans oublier qu’elle est le principal acteur du plan de soutien aux organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, qui se refinancent à des conditions avantageuses auprès d’elle, et à qui elle rachète des obligations. Enfin son rôle reste à préciser dans le vaste plan du Trésor pour débarrasser les banques des actifs hautement risqués accumulés pendant la montée des prix de l’immobilier, et maintenant invendables. Devenue actionnaire et investisseur, la Fed peut-elle encore mener sa mission de manière indépendante, sans que ses intérêts patrimoniaux récents ne viennent interférer dans son fonctionnement ? Pour M. Meltzer, qui l’estime victime « de pressions du Congrès et de Wall Street », « c’est la première fois que la Fed a abandonné son indépendance ». « Elle en avait déjà abandonné un peu par le passé, mais elle est allée plus loin cette fois, et ce sera difficile pour elle à l’avenir de voir comment elle pourra la récupérer », ajoute l’universitaire. Le linguiste Noam Chomsky s’est aussi emparé du sujet, écrivant que « l’intervention sans précédent de la Fed peut se justifier ou non à très court terme, mais elle révèle, une fois de plus, le caractère profondément antidémocratique des institutions capitalistes étatiques, destinées dans une large mesure à socialiser les coûts et privatiser le profit, sans que l’opinion publique ait droit au chapitre ».
Les dernières banques d’affaires américaines renoncent à leur statut.
La Réserve fédérale américaine, qui n’a cessé d’étendre le champ de ses interventions au cours des six derniers mois, a accepté une responsabilité supplémentaire en devenant l’autorité de tutelle des banques d’affaires, les établissements financiers au profil le plus risqué.
« La responsabilité de la Réserve fédérale est de mettre en œuvre la politique monétaire, et d’agir comme prêteur de dernier ressort. Elle est allée bien au-delà », estime Allan Meltzer, un professeur d’économie qui a déjà travaillé comme consultant auprès de la Fed, interrogé par l’AFP.
Dimanche soir, la Fed a annoncé qu’elle avait accepté le changement de statut et de structure de Morgan Stanley et Goldman Sachs. Et dans la foulée, la...