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Israël Livni : Des défis difficiles nous attendent

La nouvelle dirigeante du parti au pouvoir a réuni hier sa direction afin de resserrer les rangs après sa courte victoire aux primaires. La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, élue de justesse mercredi à la tête du parti Kadima (formation centriste), a convoqué hier près de Tel-Aviv le groupe parlementaire et les ministres du parti, alors qu’elle engageait ses tractations pour la formation d’un nouveau gouvernement. Le grand absent lors de cette réunion était son principal rival, le ministre des Transports Shaul Mofaz, qui a provoqué jeudi la surprise en annonçant qu’il se retirait provisoirement de la vie politique après sa défaite aux primaires. Mme Livni l’a toutefois appelé à « rejouer un rôle de dirigeant à mes côtés », alors qu’elle était entourée par les deux autres candidats malheureux à la direction du parti, le ministre de l’Intérieur, Meïr Shetreet, et celui de la Sécurité intérieure, Avi Dichter. « Il nous faut agir vite (...) Nous n’avons pas de temps à perdre en chamailleries politiques », a encore déclaré Mme Livni, ajoutant : « Des défis difficiles nous attendent en tant que nation. Kadima est le parti qui dirige le pays et il doit continuer encore à le faire pendant des années. » « J’ai besoin d’une pause pour décider de mon avenir », avait expliqué M. Mofaz. Il exprimait son mécontentement, d’après ses proches, suite à des irrégularités qui, selon eux, se sont produites au cours des primaires, et notamment que la fermeture de certains bureaux de vote ait été repoussée alors que les télévisions annonçaient une victoire nette de Mme Livni, à partir de sondages de sortie des urnes. Selon les médias, il n’est cependant pas exclu à terme que M. Mofaz retourne au Likoud (droite), dont il est idéologiquement proche. Le chef de l’opposition et dirigeant de ce parti, Benjamin Netanyahu, s’est d’ailleurs empressé de lui apporter un hommage appuyé. Mme Livni s’est par ailleurs prononcée pour le maintien de la coalition sous sa forme actuelle, qui s’appuie sur quelque 65 députés. « Il n’y a aucune raison de changer la composition de la coalition », a-t-elle estimé. Elle a également souligné le « besoin de stabiliser au plus vite » la situation politique, en réduisant la période d’incertitude liée à un changement de gouvernement. Elle avait rencontré jeudi soir le vice-Premier ministre Eli Yishaï, chef du parti ultraorthodoxe Shass, qui a qualifié l’entrevue de « cordiale ». Le sort de la future coalition que Mme Livni entend former dépend de la position du Shass. M. Yishaï a déjà posé des conditions à la participation de son parti à un gouvernement Livni, notamment que celui-ci « écarte toute négociation sur l’avenir de Jérusalem ». Le statut futur de la partie orientale de la ville, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, constitue une des principales pierres d’achoppement dans les pourparlers avec les Palestiniens. Il a aussi exigé une hausse des allocations familiales, ce qu’a exclu jusqu’à présent Mme Livni. Après la démission prochaine du Premier ministre Ehud Olmert, Mme Livni disposera d’un délai de 42 jours pour rassembler une nouvelle majorité, faute de quoi des élections anticipées pourraient avoir lieu sous 90 jours. La législature actuelle n’est censée s’achever qu’à la fin 2010. M. Olmert, mis en cause dans plusieurs affaires de corruption, devrait confirmer demain au cabinet sa décision de démissionner. Il restera à la tête d’un gouvernement de transition, le temps qu’un nouveau cabinet soit formé. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a téléphoné jeudi à Mme Livni pour la féliciter de sa victoire, après que le négociateur palestinien Saëb Erakat eut exprimé mercredi l’espoir que son élection à la tête du parti entraînerait des négociations « sérieuses ». Mme Livni est directement impliquée dans les négociations qui, jusqu’alors, n’ont pas débouché sur une percée concernant les dossiers centraux, alors qu’Israéliens et Palestiniens tentent de parvenir à un accord de paix avant la fin de l’année.
La nouvelle dirigeante du parti au pouvoir a réuni hier sa direction afin de resserrer les rangs après sa courte victoire aux primaires.
La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, élue de justesse mercredi à la tête du parti Kadima (formation centriste), a convoqué hier près de Tel-Aviv le groupe parlementaire et les ministres du parti, alors qu’elle engageait ses tractations pour la formation d’un nouveau gouvernement. Le grand absent lors de cette réunion était son principal rival, le ministre des Transports Shaul Mofaz, qui a provoqué jeudi la surprise en annonçant qu’il se retirait provisoirement de la vie politique après sa défaite aux primaires. Mme Livni l’a toutefois appelé à « rejouer un rôle de dirigeant à mes côtés », alors qu’elle était entourée par les deux autres...