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Irak À Bagdad, le marché immobilier renaît de ses cendres

En quelques mois, le prix des logements a doublé dans certains quartiers de la capitale. Encore moribond il y a un an, le marché immobilier de la capitale irakienne a été nettement relancé ces derniers mois par la baisse des violences, mais les demandes de logement montrent que chiites et sunnites restent profondément divisés. En quelques mois, les prix de l’immobilier ont doublé dans certains quartiers de Bagdad et de nombreux biens sont achetés ou loués à peine mis sur le marché, signalent les agences immobilières. « L’an dernier, il y avait de nombreux biens immobiliers à vendre et aucun acheteur. Maintenant c’est l’inverse, il n’y a pas assez d’offres. Dès qu’un bien est mis en vente, il est vendu », remarque Abdullah Jassim, de l’agence al-Noor. Toutefois, de nombreux chiites et sunnites demandent à habiter dans des quartiers où ne vivent que des membres de leur communauté. Ce phénomène tend à accentuer la hausse de l’immobilier. « Il y a maintenant des quartiers réservés pour chaque communauté. Tout le monde sait que si vous allez dans tel quartier, vous appartenez à celle-ci, et si vous allez dans tel autre, à celle-là », remarque Mahmoud al-Mokhtar. De nombreux Irakiens ont fui leur foyer face à la flambée de violence qui a suivi l’attentat contre la Mosquée d’or de Samarra, lieu saint de l’islam chiite, en février 2006. L’Irak compte quelque 2,8 millions de déplacés, la majorité étant originaires de Bagdad. Difficiles retours d’exil Aujourd’hui, les chiites ayant, par exemple, fui le quartier de Karkh veulent revenir vivre dans le quartier de Roussafa avec leurs coreligionnaires, note un agent immobilier. Roussafa étant deux fois moins grand que Karkh, la demande a fait augmenter les prix. Même à Karkh, où la rue Haïfa était il y a peu considérée comme un repaire pour el-Qaëda, les prix ont doublé en six mois, remarque Monawar al-Zoubaïdi, investisseur immobilier. Un appartement « de luxe » de 150 m2 avec trois chambres y coûte désormais 130 000 dollars. Les Irakiens revenant d’exil à l’étranger représentent environ 20 % des demandes de logement à Bagdad, estime Zoubaïdi. Selon Mokhtar, ils sont surpris par la flambée des prix durant leur absence. « On ne peut rien faire avec les Irakiens qui reviennent de l’étranger. Quand je leur montre des maisons, ils ne peuvent pas croire leur prix et me demandent comment ils pourraient payer autant. Ils me disent “à ce prix-là, je pourrais acheter une villa en Tunisie” », raconte Mokhtar. Si miser sur l’amélioration de la sécurité à Bagdad pour investir dans la pierre devrait s’avérer payant, certains agents immobiliers notent que tabler sur la division durable des communautés religieuses pourrait l’être encore plus. « Il y a des sunnites qui achètent toutes les maisons chiites dans les quartiers sunnites, et inversement. Ils investissent, en sachant que les sunnites veulent vivre avec des sunnites, et les chiites avec des chiites », assure Zoubaïdi. Tous les secteurs de Bagdad ne connaissent toutefois pas cette situation. Dans le quartier à majorité sunnite de Hay al-Djamia, jadis huppé, l’instabilité persistante maintient les prix à un niveau faible. « La semaine dernière, une famille chiite est revenue à Hay al-Djamia. Ils ont reçu un message leur disant qu’ils avaient 72 heures pour quitter les lieux. L’armée ne peut pas grand-chose contre ça », raconte Mokhtar.
En quelques mois, le prix des logements a doublé dans certains quartiers de la capitale.
Encore moribond il y a un an, le marché immobilier de la capitale irakienne a été nettement relancé ces derniers mois par la baisse des violences, mais les demandes de logement montrent que chiites et sunnites restent profondément divisés.
En quelques mois, les prix de l’immobilier ont doublé dans certains quartiers de Bagdad et de nombreux biens sont achetés ou loués à peine mis sur le marché, signalent les agences immobilières.
« L’an dernier, il y avait de nombreux biens immobiliers à vendre et aucun acheteur. Maintenant c’est l’inverse, il n’y a pas assez d’offres. Dès qu’un bien est mis en vente, il est vendu », remarque Abdullah Jassim, de l’agence al-Noor.
Toutefois, de nombreux chiites et sunnites...