L’attentat mené à l’aide de deux voitures piégées qui a fait 16 morts a été revendiqué par un mystérieux groupe islamiste.
L’ambassade des États-Unis au Yémen, qui avait déjà échappé cette année à une attaque de la branche locale d’el-Qaëda, a été la cible hier d’un attentat-suicide mené à l’aide de deux voitures piégées qui a fait au moins 10 morts, en plus de six assaillants, selon une source officielle.
Un bilan fourni par le ministère de l’Intérieur indique qu’outre ces six hommes, six soldats et quatre civils, dont une ressortissante indienne, ont péri dans cette attaque, l’une des plus sanglantes de l’histoire du Yémen.
Le nombre des blessés n’est pas connu, mais un communiqué de l’ambassade américaine indique que des membres des forces de sécurité yéménites et « plusieurs citoyens yéménites qui attendaient d’entrer dans l’ambassade » ont été blessés. À Washington, un responsable américain, qui a requis l’anonymat, a déclaré à l’AFP qu’aucun Américain n’avait été blessé.
Pour des raisons de sécurité, le bâtiment abritant la chancellerie est situé à environ 150 m de l’entrée proprement dite du complexe et de la route.
L’explosion a été d’une telle violence que des morceaux de chair sont retombés à une centaine de mètres de là, selon des résidents. Selon plusieurs témoins anonymes, les kamikazes ont fait exploser les véhicules à l’entrée du complexe, qui a les allures d’une forteresse, provoquant un incendie. Juste avant, des hommes armés circulant dans un autre véhicule avaient ouvert le feu sur les soldats gardant l’ambassade, déclenchant une fusillade nourrie qui a duré une vingtaine de minutes.
Un mystérieux groupe islamiste se présentant comme le « Jihad islamique au Yémen » a revendiqué l’attentat dans un communiqué parvenu à l’AFP, mais dont l’authenticité ne pouvait être établie. Il a aussi menacé de prendre pour cibles les chancelleries de Grande-Bretagne, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis à Sanaa.
On ne sait rien du « Jihad islamique au Yémen », et notamment de ses liens éventuels avec la branche locale d’el-Qaëda, très active depuis des années au Yémen. Ce groupe ne s’était manifesté qu’une fois, pour revendiquer un attentat-suicide à la voiture piégée perpétré le 25 juillet dans le Hadramout (Est) contre le QG de la police de la ville de Sayoun qui avait fait un mort, un policier, et 17 blessés.
Le président George W. Bush a vu hier dans l’attentat au Yémen un rappel que son pays est « en guerre » contre les extrémistes, et a assuré que ces derniers ne viendraient pas à bout de la détermination américaine.
Par ailleurs, selon un message adressé par l’ambassade aux Américains vivant au Yémen, « l’ambassade et le service consulaire seront fermés » à la suite de l’attentat.
Le 18 mars, l’ambassade américaine avait déjà été la cible d’un attentat aux obus de mortier, revendiqué par les « Brigades Jund al-Yémen » (soldats du Yémen), branche locale du réseau el-Qaëda. Ses auteurs avaient manqué leur cible, mais un projectile avait frappé une école pour jeunes filles voisine de l’ambassade, tuant un policier et une élève.
L’attentat de mercredi est le plus meurtrier au Yémen depuis un attentat-suicide d’el-Qaëda à l’aide d’un canot piégé contre le destroyer américain USS Cole, le 12 octobre 2000, dans lequel 17 marins américains étaient morts, en plus de ses deux auteurs.
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L’ambassade des États-Unis au Yémen, qui avait déjà échappé cette année à une attaque de la branche locale d’el-Qaëda, a été la cible hier d’un attentat-suicide mené à l’aide de deux voitures piégées qui a fait au moins 10 morts, en plus de six assaillants, selon une source officielle.
Un bilan fourni par le ministère de l’Intérieur indique qu’outre ces six hommes, six soldats et quatre civils, dont une ressortissante indienne, ont péri dans cette attaque, l’une des plus sanglantes de l’histoire du Yémen.
Le nombre des blessés n’est pas connu, mais un communiqué de l’ambassade américaine indique que des membres des forces de sécurité yéménites et...