Les marchés boursiers du monde entier ont essuyé de fortes pertes, réagissant négativement à l’onde de choc provoquée par la quasi-faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers.
La quasi-faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers, l’un des piliers de Wall Street, a ébranlé hier la planète financière qui se demandait jusqu’où pourrait aller la débandade provoquée par la crise du crédit immobilier américain.
Après un week-end de négociations infructueuses avec ses principaux créanciers, Lehman Brothers n’a eu d’autre choix que de déposer son bilan. Cela n’empêchait pas son titre de fondre à Wall Street où elle ne cotait plus vers 14h10 heure locale que 0,19 dollar, en repli de 95 %, alors qu’il atteignait encore plus de 60 dollars il y a un an.
Le président George W. Bush a assuré que son administration s’efforçait de réduire l’impact de la crise. « À long terme, je suis confiant dans la souplesse et la résistance des marchés financiers, et dans leur faculté à faire face à ces ajustements », a-t-il dit dans une déclaration devant la presse.
Le secrétaire au Trésor Henry Paulson a assuré hier que le système bancaire était « sain » et que les Américains pouvaient avoir confiance dans la sécurité de leurs comptes bancaires. La Réserve fédérale (Fed) a injecté 70 milliards de dollars dans le système bancaire pour amortir le choc et permettre aux banques de se refinancer. Les Banques centrales européennes et britannique ont engagé des opérations similaires.
Les autorités américaines, qui se sont engagées à injecter jusqu’à 200 milliards de dollars la semaine dernière pour maintenir sur pied les organismes hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, ont refusé cette fois d’apporter de l’argent frais pour sauver Lehman. Sans garantie de l’État, les éventuels acheteurs ont tous passé leur tour, comme le coréen KDB et le britannique Barclays.
À 50 jours de l’élection présidentielle américaine, la crise financière a nourri la polémique entre les deux principaux candidats. Le démocrate Barack Obama a plaidé pour une « réglementation qui protège les investisseurs et les consommateurs ». « Huit ans d’une politique qui a mis en lambeaux la protection des consommateurs, affaibli la surveillance et les réglementations et encouragé les grosses primes pour les dirigeants d’entreprise, tout en ignorant la classe moyenne, nous ont menés à la crise financière la plus grave depuis la Grande dépression (de 1929) », a-t-il dit. Son adversaire républicain John McCain, fidèle à son credo libéral, s’est au contraire félicité « de constater que la Réserve fédérale et le département du Trésor aient assuré qu’ils n’utiliseraient pas l’argent du contribuable pour renflouer Lehman Brothers ». Il s’est dit convaincu que « les éléments fondamentaux de l’économie sont solides ».
Devant le siège de Lehman, un gratte-ciel au cœur de Manhattan, les salariés redoutaient de perdre leur emploi ainsi que leurs économies, largement investies en actions de leur employeur.
La crise américaine ne semblait pas devoir s’apaiser de sitôt. Selon un cabinet de reclassement, les suppressions d’emplois dans la finance devraient dépasser en 2008 le record établi l’année précédente avec plus de 153 000. La production industrielle a quant à elle enregistré en août sa plus forte baisse depuis trois ans, avec un repli de 1,1 % par rapport au mois précédent.
Le dépôt de bilan de Lehman, une institution vieille d’un siècle et demi, s’est accompagné de l’annonce du rachat de sa concurrente Merrill Lynch par Bank of America pour 50 milliards de dollars, tandis que la Réserve fédérale volait à la rescousse du secteur bancaire.
Le placement de Lehman Brothers sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11), officialisé hier, a fait plonger les places financières qui ne cédaient toutefois pas à la panique.
La Bourse de New York qui donne le ton à la planète boursière s’est placée dans le rouge dès l’ouverture mais moins qu’on aurait pu le craindre. Le coup de tabac a été plus prononcé en Europe avec des baisses dépassant parfois les 5 %, mais qui se sont atténuées en fin de séance.
Sur le Vieux Continent, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) sont intervenues lundi matin pour tenter de calmer les marchés en injectant des liquidités, respectivement 30 milliards d’euros et 5 milliards de livres (6,3 milliards EUR), se disant très attentives à l’apparition d’une crise financière majeure.
L’onde de choc a été ressentie aussi sur les autres places européennes, de Stockholm à Istanbul, en passant par Moscou. La Bourse moscovite n’avait pas besoin de cela car, depuis le seul début du mois de septembre et les opérations militaires en Géorgie, le RTS a perdu plus de 23 %.
Partout les valeurs bancaires et financières étaient particulièrement affectées. Les Bourses asiatiques avaient commencé par donner le ton de ce lundi noir. Bombay a clôturé en baisse de 3,35 % après avoir dévissé de plus de 5 % auparavant. La Bourse de Taïwan a clôturé en forte baisse de 4,09 %, comme celle de Singapour (-3,27 %) et de Manille (-4,2 %). En Océanie, la Bourse de Sydney a terminé en baisse de 1,8 % et celle de la Nouvelle-Zélande de 1,26 %. Quatre des principales Bourses de la région étaient fermées lundi pour cause de jour férié : celles de Tokyo, Hong Kong, Shanghai et Séoul.
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La quasi-faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers, l’un des piliers de Wall Street, a ébranlé hier la planète financière qui se demandait jusqu’où pourrait aller la débandade provoquée par la crise du crédit immobilier américain.
Après un week-end de négociations infructueuses avec ses principaux créanciers, Lehman Brothers n’a eu d’autre choix que de déposer son bilan. Cela n’empêchait pas son titre de fondre à Wall Street où elle ne cotait plus vers 14h10 heure locale que 0,19 dollar, en repli de 95 %, alors qu’il atteignait encore plus de 60 dollars il y a un an.
Le président George W. Bush a...