Les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pourraient se doter dès 2009 d’une
Banque centrale régionale pour préparer le lancement de leur monnaie unique, selon un rapport du DIFC.
Rendu public à l’avant-veille d’une réunion à Djeddah (Arabie saoudite) des ministres des Finances et de l’Économie du CCG, le rapport du Dubai International Finance Centre (DIFC) – l’autorité financière de cet émirat – estime qu’« une Banque centrale du Golfe pourrait être mise en place et devenir opérationnelle en 2009 pour préparer le terrain à l’introduction de la monnaie unique », prévue un an plus tard. Alors que les milieux financiers sont sceptiques sur le respect de ce délai, le rapport souligne que « 2010 est toujours possible » car l’affaire dépend « largement (...) de la volonté politique » des dirigeants du CCG, lesquels avaient réitéré l’an dernier leur engagement envers cette échéance.
Pour être crédible, la Banque centrale du Golfe devra être « une institution fortement indépendante » avec un conseil exécutif disposant de 20 % des droits de vote, 80 % revenant aux gouverneurs des pays membres, a expliqué Nasser Saïdi, économiste en chef du DIFC, en présentant le rapport à la presse.
Sa mission prioritaire sera de s’attaquer à une inflation galopante dans les monarchies du Golfe pour « contrôler » ce phénomène, préjudiciable à la croissance économique dans la région, a ajouté M. Saïdi.
Avec les énormes revenus pétroliers de ces dernières années, les pays du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) ont dégagé d’importants surplus financiers, réduit drastiquement leurs dettes publiques et amassé des réserves en devises étrangères, estimées à 151 milliards USD en 2007.
Mais l’inflation n’a pas été maîtrisée, notamment au Qatar et aux Émirats arabes unis où elle a atteint, en 2007, des taux à deux chiffres, avec respectivement 13,76 et 11,1 %.
M. Saïdi a estimé que la monnaie unique du Golfe pourrait être liée à « un panier de devises », et non plus au seul dollar, aujourd’hui affaibli.
Les dirigeants du CCG se sont réengagés en faveur de l’échéance 2010 lors de leur sommet fin 2007, bien que cet objectif ait été remis en question par la décision d’Oman de se retirer du projet, et celle du Koweït de lier sa monnaie à un panier de devises plutôt qu’au seul dollar, dans le but de combattre l’inflation.
Un précédent rapport du DIFC, publié en août, avait estimé que les pays du CCG devraient faire converger leurs taux d’inflation avant 2010 et revoir l’indexation de leurs monnaies sur le dollar.
Les monarchies du CCG, qui détiennent quelque 45 % des réserves pétrolières mondiales et dont le PIB s’est établi en 2007 à 820 milliards de dollars, sont en mesure à terme de faire de leur monnaie « l’une des cinq plus grandes devises du monde », a notamment jugé M. Saïdi.
Il a par ailleurs estimé que la question du siège de la Banque centrale du Golfe, très controversée, ne posait pas de problème, se prononçant pour « la décentralisation » de certains de ses départements.
La mise en circulation des billets de banque libellés dans la nouvelle monnaie pourrait être renvoyée à plus tard, a-t-il ajouté, rappelant que l’euro avait été lancé trois ans après la mise en place de l’union économique et monétaire en Europe.
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Banque centrale régionale pour préparer le lancement de leur monnaie unique, selon un rapport du DIFC.
Rendu public à l’avant-veille d’une réunion à Djeddah (Arabie saoudite) des ministres des Finances et de l’Économie du CCG, le rapport du Dubai International Finance Centre (DIFC) – l’autorité financière de cet émirat – estime qu’« une Banque centrale du Golfe pourrait être mise en place et devenir opérationnelle en 2009 pour préparer le terrain à l’introduction de la monnaie unique », prévue un an plus tard. Alors que les milieux financiers sont sceptiques sur le respect de ce délai, le rapport souligne que « 2010 est toujours possible » car l’affaire dépend « largement (...) de la volonté politique »...