Les ministres du Pétrole de l’OPEP ont commencé à arriver à Vienne hier à la veille d’une réunion qui devrait se solder par un maintien des quotas officiels de production.
Les pays de l’OPEP les plus durs en matière de prix, l’Iran et le Venezuela, ont fait savoir qu’à leurs yeux, le marché était surapprovisionné et que la production devrait être baissée à un moment ou un autre pour enrayer la chute des cours.
Le prix de l’or noir a plongé de près de 30 % par rapport à son pic de plus de 147 dollars le baril qui avait été touché en juillet au terme d’une flambée durant laquelle les prix ont plus que quintuplé en six ans.
Après avoir touché un point bas de cinq mois juste au-dessus de 105 dollars le baril vendredi, les cours du brut se sont redressés hier, les opérateurs craignant que l’ouragan Ike ne vienne abîmer les installations pétrolière américaines dans le golfe du Mexique après son passage à Cuba.
Parallèlement, la demande d’or noir des États-Unis, premier pays consommateur, a baissé à son rythme le plus rapide depuis 1982 au premier semestre 2008, compte tenu du ralentissement en cours dans le pays et de la flambée des cours.
De fait, malgré des quotas officiellement inchangés depuis plusieurs mois, l’offre de l’OPEP est à la hausse, essentiellement du fait de l’Arabie saoudite.
Les 12 membres de l’OPEP soumis à quotas (les 13 sauf l’Irak) ont produit en août au total 790 000 bpj au-dessus du plafond officiel de production de 29,67 millions de bpj, selon une enquête.
« Bien sûr que je crois que le marché est surapprovisionné », a déclaré le ministre iranien du Pétrole Gholamhossein Nozari à la presse à son arrivée à Vienne hier matin.
Il a dit par le passé qu’un prix de 100 dollars était le minimum acceptable, tandis que le représentant de l’Iran à l’OPEP a dit avant-hier que les cours ne pouvaient être inférieurs à 80 dollars le baril, niveau de coût de production maximal évoqué par certaines majors pétrolières pour le développement de nouveaux gisements.
Des mots rassurants
Prié de dire quelle serait la décision de l’OPEP aujourd’hui, Gholamhossein Nozari s’est contenté de répondre : « Nous passerons le marché en revue et prendrons ensuite une décision. »
Les analystes estiment que les ministres décideront sans doute de laisser les quotas officiels de production inchangés, ayant la possibilité de réduire de facto la production au-dessus des quotas.
« Je ne crois pas qu’il y ait une quelconque possibilité de modifier la production », a déclaré le ministre équatorien du Pétrole Galo Chiriboga dimanche à la presse.
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Nobuo Tanaka a estimé hier qu’un maintien de la production de l’OPEP à son niveau actuel serait « une bonne mesure ».
La flambée des cours pétroliers a été l’un des principaux points de la campagne présidentielle américaine, ce qui rend difficile pour l’OPEP de réviser officiellement ses quotas.
Peu avant que les cours n’atteignent leur record de 147,27 dollars pour le brut US en juillet, l’Arabie saoudite a appelé à une réunion d’urgence à Djeddah et s’est engagée à produire 9,7 millions de bpj, soit 750 000 barils de plus que son quota, portant sa production à son rythme le plus élevé depuis 1981.
Le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Naimi ne devrait pas arriver à Vienne avant mardi matin.
La dernière modification des quotas de production de l’OPEP remonte à la réunion de Vienne de septembre 2007, quand les prix étaient encore sous les 80 dollars. L’OPEP avait alors décidé une modeste hausse de sa production, de 500 000 bpj.
« Nous sommes neutres sur cette réunion (de l’OPEP). Nous pensons qu’elle se terminera par des mots rassurants plutôt que par une action de soutien », estime Olivier Jakob de Petromatrix dans une note.
Compte tenu du fait que le marché s’attend déjà à ce que l’Arabie saoudite réduise sa production, il est possible que cela soit annoncé effectivement aujourd’hui à Vienne, explique-t-il.
« Ike complique sans doute un peu les choses dans le sens où ce n’est pas le meilleur moment pour annoncer une réduction de la production », estime toutefois Olivier Jakob.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les ministres du Pétrole de l’OPEP ont commencé à arriver à Vienne hier à la veille d’une réunion qui devrait se solder par un maintien des quotas officiels de production.
Les pays de l’OPEP les plus durs en matière de prix, l’Iran et le Venezuela, ont fait savoir qu’à leurs yeux, le marché était surapprovisionné et que la production devrait être baissée à un moment ou un autre pour enrayer la chute des cours.
Le prix de l’or noir a plongé de près de 30 % par rapport à son pic de plus de 147 dollars le baril qui avait été touché en juillet au terme d’une flambée durant laquelle les prix ont plus que quintuplé en six ans.
Après avoir touché un point bas de cinq mois juste au-dessus de 105 dollars le baril vendredi, les cours du brut se sont redressés hier, les opérateurs craignant que l’ouragan...