C’est avec un sentiment de satisfaction et – pourquoi pas?? – une pointe de fierté, que je suis, en cinéphile, le parcours de notre cinéma national.
Porté par de jeunes et talentueux réalisateurs qui ont repris le flambeau de Maroun Baghdadi, le cinéma libanais a réussi, ces dernières années, à s’imposer dans des manifestations internationales (à Cannes, Locarno, Montréal, entre autres) glanant trophées et prix, et s’offrant même le luxe de figurer avec Caramel parmi les productions étrangères retenues pour les Oscars.
Cet été, le film libanais s’est affiché sur la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées, pour la sortie parisienne de Elafel et d’Une chanson dans la tête (ce dernier-né est sorti à Paris avant Beyrouth, c’est tout dire?!).
Le cinéma libanais a même fait l’objet d’un hommage spécial, lors du 31e festival de Douarnenez, en Bretagne.
D’ores et déjà on affirme, dans les cercles parisiens, que l’événement de la rentrée cinématographique sera le film Je veux voir du tandem Joanna Hadjithomas-Khalil Joreiche, avec Catherine Deneuve.
Rien que du bonheur?!
S’il fallait trouver une explication à l’engouement que notre cinéma trouve à l’étranger, je ne choisirai qu’un seul mot?: l’authenticité. L’image véhicule, mieux que n’importe quel discours, la complexité du Liban. Sans sectarisme, sans a priori.
Or l’authenticité, je l’ai vraiment cherchée dans la récente production Bahr el-Noujoum. C’est la raison première de ce billet.
À l’affiche du film quelques-unes de nos vedettes les plus populaires de la chanson. Tournage, dans sa totalité, en décors naturels sur le littoral de notre pays et plus particulièrement à Byblos. De très belles images. Une réalisation ayant mis à profit tous les moyens importants mis à sa disposition par une production qui, visiblement, n’a pas lésiné.
C’est bien dommage que tous ces aspects positifs aient été, à mon avis, compromis par le fait que tous les Libanais bon teint que l’on côtoie tout au long du film, toutes nos «?beautiful people?» de vedettes, ne s’expriment qu’à travers le plus guttural des accents égyptiens, comme si nous nous trouvions sur les bords du Nil.
Je sais, d’avance, qu’on me rétorquera que le film étant destiné au public oriental, il lui fallait le support d’un dialecte compréhensible par tous. Tant pis pour l’authenticité, et tant pis pour notre langue sacrifiée au profit d’intérêts financiers. Nous sommes de parfaits
commerçants?!
Deuxième constatation (je ne fais pas dans le reproche). Je ne comprends pas pourquoi ce film, sous prétexte qu’il n’a pas été présenté au préalable à la presse, a été complètement ignoré. Un point noir et rien d’autre, en guise de commentaire. Je sais qu’on me répondra que c’est une question d’éthique. Mais avons-nous le droit en tant que libanais de traiter avec autant de désinvolture un produit libanais (même parlant égyptien?!)?? Tous nos jeunes cinéastes méritent d’être encouragés. D’être critiqués à l’occasion?: c’est ainsi qu’ils pourront progresser, s’améliorer en tirant les leçons de leurs erreurs.
J’aurais préféré lire que Bahr el-Noujoum est un horrible navet (ce qui n’est pas du tout le cas?!) plutôt que de ne rien lire du tout?!
Alain PLISSON
Cinéphile
Article paru le vendredi 22 août 2008
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est avec un sentiment de satisfaction et – pourquoi pas?? – une pointe de fierté, que je suis, en cinéphile, le parcours de notre cinéma national.
Porté par de jeunes et talentueux réalisateurs qui ont repris le flambeau de Maroun Baghdadi, le cinéma libanais a réussi, ces dernières années, à s’imposer dans des manifestations internationales (à Cannes, Locarno, Montréal, entre autres) glanant trophées et prix, et s’offrant même le luxe de figurer avec Caramel parmi les productions étrangères retenues pour les Oscars.
Cet été, le film libanais s’est affiché sur la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées, pour la sortie parisienne de Elafel et d’Une chanson dans la tête (ce dernier-né est sorti à Paris avant Beyrouth, c’est tout dire?!).
Le cinéma libanais a même fait l’objet d’un...