Les dirigeants de la fragile coalition gouvernementale au Pakistan, qui a poussé lundi le président Pervez Musharraf à la démission, devaient se réunir pour préparer sa succession et négocier le sort des juges que l’ex-chef de l’État avait limogés l’an dernier.
Pervez Musharraf a quitté le pouvoir lundi à la veille du lancement par le gouvernement d’une procédure de destitution à son encontre. La coalition avait préparé un acte d’accusation lui reprochant d’avoir violé la Constitution en imposant l’état d’urgence, le 3 novembre 2007, pour limoger la majorité des magistrats de la Cour suprême qui auraient pu contester sa réélection un mois plus tôt.
Après neuf années de règne de M. Musharraf, le Pakistan lui cherche un successeur, mais la tâche du gouvernement de coalition, très fragilisé par des querelles intestines, s’annonce délicate.
« Les dirigeants vont discuter des questions relatives à l’après-Musharraf, telles que l’élection présidentielle, le rétablissement des juges dans leurs fonctions et la situation politique », a indiqué Farhatullah Babar, porte-parole du Parti du peuple pakistanais (PPP) de la défunte Benazir Bhutto et première formation de la coalition.
Le PPP est allié à la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif et à des petits partis ethniques et religieux.
La réunion multipartite devrait se tenir à Islamabad dans la résidence du veuf de Mme Bhutto et chef de file du PPP, Asif Ali Zardari. Les télévisions pakistanaises ont montré M. Sharif, qui avait été renversé par le coup d’État militaire de M. Musharraf en octobre 1999, en réunion avec M. Zardari et le fils de Mme Bhutto, Bilawal Bhutto Zardari, coprésident du parti.
Le président du Sénat, la Chambre haute du Parlement, Mohammedmian Soomro, assure la présidence par intérim depuis lundi et restera en fonction jusqu’à la prochaine élection d’un chef d’État par le Parlement et les quatre assemblées provinciales du pays.
Selon la Constitution, « le scrutin doit avoir lieu d’ici à 30 jours », a rappelé le porte-parole de la commission électorale Kanwar Dilshad. La coalition envisagerait comme candidats présidentiels Mehmud Khan Achakzaï de la province du Baloutchistan (Sud-Ouest), et Aftab Shoban Mirani de la province méridionale du Sind, selon des responsables officiels. Le choix pourrait aussi se porter sur des femmes, comme Fehmida Mirza, présidente de l’Assemblée nationale, la Chambre basse du Parlement, ou sur la sœur de M. Zardari, Faryal Talpur, a-t-on appris de mêmes sources.
Par ailleurs, M. Sharif a indiqué « croire que les juges » de la Cour suprême « devraient être rétablis dans leurs fonctions aujourd’hui ou demain (mercredi) ».
« C’est une question aussi importante que la démission de Musharraf », a lancé M. Sharif en allant voir M. Zardari. Ce dossier, au cœur des divergences entre les deux piliers de la coalition, devrait probablement être réglé, a confirmé le ministre de la Justice Farooq Naïk.
MM. Zardari et Sharif étaient convenus de rétablir ces juges dès la formation du gouvernement en mars, mais n’y sont pas parvenus à ce jour. C’est d’ailleurs en raison de leurs divergences sur ce sujet épineux que M. Sharif avait retiré ses ministres du gouvernement en mai. « Les partenaires de la coalition vont s’entretenir de dossiers politiques importants, mais je ne peux pas dire que des décisions définitives seront annoncées aujourd’hui. Aucune décision ne sera prise à la va-vite », a relativisé la ministre de l’Information Sherry Rehman.
Enfin, les États-Unis ont indiqué mardi qu’ils étaient prêts à étudier toute demande d’asile de la part de l’ancien président pakistanais Pervez Musharraf, tout en soulignant n’avoir reçu aucune demande de ce genre pour l’instant.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les dirigeants de la fragile coalition gouvernementale au Pakistan, qui a poussé lundi le président Pervez Musharraf à la démission, devaient se réunir pour préparer sa succession et négocier le sort des juges que l’ex-chef de l’État avait limogés l’an dernier.
Pervez Musharraf a quitté le pouvoir lundi à la veille du lancement par le gouvernement d’une procédure de destitution à son encontre. La coalition avait préparé un acte d’accusation lui reprochant d’avoir violé la Constitution en imposant l’état d’urgence, le 3 novembre 2007, pour limoger la majorité des magistrats de la Cour suprême qui auraient pu contester sa réélection un mois plus tôt.
Après neuf années de règne de M. Musharraf, le Pakistan lui cherche un successeur, mais la tâche du gouvernement de coalition, très fragilisé par...