Ukraine
Discrète sur la Géorgie, Timochenko
est accusée de « haute trahison »
le 19 août 2008 à 00h00
La présidence ukrainienne a accusé hier le Premier ministre, Ioulia Timochenko, qui entretient des relations tendues avec le chef de l’État, Viktor Iouchtchenko, de « haute trahison » au profit de Moscou pour n’avoir notamment pas condamné l’intervention russe en Géorgie. « Les agissements du Premier ministre actuel portent des marques de haute trahison et de corruption politique », a affirmé le chef adjoint de l’administration présidentielle, Andri Kyslynsky. Mme Timochenko cherche à obtenir le soutien du Kremlin pour la prochaine présidentielle, attendue fin 2009 ou début 2010, et n’a pas condamné à dessein l’intervention militaire russe en Géorgie, contrairement au président Iouchtchenko, selon M. Kyslynsky. « Nous avons déjà indiqué avoir des informations sur le travail systématique de Ioulia Timochenko pour les intérêts de la partie russe. Malheureusement, ces informations se confirment (...) Sa position sur la Géorgie y est liée », a déclaré le responsable.
Le président Iouchtchenko s’est clairement rangé du côté de Tbilissi, qui veut comme l’Ukraine intégrer l’OTAN et l’UE, dans le conflit armé opposant la Russie et la Géorgie. Après s’être rendu à Tbilissi pour dire « non » à la « domination » russe, M. Iouchtchenko a signé la semaine dernière un décret imposant des restrictions aux mouvements de la flotte russe de la mer Noire, basée dans le sud de l’Ukraine et mobilisée par Moscou dans le conflit. Mme Timochenko et le ministre de l’Intérieur, qui lui est proche, étaient les seuls deux membres du Conseil de sécurité ukrainien à s’abstenir lors du vote de cette mesure, selon la présidence. « Nous transmettons des matériaux dont nous disposons aux forces de l’ordre pour une étude détaillée », a dit M. Kyslynsky. Selon lui, Mme Timochenko se trouve actuellement en vacances en Sardaigne.
M. Iouchtchenko et Mme Timochenko étaient alliés au moment de la « révolution orange » pro-occidentale de fin 2004 qui les porta au pouvoir, le premier comme chef de l’État, la seconde comme Premier ministre. En septembre 2005, M. Iouchtchenko a limogé Mme Timochenko sur fond de rivalités personnelles et de luttes d’influence. Fin 2007, Mme Timochenko est redevenue chef du gouvernement, son parti et celui du président ayant remporté de justesse les législatives face à l’opposition prorusse. Mais les conflits sont récurrents entre les deux responsables, alors que la popularité de M. Iouchtchenko a chuté et que celle de sa rivale s’est renforcée.
La présidence ukrainienne a accusé hier le Premier ministre, Ioulia Timochenko, qui entretient des relations tendues avec le chef de l’État, Viktor Iouchtchenko, de « haute trahison » au profit de Moscou pour n’avoir notamment pas condamné l’intervention russe en Géorgie. « Les agissements du Premier ministre actuel portent des marques de haute trahison et de corruption politique », a affirmé le chef adjoint de l’administration présidentielle, Andri Kyslynsky. Mme Timochenko cherche à obtenir le soutien du Kremlin pour la prochaine présidentielle, attendue fin 2009 ou début 2010, et n’a pas condamné à dessein l’intervention militaire russe en Géorgie, contrairement au président Iouchtchenko, selon M. Kyslynsky. « Nous avons déjà indiqué avoir des informations sur le travail systématique de Ioulia...
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