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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Poutine éclipse Medvedev et s’impose comme un acteur-clé dans le conflit

« Poutine, aidez-nous, s’il vous plaît » : ce cri de détresse de réfugiés ossètes résume le rôle du Premier ministre russe qui s’est imposé comme un acteur-clé dans le conflit avec la Géorgie, éclipsant le président Dmitri Medvedev. Premier à réagir après le lancement de l’offensive géorgienne dans la province séparatiste prorusse d’Ossétie du Sud, sur le terrain dès le lendemain au côté des réfugiés, donnant à son retour des instructions au nouveau maître du Kremlin : l’ancien président russe, devenu en mai Premier ministre, n’a rien perdu de son influence et de sa popularité. « Ce serait bien que vous donniez des consignes au parquet militaire pour rassembler des éléments » sur le « génocide » commis contre les Ossètes, disait-t-il à Dmitri Medvedev au retour de Vladikavkaz, capitale de l’Ossétie du Nord (russe), non loin de la zone du conflit, selon des images retransmises dimanche par les chaînes de télévision russes. « Je donnerai bien sûr de telles instructions », répliquait M. Medvedev, inversant quasiment les rôles de numéro un et deux alors qu’il est commandant suprême des forces armées russes d’après la Constitution. C’est Vladimir Poutine qui a donné le ton de la réaction russe après l’intervention militaire de Tbilissi, parlant de « mesures de rétorsion » alors qu’il se trouvait à Pékin pour l’ouverture des Jeux olympiques. Le président Medvedev est quant à lui intervenu quand les chars russes entraient en Ossétie du Sud. Il n’est pas allé sur le terrain, prenant la parole depuis des résidences officielles. Arrivant de Chine, l’avion de M. Poutine s’est posé samedi à Vladikavkaz où il a rencontré des réfugiés ossètes. Hier, il s’en est pris avec sa verve habituelle au « cynisme » des États-Unis, alliés de la Géorgie. « Poutine a agi comme celui qui a le droit de prendre les décisions cruciales. C’est lui qui a expliqué à la nation, depuis Vladikavkaz, quelles étaient les bases juridiques de l’intervention russe en Géorgie. C’est lui qui a prononcé le mot de “génocide” repris ensuite par Medvedev », souligne Maria Lipman, du centre Carnegie de Moscou. « Allure sportive, il débarque, serre les mains aux militaires, voit les réfugiés et formule clairement ce que la Russie va faire. Un homme d’action aux yeux des électeurs quand le président Medvedev décrète que la catastrophe humanitaire n’est pas une bonne chose », commente le politologue indépendant russe Dmitri Orechkine. Si les sondages publiés à l’occasion des 100 jours de la présidence de Dmitri Medvedev montraient déjà que les Russes ne prenaient pas trop au sérieux leur nouveau président (seulement 9 % estimant qu’il a un pouvoir réel, selon le centre indépendant de Levada), la crise en Ossétie « a rendu les choses encore plus claires », estime M. Orechkine. « Alors que Medvedev apprend son rôle de président, Vladimir Poutine dirige le business privé, les siloviki (armée, services spéciaux et forces de l’ordre) et tout le pays », écrivait hier l’édition russe de l’hebdomadaire Newsweek. « Il y a des problèmes entre Poutine et Medvedev. Il y a de plus en plus de zones de silence, ils ne mènent plus une politique commune, chacun a son agenda », selon une source au Kremlin citée par le magazine. Cette situation risque de compliquer la gestion de la crise et de porter un coup à la réputation de la Russie, alors que les Occidentaux tentent des efforts de médiation. « C’est Medvedev qui devait donner l’ordre de l’envoi de troupes russes en Géorgie (Ossétie), mais on ne l’a pas entendu. D’après la loi, cette décision doit être approuvée par le Parlement, mais on l’a oublié comme on a oublié le président », dit Dmitri Orechkine.
« Poutine, aidez-nous, s’il vous plaît » : ce cri de détresse de réfugiés ossètes résume le rôle du Premier ministre russe qui s’est imposé comme un acteur-clé dans le conflit avec la Géorgie, éclipsant le président Dmitri Medvedev.

Premier à réagir après le lancement de l’offensive géorgienne dans la province séparatiste prorusse d’Ossétie du Sud, sur le terrain dès le lendemain au côté des réfugiés, donnant à son retour des instructions au nouveau maître du Kremlin : l’ancien président russe, devenu en mai Premier ministre, n’a rien perdu de son influence et de sa popularité. « Ce serait bien que vous donniez des consignes au parquet militaire pour rassembler des éléments » sur le « génocide » commis contre les Ossètes, disait-t-il à Dmitri Medvedev au retour de Vladikavkaz, capitale...