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La lutteuse Audrey Bokhashvili veut faire le poids

Championne du monde en moins de 55 kg en 2007, Audrey Prieto-Bokhashvili, 28 ans, est montée de trois catégories pour arracher sa qualification olympique en moins de 72 kg, où elle briguera une médaille à Pékin. À la veille de ses premiers Jeux, la lutteuse originaire de Riom et licenciée à l’US Métro affiche désormais 68 kg sur la balance. « Ce challenge est unique dans les annales de la lutte féminine. Je compte bien le remporter et ne pas me laisser renverser comme une crêpe par les gros bras de la catégorie des 72 kg », dit-elle, prête à relever un défi aussi incroyable que son propre parcours. De 9 à 22 ans, Audrey Prieto a prioritairement exercé la gymnastique, où elle était « plutôt une spécialiste du sol ». Elle ne découvre la lutte que vers l’âge de 16 ans et mène pendant six ans les deux disciplines de front. « Je n’étais jamais à la maison. Mes parents me surnommaient Mistral. » Très lentement, elle va se faire une place dans l’élite nationale de la lutte « sans trop y croire ». En septembre 2003, Audrey Prieto entre à l’Insep, sert surtout de partenaire d’entraînement, perd très souvent en compétition mais continue de s’entraîner d’arrache-pied. Elle est alors loin de faire partie du gratin français de la lutte et elle est obligée de travailler pour subvenir à ses besoins. « Un peu géorgienne » Entre deux entraînements à l’Insep, où elle est interne, Audrey Prieto donne des cours de fitness et, le soir, elle est serveuse dans un bar près du Moulin Rouge. Depuis peu, elle bénéficie d’une convention avec la RATP, « une main tendue qui (lui) a sauvé la vie ». En septembre 2003, Audrey Prieto rencontre à l’Insep le lutteur géorgien Nodar Bokhashvili, qui va devenir son entraîneur, puis son mari. La championne met alors les bouchées doubles et décroche une médaille de bronze aux championnats d’Europe en moins de 59 kg en 2006, puis le titre mondial l’année suivante en moins de 55 kg. Régulièrement, son mari l’emmène se frotter aux colosses géorgiennes à Tbilissi dans un gymnase glacial aux conditions spartiates. « La première fois que j’ai vu cette salle, j’ai pleuré. Les conditions sont terribles. Mais, j’aime y retourner. J’y étais encore en juillet », raconte l’Auvergnate. L’hiver, il y fait moins 10 °C. En attendant de passer sous l’unique douche de la salle, les soixante-dix lutteurs géorgiens sculptent leur musculature en grimpant à la corde ou en faisant des pompes. « Si on s’arrête de bouger, on tombe malade. Donc, en attendant son tour, on s’active. Le premier à aller à la douche est le champion olympique, puis le champion du monde et ainsi de suite... » La galanterie locale lui accorde une place de choix derrière les médaillés olympiques, qui la considèrent désormais comme étant « un peu géorgienne ». Un titre olympique à Pékin lui ferait certainement gagner de précieuses minutes d’attente.
Championne du monde en moins de 55 kg en 2007, Audrey Prieto-Bokhashvili, 28 ans, est montée de trois catégories pour arracher sa qualification olympique en moins de 72 kg, où elle briguera une médaille à Pékin.
À la veille de ses premiers Jeux, la lutteuse originaire de Riom et licenciée à l’US Métro affiche désormais 68 kg sur la balance.
« Ce challenge est unique dans les annales de la lutte féminine. Je compte bien le remporter et ne pas me laisser renverser comme une crêpe par les gros bras de la catégorie des 72 kg », dit-elle, prête à relever un défi aussi incroyable que son propre parcours.
De 9 à 22 ans, Audrey Prieto a prioritairement exercé la gymnastique, où elle était « plutôt une spécialiste du sol ».
Elle ne découvre la lutte que vers l’âge de 16 ans et mène pendant six ans les deux...