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Incendies Le feu est maîtrisé à Souk el-Gharb, mais le problème demeure entier

Après deux jours consécutifs d’incendies dans les régions de Souk el-Gharb et de Bimkine (Aley), qui ont atteint la colline connue sous le nom de 888, le feu a enfin été maîtrisé hier dans l’après-midi, vers 15h, non sans avoir détruit quelque dix hectares de pinèdes. Ce nouveau sinistre a cependant rouvert le sujet épineux des incendies, d’origine criminelle ou accidentelle (très peu sont d’origine naturelle au Liban). Beaucoup pointent du doigt la lenteur des opérations de cadastre qui exacerbent les pires convoitises (brûler des terrains boisés les rend plus faciles à exploiter par la suite, et les constructions viennent y remplacer les arbres). Or il faut souligner que la loi du cadastre existe bel et bien, et qu’elle prévoit la délimitation de tous les terrains au Liban, mais que sa non-application (faut-il s’en étonner ?), ou plus exactement la lenteur de la procédure, favorise de tels comportements criminels. Il faut rappeler une décision prise à l’automne dernier par le ministre de l’Intérieur d’alors, Hassan Sabeh, de ne pas permettre les constructions dans des terrains non cadastrés et récemment incendiés, et d’insister sur la nécessité de l’application continue de cette décision. Il y a aussi la fabrication du charbon qui, on ne comprend jamais vraiment pourquoi, passe généralement par la pyromanie dans ce pays… L’incendie de Souk el-Gharb a donc finalement été vaincu hier, grâce à l’intervention continue des hélicoptères de l’armée et de celle d’un avion chypriote dépêché au Liban pour aider à éteindre le feu. La Défense civile, dont les volontaires n’ont pu entrer dans les bois pour combattre le feu en raison de la présence de mines et de sous-munitions qui ont explosé durant deux jours au contact des flammes, et qui datent de la guerre, a contribué en approvisionnant les avions en eau de mer. Cela faisait deux jours que le feu s’étendait, et qu’il menaçait même certaines zones résidentielles. Rappelons qu’après avoir été éteint une première fois lundi dans la journée par la Défense civile, le feu avait repris dans la nuit de lundi à mardi, pour n’être circonscrit qu’hier. Chypre à la rescousse L’intervention d’un hélicoptère chypriote a donc été d’une grande aide pour le combat contre l’incendie. L’appareil a participé à l’opération aidé de deux hélicoptères de l’armée et deux autres de la Finul. L’hélicoptère spécialisé de fabrication russe, qui a la capacité de transporter cinq mille litres d’eau, était arrivé à midi à l’aéroport de Beyrouth, après des contacts personnels effectués par le Premier ministre Fouad Siniora avec les autorités chypriotes. L’avion a repris la route vers Larnaca en soirée. L’ambassade de Chypre a publié hier un communiqué précisant que « dès que le Premier ministre Fouad Siniora a appelé à l’aide, Chypre a répondu immédiatement en envoyant un hélicoptère pour aider à combattre les incendies qui ont éclaté mardi dans la région de Souk el-Gharb ». « Malheureusement, poursuit le communiqué, en raison de nos ressources limitées et de nos propres problèmes d’incendies, nous n’avons pu envoyer qu’un seul hélicoptère au Liban. Toutefois, des efforts sont actuellement déployés pour trouver une solution permanente qui nous permettra de coopérer en cas d’incendies, avec la possibilité de signer un accord. » Par ailleurs, la lutte contre les incendies et les moyens supplémentaires utilisés pour y remédier ont été au centre de discussions hier, au palais de Baabda, entre le président de la République, Michel Sleiman, et le ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Ziyad Baroud, qui, rappelons-le, s’était rendu mardi à Souk el-Gharb pour suivre les opérations de lutte contre le feu. Don de Saad Hariri Pour sa part, le député Saad Hariri a proposé hier un don à l’intention du Haut Comité de secours (HCS), couvrant les frais de location de deux hélicoptères de Chypre, pour une durée de trois mois, en prévision de la saison des incendies. M. Hariri a envoyé à ce sujet une lettre au Premier ministre Fouad Siniora. La présidence du Conseil des ministres a immédiatement demandé au HCS de prendre les mesures nécessaires pour mettre cette offre à exécution, afin que les deux hélicoptères soient ramenés de Chypre le plus tôt possible. Le député Mohammad Kabbani, interrogé sur le retard à appliquer les recommandations de la commission parlementaire des Travaux qu’il préside, a fait remarquer hier que « le coût de ces catastrophes est bien plus élevé que le prix d’un canadair, sans compter cette défiguration des paysages libanais ». « Nous répétons nos recommandations chaque année, et l’indifférence est la même », a-t-il accusé. Il a rappelé que la commission recommande la création d’un comité de gestion des catastrophes, particulièrement pour les séismes et les incendies. Enfin, l’écologiste Mazen Abboud, ancien président de l’Union des associations de développement, d’environnement et de patrimoine au Liban-Nord, a appelé hier le nouveau gouvernement à prendre des mesures strictes pour limiter le phénomène des incendies destructeurs. Il a notamment demandé au nouveau ministre de l’Intérieur de donner des instructions afin que les pyromanes soient arrêtés, sachant qu’aucun coupable n’a encore été mis sous les verrous, et d’améliorer les moyens de la Défense civile. Il a également attiré l’attention du ministre de l’Environnement sur la nécessité de mettre au point un projet de protection des forêts en collaboration avec le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR).
Après deux jours consécutifs d’incendies dans les régions de Souk el-Gharb et de Bimkine (Aley), qui ont atteint la colline connue sous le nom de 888, le feu a enfin été maîtrisé hier dans l’après-midi, vers 15h, non sans avoir détruit quelque dix hectares de pinèdes. Ce nouveau sinistre a cependant rouvert le sujet épineux des incendies, d’origine criminelle ou accidentelle (très peu sont d’origine naturelle au Liban). Beaucoup pointent du doigt la lenteur des opérations de cadastre qui exacerbent les pires convoitises (brûler des terrains boisés les rend plus faciles à exploiter par la suite, et les constructions viennent y remplacer les arbres). Or il faut souligner que la loi du cadastre existe bel et bien, et qu’elle prévoit la délimitation de tous les terrains au Liban, mais que sa non-application...