Amorce d’une détente entre
l’Arménie et la Turquie
le 22 juillet 2008 à 00h00
Le président arménien Serge Sarkissian a laissé entrevoir hier une détente dans les relations entre Erevan et Ankara, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, à la suite de contacts début juillet en Suisse entre diplomates des deux pays. « Il est important que se dessinent des tendances dans les relations turco-arméniennes pour commencer des discussions saines sur tous les problèmes. La visite en Arménie du président turc Abdullah Gül pourrait transformer ces tendances en un mouvement stable et positif », a déclaré M. Sarkissian lors d’une conférence de presse. Le chef de l’État arménien a invité son homologue turc à se rendre à Erevan le 6 septembre à l’occasion d’un match éliminatoire Arménie-Turquie pour le Mondial 2010 de football. M. Gül n’a pour l’instant pas répondu à cette invitation.
Dans les deux pays, « il y a beaucoup plus de partisans d’une amélioration des relations que de gens qui s’y opposent », a souligné M. Sarkissian ajoutant que les chefs d’État avaient « obligation » de travailler dans cette direction. Les milieux économiques des deux pays militent déjà pour une détente. En janvier 2007, des hommes d’affaires arméniens et turcs se sont ainsi prononcés pour l’ouverture de la frontière entre les deux pays, fermée en 1993, lors d’une conférence internationale à Erevan.
M. Sarkissian a également confirmé des contacts début juillet à Berne entre des diplomates turcs et arméniens, dont la presse turque avait fait état la semaine dernière. « Il n’y a rien de secret (dans ces contacts) et il ne faut pas s’étonner. De tels contacts entre des officiels n’ont jamais cessé », a-t-il dit. Des responsables politiques turcs et arméniens se sont déjà rencontrés en marge de réunions internationales, comme lors du sommet des pays riverains de la mer Noire l’an dernier à Istanbul. En 2006, Ankara avait aussi révélé que des diplomates turcs et arméniens avaient mené trois séries de pourparlers « afin de déterminer s’il existe un terrain d’entente pour faire progresser les relations bilatérales ».
Pour des analystes, les derniers développements dans les relations bilatérales marquent toutefois une évolution importante. « Tout ce qui s’est passé ce dernier mois entre les deux pays n’est jamais arrivé avant », estime Alexandre Iskandarian, analyste politique basé à Erevan. « Il s’agit d’une nouvelle étape dans les relations » turco-arméniennes, ajoute-t-il.
Ankara a refusé d’établir des relations diplomatiques avec l’Arménie depuis que cette ex-république soviétique est devenue indépendante en 1991 en raison des efforts d’Erevan pour obtenir la reconnaissance des massacres d’Arméniens perpétrés sous l’Empire ottoman comme un génocide.
Le président arménien Serge Sarkissian a laissé entrevoir hier une détente dans les relations entre Erevan et Ankara, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, à la suite de contacts début juillet en Suisse entre diplomates des deux pays. « Il est important que se dessinent des tendances dans les relations turco-arméniennes pour commencer des discussions saines sur tous les problèmes. La visite en Arménie du président turc Abdullah Gül pourrait transformer ces tendances en un mouvement stable et positif », a déclaré M. Sarkissian lors d’une conférence de presse. Le chef de l’État arménien a invité son homologue turc à se rendre à Erevan le 6 septembre à l’occasion d’un match éliminatoire Arménie-Turquie pour le Mondial 2010 de football. M. Gül n’a pour l’instant pas répondu à cette...
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