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Normalisation Spéculations sur le prix que Damas pourrait réclamer Émile KHOURY

Un cadeau essentiel de l’art militaire à la science politique : le binôme tactique-stratégie, l’une servant l’autre. Dans l’histoire, la liste des généraux-hommes d’État qui ont su en user en virtuoses est interminable, allant de Jules César à… Hafez el-Assad, le régional de l’étape. Tour de France oblige, c’est à Paris que son héritage se manifeste. Car c’est auprès de Sarkozy, et face à Sleiman, que son fils Bachar annonce une nouvelle approche, positive, du dossier libanais. En laissant entendre – il ne va pas plus loin, si on écoute bien ses propos – qu’il va établir des relations diplomatiques avec le Liban. Qu’il compte en tout cas en discuter. D’où la question : ce changement de cap, plus exactement cette annonce de changement de cap, est-il d’ordre stratégique ou tactique ? L’échange d’ambassadeurs peut, comme c’est souvent le cas, n’avoir qu’une signification symbolique, sans portée politique. En réalité, tout est de savoir quel prix Assad réclame pour son geste d’ouverture, si ouverture il y a. Des professionnels du cru croient savoir que le régime syrien veut être fixé, avant tout, sur le sort du Conseil supérieur libano-syrien et sur toute la batterie d’accords ou de protocoles, dont le fameux traité de fraternité, conclus entre les deux pays. Autrement dit, sur l’appareil juridique légitimant un système de tutelle. Un bataclan qui s’inscrit dans la foulée de Taëf, et qui a été tout aussi tronqué, dévié, dénaturé. Car ces accords, l’on n’en a jamais appliqué que ce qui convenait à la seule Syrie. Même, et surtout, quand cela faisait du mal au Liban. Par exemple, du côté d’événements sanglants. Ainsi, l’accord de défense-sécurité signé le 17 août 1991 est resté lettre morte, pour ne pas dire qu’il a été carrément trahi. Pas de réunions trimestrielles de la commission mixte ad hoc. Pas de programme de coopération préventive. Pas de plan pour faire régner la loi et juguler des troubles intérieurs (plutôt même le contraire). Pas de repris de justice réfugiés en Syrie et livrés aux autorités libanaises. Pas de mise au pas d’éléments portant atteinte à la sûreté de ce pays ou de criminels de droit commun, etc. Ces sources se demandent également ce qu’Assad va faire de l’application des résolutions du comité national libanais de dialogue le concernant. Du tracé des frontières, de Chebaa, des prisonniers libanais détenus dans ses geôles, Du démantèlement des bases palestiniennes d’obédience syrienne hors camps, du désarmement des Palestiniens. On devrait être mieux fixé une fois qu’il aura vu Sleiman. Il faut cependant noter que, localement, les avis sont partagés. Certains soutiennent qu’il vaut mieux tout laisser en plan, pour traiter les dossiers à travers les ambassades une fois établies. Ce qui signifie qu’on peut tirer un trait sur le Conseil supérieur mixte. D’autres affirment qu’il est préférable de régler les problèmes, de réviser les accords, avant d’échanger des ambassadeurs. Mais tous conviennent qu’en tout cas si les intentions sont bonnes, cela devrait marcher. Et si elles ne le sont pas, advienne que pourra…
Un cadeau essentiel de l’art militaire à la science politique : le binôme tactique-stratégie, l’une servant l’autre. Dans l’histoire, la liste des généraux-hommes d’État qui ont su en user en virtuoses est interminable, allant de Jules César à… Hafez el-Assad, le régional de l’étape. Tour de France oblige, c’est à Paris que son héritage se manifeste. Car c’est auprès de Sarkozy, et face à Sleiman, que son fils Bachar annonce une nouvelle approche, positive, du dossier libanais. En laissant entendre – il ne va pas plus loin, si on écoute bien ses propos – qu’il va établir des relations diplomatiques avec le Liban. Qu’il compte en tout cas en discuter.
D’où la question : ce changement de cap, plus exactement cette annonce de changement de cap, est-il d’ordre stratégique ou tactique ?...