Sceptique, la presse internationale attend du concret
le 15 juillet 2008 à 00h00
Les journaux internationaux, notamment français, ont largement rapporté ces derniers jours l’annonce de la volonté d’instaurer une représentation diplomatique entre la Syrie et le Liban, faite durant la présence des chefs d’État libanais et syrien, Michel Sleiman et Bachar el-Assad, dans la capitale française pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM) et vue comme un « rapprochement ». Les journaux ont noté que c’est le président français, Nicolas Sarkozy, qui a fait lui-même l’annonce en qualifiant cet événement de « progrès historique ». Mais les analystes posent la question des chances d’une concrétisation effective de cette mesure.
Pour Le Figaro, dans un article de Georges Malbrunot, « tout au long du sommet de l’UPM, qui marquait son grand retour sur la scène internationale, Assad a multiplié les signes de sa volonté de reconnaître enfin la souveraineté du Liban, un pays longtemps considéré par Damas comme son arrière-cour ». L’article note tout de même que le président syrien « ne s’est pas engagé sur un calendrier », et souligne que « Syriens et Libanais doivent établir une “feuille de route” jusqu’à l’ouverture formelle d’une ambassade syrienne à Beyrouth, et vice versa », indiquant au passage qu’« avec un gouvernement libanais qui ne lui est plus défavorable, Damas dispose d’une marge de manœuvre accrue ».
Mouna Naïm, pour Le Monde, rappelle que « M. Assad a réaffirmé cette intention (d’échange diplomatique) à plusieurs reprises ». « Il n’en a toutefois rien été jusqu’à présent, ajoute-t-elle. C’est précisément la raison pour laquelle un doute persiste sur le passage de la parole à l’acte. » Et d’ajouter : « La conjoncture actuelle pourrait être plus favorable à un passage à l’acte syrien, même si rien n’est jamais acquis tant les paramètres sont instables (...) Dans ce contexte, le coût d’un échange de relations diplomatiques avec le pays du Cèdre ne paraît pas rédhibitoire, dès lors que Damas sait qu’il pourra toujours compter sur des alliés et des obligés dans ce pays. »
Pour Jean-Pierre Perrin, de Libération, cette annonce par Assad de l’ouverture croisée d’ambassades entre Damas et Beyrouth se présente comme « un tour de passe-passe », qui a transformé le président syrien en « champion de la paix ». L’article estime qu’une ouverture de la Syrie vers la France et les pourparlers avec Israël seraient « une évolution de Damas qui, si elle se concrétisait, ne devrait plaire ni à Téhéran ni au Hezbollah ».
Dans un article paru dans le New York Times sur le lancement de l’UPM et signé Steven Erlanger et Katrin Bennhold, « Bachar el-Assad est resté vague sur la reconnaissance du Liban, un pays que la Syrie a dominé durant des décennies et qu’elle considérait comme une province », soulignant que « la Syrie a refusé jusqu’à présent de délimiter ses frontières avec le Liban ».
S. B.
Les journaux internationaux, notamment français, ont largement rapporté ces derniers jours l’annonce de la volonté d’instaurer une représentation diplomatique entre la Syrie et le Liban, faite durant la présence des chefs d’État libanais et syrien, Michel Sleiman et Bachar el-Assad, dans la capitale française pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM) et vue comme un « rapprochement ». Les journaux ont noté que c’est le président français, Nicolas Sarkozy, qui a fait lui-même l’annonce en qualifiant cet événement de « progrès historique ». Mais les analystes posent la question des chances d’une concrétisation effective de cette mesure.
Pour Le Figaro, dans un article de Georges Malbrunot, « tout au long du sommet de l’UPM, qui marquait son grand retour sur la scène internationale,...
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