Cabinet d’union nationale ? Pas vraiment, pas du tout même, puisqu’il n’y a aucune identité de vues, aucune unité dans les positions de base de ses composants. Mais par contre, et très certainement, cabinet de coalition pour une sortie de crise. Ce qui ne va évidemment pas sans un principe premier : calmer le jeu, désamorcer les litiges, les traiter à froid. La détente induit un minimum d’entente sur le comportement à adopter.
Et l’on n’aurait rien fait si les prochaines législatives devaient donner lieu à une confrontation abrupte entre majorité et opposition, avec risque de heurts sanglants dans plusieurs régions sensibles, surtout avec la présence d’un fort armement hors légalité.
Comme le souligne un professionnel chevronné, la gravité de la situation que traversent le Liban et la région a finalement imposé l’élection d’un président de consensus, le général Michel Sleiman. Et de même un gouvernement de brassage, sur décision arabe prise à Doha avec un net soutien international.
Pour dégager le pays de l’ornière et aller vers la normale, il est d’abord nécessaire que le cabinet appelé à voir le jour dégage une déclaration ministérielle sans problème, sans prises de bec acharnées entre ses membres autour de la formulation en recourant éventuellement au tour de passe-passe classique : tout mettre, tracer les grandes lignes, sans donner d’orientation précise, sans rien dire au fond. Ce qui se justifierait autant par le caractère éphémère du gouvernement que par une volonté commune de laisser de côté les sujets qui fâchent.
Écueil
Le gouvernement doit ensuite s’accorder sur les nominations administratives, diplomatiques, sécuritaires et militaires. Ce qui ne devrait pas être trop difficile, si la sélection devait se fonder sur les seuls critères de compétence, de probité et de zèle public, sans regarder aux tendances personnelles des nominés. Et sans user de veto ou de conditions politisées, basées sur l’interprétation que chacun développe au sujet de la devise ni vainqueur ni vaincu, ou au sujet des équilibres. En évitant donc de retomber dans les rapports de force qui ont marqué la répartition des portefeuilles ministériels, le choix des titulaires. Des disputes qui ont éclaté au sein même de chaque camp.
Pour l’homme d’expérience cité, il faut espérer que le démarrage même du gouvernement donne lieu à une redistribution générale des cartes et des alliances au profit d’un néocentre présidentiel, ou d’une constellation nébuleuse de petites forces autonomisées afin de diluer le clivage sec opposant le 14 au 8 Mars. Ce qui aurait du reste cet effet, bénéfique et paradoxal, d’en rapprocher les ossatures subsistantes l’une de l’autre, de rétablir un degré de confiance élevé entre elles, du moment qu’elles se retrouveraient toutes deux un peu affaiblies. Tout en gardant assez d’attraction, de magnétisme et de poids pour imprimer à l’ensemble de l’Exécutif la dynamique de consensus qui les animerait.
À un tel moment, la réconciliation nationale, sous l’égide du président de la République et avec le concours du gouvernement, irait de soi, gommant les séquelles des heurts sanglants sur le terrain et dissipant le danger de les voir reprendre ou se poursuivre çà et là.
Un a priori du reste indispensable pour l’édification d’un État digne de ce nom, un État de droit souverain, fort et juste, fondé sur des profondes réformes politiques, administratives et financières, comme le veut Paris III, et qui traiterait à tête reposée de l’application de la 1701, de la stratégie de défense, de l’armement hors légalité, des relations avec la Syrie, etc.
Le climat général permettrait alors, Baabda jouant toujours les traits d’union, d’établir un schéma global pour des élections législatives sans histoire, avec des listes de coalition autant que faire se peut, pour limiter la compétition à des circonscriptions secondaires. Et pour qu’il n’y ait pas d’incidents graves risquant de mettre le feu aux poudres. Un arrangement plus généralisé encore que lors de la précédente édition, où l’alliance des quatre ne s’étendait pas à tous les cas de figure.
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Et l’on n’aurait rien fait si les prochaines législatives devaient donner lieu à une confrontation abrupte entre majorité et opposition, avec risque de heurts sanglants dans plusieurs régions sensibles, surtout avec la présence d’un fort armement hors légalité.
Comme le souligne un professionnel chevronné, la gravité de la situation que traversent le Liban et la région a...