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LA situation Siniora face aux exigences de son propre camp Fady NOUN

OPINION
08/07/2008
Ayant éliminé tous les obstacles externes qui se dressaient devant la formation du gouvernement, Fouad Siniora doit maintenant faire face aux exigences de son propre camp, et plus particulièrement des maronites, dont la représentation risque, dans l’état actuel des choses, d’être déficitaire. Un peu de mathématiques d’abord. Dans le gouvernement, sur les 15 sièges revenant aux chrétiens, 6 vont aux maronites. Abstraction faite des noms, le général Michel Aoun ayant obtenu de désigner deux ministres maronites et le chef de l’État devant en désigner un troisième, il ne reste plus à nommer que trois ministres maronites. Deux d’entre eux devant être nommés l’un par le parti Kataëb, l’autre par les Forces libanaises, il ne reste à la majorité qu’à nommer le dernier maronite. Mais dans quelle mouvance sera-t-il choisi ? Cette question fait l’objet de discussions serrées au sein de la majorité entre la mouvance représentative des seuls chrétiens, Forces libanaises, maronites indépendants venant de Kornet Chehwan et Kataëb, et les deux autres mouvances composites où prédomine l’élément sunnite, le Courant du futur, ou l’élément druze, la Rencontre démocratique. Sur le terrain, l’enjeu est encore plus clair, plus simple. Qui donc a davantage besoin d’être représenté au sein du gouvernement, Ghattas Khoury ou Nayla Moawad ? C’est le premier nœud que le Premier ministre désigné – et avec lui toute la majorité – doit trancher dans les prochaines heures pour qu’enfin le gouvernement soit formé. Faute de quoi, une grande partie de ses efforts pourrait être compromise. Ce qui est véritablement en jeu, insistent les voix modérées, c’est une qualité de rapports entre les diverses composantes de la majorité, et pas seulement des enjeux ministériels étroits. Il est évident, ajoutent ces voix, qu’en prévision de la féroce bataille électorale de 2009, en particulier au Nord, il est de l’intérêt de la majorité que le ministre maronite soit choisi au sein du camp dont la représentativité est la plus grande, la plus cruciale aussi, ce qui fait pencher automatiquement la balance en faveur du camp des maronites indépendants. La majorité doit comprendre qu’en faisant l’intérêt de ce camp, elle sert ses propres intérêts. Voilà qui donnera à M. Siniora du pain sur la planche, en particulier avec le retour au Liban de M. Saad Hariri. Dans les milieux concernés, on raisonne, un peu nerveusement, comme suit : « Si on accorde autant de concessions au général Aoun et qu’en même temps, on refuse d’accorder la moindre concession à ses propres alliés, c’est que quelque chose ne tourne plus rond dans l’intifada de l’indépendance. » Ce raisonnement est, du reste, assorti d’un avertissement. M. Antoine Zahra (FL) a agité hier la menace d’un retrait du processus de formation du gouvernement, et d’autres forces pourraient suivre cet exemple si les chrétiens de la majorité ne recevaient pas les moyens de faire bonne figure face à un Michel Aoun qui a réussi à imposer ses exigences. Par ailleurs, un second dilemme doit encore être réglé pour que le gouvernement voit le jour : celui du ministère des Travaux publics et des Transports, le grand « portefeuille de services » qui reste. Il semble en fait qu’il y ait de la compétition, pour décrocher ce maroquin, entre le bloc de Mohammad Safadi, à Tripoli, le bloc de M. Walid Joumblatt et celui des Forces libanaises. De bons arguments existent en faveur de chacun des cas soulevés. Au sein de l’opposition, on semble avoir pris son parti de la distribution déjà faite. Une seule réserve a été formulée hier par Wi’am Wahhab, qui semble avoir mal digéré l’octroi possible d’un maroquin à M. Talal Arslane. En échange du portefeuille qui serait accordé par M. Joumblatt à ce dernier, l’opposition accordera un ministère à une personnalité chiite choisie par la majorité. Le maroquin irait à Ghazi Youssef, mais on évoque aussi le nom de Bassem Sabeh, voire d’Ibrahim Chamseddine. Des arrangements de dernière minute pourraient par ailleurs surgir en faveur de l’une ou l’autre des personnalités pressenties pour prendre en charge certains ministères, en particulier celui de l’Intérieur, qui pourrait être attribué à l’un des deux magistrats : Ghaleb Ghanem, président du Conseil d’État, ou Michel Tabet.

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