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Actualités - Opinion

éclairage Une tendance générale à la détente en dépit des menaces...

«Quelque chose d’important se prépare dans la région. » C’est ainsi qu’un ancien ministre résume la situation actuelle. Selon lui, les grands dossiers sont en train d’être mis au point pour la nouvelle administration américaine, qui devrait entrer en fonctions en janvier prochain. D’ici là, il s’agit de préparer le terrain pour les changements attendus, même si les orientations régionales de la nouvelle administration ne devraient se préciser qu’au printemps prochain. Selon cet ancien ministre, la relance du dossier des diplomates iraniens disparus au Liban en 1982 est un indice de la volonté des Israéliens d’amener Téhéran à des négociations et les menaces auxquelles ont recours ces derniers temps les responsables américains et israéliens ne sont destinées qu’à élever le prix de telles négociations et à en améliorer les conditions. Pour cet ancien ministre, spécialiste des dossiers régionaux, même si George W. Bush souhaiterait frapper l’Iran avec l’aide des Israéliens, il n’en aurait pas les moyens. Son chef d’état-major a déclaré hier qu’une telle décision serait très coûteuse pour les forces armées américaines, d’autant que le front irakien n’est pas encore stabilisé. De même, le secrétaire d’État à la Défense, Robert Gates, a récemment déclaré que si les États-Unis lancent des frappes contre l’Iran, ses petits-fils continueraient à en payer les conséquences, laissant ainsi entendre que cela déclencherait un conflit sans fin rapide. Selon les informations de l’ancien ministre, une telle opération a été sérieusement évoquée au cours du dernier sommet entre George Bush et Ehud Olmert et les Israéliens ont même effectué des manœuvres opérationnelles pour voir s’ils pouvaient procéder à de telles frappes. Ils ont également estimé qu’elles seraient très coûteuses pour eux, sans compter le fait qu’il existe plus de 50 sites nucléaires iraniens dispersés sur l’ensemble du territoire et que des frappes aériennes ne serviraient qu’à en neutraliser deux ou trois. D’ailleurs, la réponse des Iraniens ne s’est pas fait attendre. Ils ont annoncé à ceux que cela intéresse que si leurs sites nucléaires étaient la cible de bombardements, ils bombarderaient à leur tour le site israélien de Dimona et ils fermeraient le détroit d’Ormuz. Ce qui ferait passer le prix du baril de pétrole à 500 dollars. Les Iraniens auraient aussi menacé, en cas de frappes contre eux, de faire chuter les fragiles gouvernements d’Irak et d’Afghanistan sur lesquels ils conservent une grande influence, remettant ainsi en cause les maigres réalisations américaines dans ces deux pays... Le chat et la souris Bref, le jeu du chat et de la souris se poursuit sans relâche entre l’administration américaine et l’Iran. Même si les possibilités de frappes sont encore grandes, l’ancien ministre estime que les jeux sont faits et que la tendance est plutôt à calmer la tension et à paver le terrain à des négociations ultérieures. C’est dans ce cadre que l’ancien ministre place l’accord entre le Hezbollah et Israël sur l’échange des prisonniers. De même qu’il voit dans la décision britannique de dissocier l’aile militaire du Hezbollah de ses institutions politiques et sociales une ouverture et un appel du pied adressé à la formation pour opérer un glissement en douceur vers l’action politique. L’ancien ministre estime que la tendance générale est à la stabilisation, en dépit des menaces que l’on continue d’entendre. Il ajoute aussi que l’ouverture de la France en direction de la Syrie se fait aussi dans cette optique et dans un tel contexte, il estime que les autorités syriennes souhaitent favoriser la formation d’un nouveau gouvernement au Liban pour ne pas être prises à partie dans les discussions bilatérales avec la France. Il ajoute que l’ouverture de la France sur la Syrie ne se fait pas sans l’accord des Américains qui auraient accepté de laisser la France agir en attendant qu’ils puissent, eux, décider de leurs nouvelles orientations. Selon cet ancien ministre, cette tendance à la détente devrait aussi s’étendre au Liban et le discours de mercredi du secrétaire général du Hezbollah est de nature à faciliter un rapprochement entre l’opposition et la majorité. Apparemment, les deux camps ont compris que le vent régional est en train de tourner et il fallait trouver un scénario qui leur permette de reprendre contact sans avoir l’air de faire de grandes concessions. L’annonce de l’accord entre Israël et le Hezbollah offre une occasion en or pour toutes les parties. Cela ne signifie pas que tous les problèmes en suspens seront réglés, estime l’ancien ministre, qui reste convaincu que chaque partie cherche à obtenir le maximum en cédant le minimum et que l’enjeu véritable pour les deux camps reste les prochaines élections législatives. Dans ce contexte, l’ancien ministre estime que le Liban pourrait bien être doté d’un nouveau gouvernement dans les jours qui viennent, mais il s’empresse d’ajouter que dans ce pays, il ne faut jamais se prononcer, car d’un jour à l’autre tout peut changer et les pièges sont multiples. Scarlett HADDAD
«Quelque chose d’important se prépare dans la région. » C’est ainsi qu’un ancien ministre résume la situation actuelle. Selon lui, les grands dossiers sont en train d’être mis au point pour la nouvelle administration américaine, qui devrait entrer en fonctions en janvier prochain. D’ici là, il s’agit de préparer le terrain pour les changements attendus, même si les orientations régionales de la nouvelle administration ne devraient se préciser qu’au printemps prochain.
Selon cet ancien ministre, la relance du dossier des diplomates iraniens disparus au Liban en 1982 est un indice de la volonté des Israéliens d’amener Téhéran à des négociations et les menaces auxquelles ont recours ces derniers temps les responsables américains et israéliens ne sont destinées qu’à élever le prix de telles...