Le groupe nationaliste turc Ergenekon, accusé par les autorités de préparer un coup d’État, comptait déstabiliser progressivement le gouvernement et susciter des troubles pour entraîner une intervention de l’armée, a affirmé hier la presse turque. S’appuyant sur des documents saisis par les enquêteurs, elle précise qu’un plan en quatre points prévoyait le lancement à partir du 7 juillet de manifestations dans une quarantaine de provinces afin de provoquer des affrontements avec les forces de sécurité, une « stratégie de la tension » comparable à celle qu’a connue l’Italie dans les « années de plomb » dans les années 1970-1980. Les comploteurs présumés prévoyaient aussi de diffuser des documents falsifiés faisant état d’une inquiétante dégradation de la situation économique, ajoute le journal Sabah, proche du gouvernement AKP issu de la mouvance islamiste.
La police a arrêté mardi 21 suspects, dont deux généraux en retraite, des journalistes et des hommes politiques, accusés de liens avec Ergenekon. La Turquie a connu quatre coups d’État militaires en cinquante ans, le dernier en 1997. Les personnes interpellées mardi n’ont toujours pas été inculpées, mais le procureur général d’Istanbul a dressé un dossier de mise en examen concernant une quarantaine d’autres suspects arrêtés depuis un an à travers le pays dans le cadre de cette même enquête. « Il se peut qu’Ergenekon soit un groupe criminel, il est alors normal de le poursuivre, mais avec une organisation aussi déficiente et des vieillards aux commandes, on peut se demander si tout cela est vraiment sérieux », a déclaré Gareth Jenkins, un spécialiste des questions de sécurité installé à Istanbul.
Les documents sur Ergenekon, également publiés par le journal Yeni Safak, lui aussi proche du gouvernement, apparaissent alors que l’AKP (Parti pour la justice et le développement) au pouvoir, accusé de pratiques contraires à la laïcité, doit faire face à une offensive judiciaire visant à sa dissolution, auquel cas des élections législatives anticipées devraient être une nouvelle fois organisées.
Ces tensions ont fait baisser les marchés, inquiets de ce climat d’incertitude qui nuit en outre aux efforts de la Turquie d’adhérer à l’Union européenne. De nombreux suspects arrêtés depuis un an sont des membres de l’Association pour la pensée d’Atatürk (ADD), un groupe qui défend les principes laïques et nationalistes du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal. L’ADD a joué un rôle de premier plan dans la mobilisation de millions de laïcs l’an dernier contre l’élection de Abdullah Gül à la présidence, ce qui avait entraîné l’organisation d’élections législatives anticipées une nouvelle fois remportées par l’AKP.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le groupe nationaliste turc Ergenekon, accusé par les autorités de préparer un coup d’État, comptait déstabiliser progressivement le gouvernement et susciter des troubles pour entraîner une intervention de l’armée, a affirmé hier la presse turque. S’appuyant sur des documents saisis par les enquêteurs, elle précise qu’un plan en quatre points prévoyait le lancement à partir du 7 juillet de manifestations dans une quarantaine de provinces afin de provoquer des affrontements avec les forces de sécurité, une « stratégie de la tension » comparable à celle qu’a connue l’Italie dans les « années de plomb » dans les années 1970-1980. Les comploteurs présumés prévoyaient aussi de diffuser des documents falsifiés faisant état d’une inquiétante dégradation de la situation économique, ajoute le journal...