Un club d’indéboulonnables dirigeants africains, arrivés au pouvoir militairement ou après des élections truquées, devraient serrer les rangs autour de leur homologue zimbabwéen Robert Mugabe à l’occasion du sommet de l’Union africaine (UA) en Égypte.
«En Afrique, il y a eu des élections conduites dans de bien pires conditions. Ces présidents dirigent toujours leur pays, et nous ne nous en sommes jamais mêlés », avait lancé avec défi Robert Mugabe, en annonçant qu’il irait à Charm el-Cheikh. Élections truquées, opposition réprimée, médias muselés, changement de la Constitution en leur faveur : plusieurs dirigeants africains n’ont rien à apprendre de M. Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis 1980.
Certains leaders africains ne se sont même jamais livrés au verdict des urnes. Le colonel Mouammar Kadhafi, qui dirige la Libye depuis 39 ans, estime tout simplement que la démocratie n’a rien à voir avec les élections. Théoriquement, son régime est un « État des masses » gouverné par des comités populaires. Dans les faits, c’est lui, le « guide de la révolution », qui détient tout le pouvoir. Le roi Mswati III dirige aussi d’une main de fer le Swaziland, dernière monarchie absolue du continent, où les partis politiques sont tout bonnement interdits. À la tête de l’Angola depuis 29 ans, le président Jose Eduardo dos Santos a affronté une seule fois les électeurs, en 2002, mais le processus n’a pas été mené à terme, en raison du retrait de son rival entre les deux tours et de la reprise de la guerre civile.
Ailleurs, les scores des élections laissent peu de doute sur la légitimité des scrutins : le Gabonais Omar Bongo (doyen des chefs d’État africains avec 41 ans au pouvoir) a recueilli 79,15 % des suffrages lors d’un scrutin en 2005 ; le Soudanais Omar al-Bachir (arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État sanglant il y a 19 ans) 89,5 % en 2000 ; l’Égyptien Hosni Moubarak (27 ans à la présidence) 90 % en 2002 ; le Tunisien Zine el-Abidine Ben Ali (qui a écarté son prédécesseur pour « sénilité » il y a 21 ans) 94,48 % en 2004. Encore plus fort : le général-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis un coup d’État contre son oncle en 1979, a remporté en 2002 96 % des voix dès le premier tour.
Pour rester aux commandes, ces leaders ont souvent amendé leur Constitution pour supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels, à l’instar de Blaise Compaoré, au pouvoir au Burkina Faso depuis 21 ans.
La répression des opposants est également de rigueur. Le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni (au pouvoir depuis 22 ans), a fait arrêter avant les élections de 2006 le leader de l’opposition, Kizza Besigye. En 2005, son voisin Meles Zenawi, qui dirige l’Éthiopie depuis 17 ans, a été plus loin en arrêtant toute la direction du parti d’opposition.
Dernier ingrédient : assurer ses arrières en cas de départ forcé. Paul Biya, 75 ans, qui dirige le Cameroun depuis 1975, a fait réviser la Constitution en 2008 pour s’octroyer l’immunité à vie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un club d’indéboulonnables dirigeants africains, arrivés au pouvoir militairement ou après des élections truquées, devraient serrer les rangs autour de leur homologue zimbabwéen Robert Mugabe à l’occasion du sommet de l’Union africaine (UA) en Égypte.
«En Afrique, il y a eu des élections conduites dans de bien pires conditions. Ces présidents dirigent toujours leur pays, et nous ne nous en sommes jamais mêlés », avait lancé avec défi Robert Mugabe, en annonçant qu’il irait à Charm el-Cheikh. Élections truquées, opposition réprimée, médias muselés, changement de la Constitution en leur faveur : plusieurs dirigeants africains n’ont rien à apprendre de M. Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis 1980.
Certains leaders africains ne se sont même jamais livrés au verdict des urnes. Le colonel Mouammar...