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Mikati : « La crise dépasse les querelles interlibanaises »

« Le retard mis à former le premier gouvernement du nouveau président est dû à des motifs qui dépassent les querelles interlibanaises, montrant ainsi le lien patent qui existe entre la réalité libanaise et la situation régionale et internationale. » C’est ce qu’a déclaré hier l’ancien Premier ministre, Nagib Mikati, à partir de Amman où il se trouve sur une invitation de la Ligue libano-jordanienne. Lors d’une réception à l’ambassade du Liban, M. Mikati a fait une présentation sur la situation au Proche-Orient, une région « qui a été fondée à l’origine sur les trois religions monothéistes, l’islam le christianisme et le judaïsme, pour aboutir ensuite à la période du nassérisme. Celle-ci a été suivie par les événements que l’on connaît, dont les accords de Camp David, la guerre irano-irakienne, l’invasion israélienne de Beyrouth en 1982 jusqu’à l’épisode du 11-Septembre, dont le chapitre principal portait sur le morcellement de la région par le biais de l’incitation à la discorde sunnito-chiite, censée venir altérer l’image de l’islam modéré dans le monde et porter atteinte à la présence chrétienne dans le monde arabe ». Et M. Mikati de poursuivre : « Je crains fort que le plan prévu pour la région n’ait pour objectif d’amplifier le discours sur le risque du nucléaire iranien dans le but de pousser les sunnites à recourir à Israël pour demander une protection contre le danger. » Pour l’ancien Premier ministre, la solution consiste pour les sunnites à réintégrer leur rôle d’origine, « en tant que membres de la oumma et de l’État juste et équitable qui accueille tout le monde », en tablant notamment sur l’apport des chiites arabes, « pour faire avorter la zizanie », a-t-il dit. Prêchant la « diplomatie douce », M. Mikati a appelé les pays arabes et l’Iran à l’adopter en vue d’amorcer entre eux de bonnes relations. « Il est également demandé de sauvegarder et de consolider la présence chrétienne dans la région ainsi que le principe de la coexistence entre chrétiens et musulmans, car, a-t-il ajouté, la présence des chrétiens arabes constitue un pont entre l’Orient et l’Occident et un facteur de stabilité pour la région. » Évoquant le délai mis pour la mise sur pied d’un gouvernement au Liban, l’ancien ministre a expliqué le retard par des raisons extra-libanaises, précisant qu’elles relèvent de l’impact de la situation régionale et internationale sur le plan interne. Et M. Mikati d’exhorter les leaders libanais « à dépasser les calculs et les considérations personnelles, pour faciliter la formation d’un nouveau gouvernement en accordant au chef de l’État une occasion pour définir une vision globale pour le pays ainsi que les solutions adéquates à apporter et à mettre en exécution dans le cadre de la déclaration ministérielle ».
« Le retard mis à former le premier gouvernement du nouveau président est dû à des motifs qui dépassent les querelles interlibanaises, montrant ainsi le lien patent qui existe entre la réalité libanaise et la situation régionale et internationale. »
C’est ce qu’a déclaré hier l’ancien Premier ministre, Nagib Mikati, à partir de Amman où il se trouve sur une invitation de la Ligue libano-jordanienne.
Lors d’une réception à l’ambassade du Liban, M. Mikati a fait une présentation sur la situation au Proche-Orient, une région « qui a été fondée à l’origine sur les trois religions monothéistes, l’islam le christianisme et le judaïsme, pour aboutir ensuite à la période du nassérisme. Celle-ci a été suivie par les événements que l’on connaît, dont les accords de Camp David, la guerre...