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Actualités - Chronologie

Crise Haddad fait un geste : le pain retrouve son prix initial

Le mot d’ordre de l’Union des syndicats des boulangers de vendre le paquet de pain à 2 000 livres libanaises pour 1 250 grammes a été relativement suivi hier. Selon le président de l’Union, Kazem Ibrahim, 80 % des boulangeries s’y sont conformées, contre moins de 50 % à en croire le ministre de l’Économie, Sami Haddad. Mais l’épreuve de force n’aura pas duré longtemps. Dès aujourd’hui, le prix et le poids du pain reviendront à leur niveau initial, soit 1 500 livres pour 1 120 grammes. À l’issue des discussions menées tout au long de la journée, Sami Haddad a en effet décidé de faire un geste supplémentaire et de baisser davantage le prix de la farine en augmentant les subventions sur le blé destiné au pain libanais. Alors que les boulangers réclamaient une diminution du prix de la farine de plus de 40 %, le ministre avait dans un premier temps accordé une baisse de 25 %. Hier, il est parvenu à une solution médiane, soit une baisse de 31,25 %, le prix de la tonne passant de 480 000 livres à 330 000 livres. « Il est incontestable que le prix du mazout a augmenté, explique Sami Haddad à L’Orient-Le Jour. La question était de savoir quelle date prendre pour référence et quelle est la consommation de mazout par tonne de farine, sachant que la consommation varie largement d’une boulangerie à l’autre. » Comme date de référence, le ministre avait d’abord pris août 2007, date de l’instauration de la subvention de blé, pour revenir à mars 2007, date de la levée de la subvention sur le mazout. « Finalement, nous sommes parvenus à une équation convenable, avec un système flexible qui permet une hausse de la subvention en cas de renchérissement du mazout, ou une baisse dans le cas inverse », affirme-t-il. Le coût de ce geste supplémentaire pour le Trésor : un demi-million de dollars de plus par mois, soit au total 45 millions de dollars par an de subventions de blé. « Ce montant n’est pas négligeable, souligne Sami Haddad. Il faut toutefois le mettre en perspective avec d’autres postes comme le déficit de l’EDL. Mais sur le fond, le vrai problème est que cette aide, censée aller aux plus défavorisés, aurait pu être beaucoup plus optimale. » En effet, aujourd’hui les familles moyennes et aisées profitent autant de cette subvention que les plus pauvres, indique le ministre en plaidant pour une libéralisation du prix du pain parallèlement à la mise en place d’un système de subvention ciblé à travers la distribution de coupons, par exemple, ou d’aides financières directes. « Mais c’est un travail de longue haleine que nous menons avec l’aide de la Banque mondiale », ajoute-t-il. Globalement, Sami Haddad reconnaît que le mécanisme de subvention de blé n’est pas parfait. « On subventionne 22 000 tonnes de blé par mois, alors que la consommation pour le pain libanais est évaluée entre 15 000 et 17 000 tonnes », dit-il. Or le ministère n’a aucun moyen de savoir, pour chaque boulangerie, quelle est la quantité exacte destinée au pain libanais, cette denrée n’étant pas soumise à la TVA et les chiffres de la CNSS ne sont pas considérés comme fiables. « On subventionne entre 5 000 et 7 000 tonnes de plus que ce qui est réellement destiné au pain libanais, et les boulangers en veulent toujours plus », conclut le ministre. S. A.
Le mot d’ordre de l’Union des syndicats des boulangers de vendre le paquet de pain à 2 000 livres libanaises pour 1 250 grammes a été relativement suivi hier. Selon le président de l’Union, Kazem Ibrahim, 80 % des boulangeries s’y sont conformées, contre moins de 50 % à en croire le ministre de l’Économie, Sami Haddad. Mais l’épreuve de force n’aura pas duré longtemps. Dès aujourd’hui, le prix et le poids du pain reviendront à leur niveau initial, soit 1 500 livres pour 1 120 grammes. À l’issue des discussions menées tout au long de la journée, Sami Haddad a en effet décidé de faire un geste supplémentaire et de baisser davantage le prix de la farine en augmentant les subventions sur le blé destiné au pain libanais. Alors que les boulangers réclamaient une diminution du prix de la farine de plus...